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Enquête : peinture honteuse

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Silius Noctua Il y a 14 heures et 56 minutes

Silius déposait sa tasse de café à la crème sur son nouveau bureau de l'Escale. La mine enfin réveillé, il tournait la tête vers son corbeau mécanique posé devant lui.

"Tu penses que l'on trouvera des traces de signature ?"

Évidement, le corbeau ne répondait pas aux paroles du garlemaldais. Il se contenta de claquer du bec arcanique pour simuler le comportement de l'animal en dépliant ses ailes métalliques

Ses outils en mains, Silius prit le temps de baisser ses lunettes de machiniste devant ses yeux : un papier à côté de lui, il avait pour objectif de comprendre si ce petit automate que l'on devinerait comme un singe aux cymbales, avait été fabriqué par un amateur ou un professionnel souvent originaire d'Ul'dah.

Alors, un à un, il dessinait, schématisait, retirait les rouages pour comprendre si l'explosion et le flash que lui avait été décrit par Terrechant, était d'ordre magique ou mécanique, afin d'identifier s'il avait affaire à du magiteck, de l'ishgardais, de l'orientale.

Et toute création portait toujours la signature de son concepteur.

D'un bref coup d'oeil sur son corbeau, une caresse sur encolure, Silius était au moins pris pour la journée afin d'apporter sa contribution à l'enquête qui touchait sa compagnie libre.

Ivanhault Il y a 13 heures et 5 minutes
Rapport d'enquête du 28ème soleil, lune de Rhalgr.
Personnes concernées : Toashiua, Mahruvvet, Irdel, Ney, Galen, Ivanhault, Silius
/!\ Ce rapport ne sera édité qu'en version papier et ne sera ajouté au dossier du réseau interne qu'une fois l'enquête résolue. La seule et unique copie se trouve dans le bureau de dame Kikyo, les membres de la compagnie seront invités à y passer le lui demander pour le lire. /!\


Les nouvelles affiches ne vous ont pas échappé. Leur contenu n'est plus amusant (je sais, madame, le tableau ne vous a pas amusé non plus), la représentation qui en est faite de Kikyo est odieuse. Je prie par ailleurs que l'on ne m'en montre plus, je peine réellement à regarder le dessin. Il perturbe mon sens du beau.

Toashiua et Mahruvvet ont assisté les premières à la distribution. Elles ont alpagué l'enfant qui avait été payé pour ça et l'ont interrogé avant de lui prendre toutes ses affiches et de les enterrer dans un endroit que Toashiua n'a pas précisé. Ce que leur a dit l'enfant pourrait mériter quelques lignes à la suite de ce dossier.

La plupart d'entre nous pensons que l'on tente d'incriminer Yone, Hanbei et Eizen. La méthode par ailleurs n'est pas dépourvue d'élégance, elle utilise les plaisanteries que nous tenons en interne avec Kikyo et sappe la confiance sur plusieurs éléments à la fois en un seul coup. Certains enquêteurs pensent encore qu'il ne faut pas immédiatement renoncer à des suspects vers lesquels pointent toutes les preuves en notre possession. On s'est en effet arrangé pour faire tomber entre les mains de Toashiua un cheveux roux dont l'aura semble correspondre à Eizen, et plusieurs témoins ont été en contact d'un samourai en manteau, cheveux blonds et yeux roses. La dernière méthode de dessin à l'encre domienne semble compléter le tableau en incriminant Hanbei, bien qu'il ne soit pas connu pour utiliser du pigment rouge.

Résultat de la mission de reconnaissance du 27ème soleil au soir :
Irdel a été en mesure de déployer ses talents d'archiviste pour reconnaître avec certitude l'endroit où ont été imprimés les menus. Il s'agissait d'une petite imprimerie du quartier Domien à Kugane à laquelle nous avons rendu visite de façon tardive.
Je tiens à signaler pour la Dame que le propriétaire, en dépit de l'heure, s'est montré très coopératif et ce bien avant que l'on mentionne le nom des Kurusu.

Le menu a été imprimé sur l'une des presses les plus rarement utilisées de l'atelier. On n'a pas demandé son accord au patron pour effectuer cette commande. En revanche, elle figure au registre sous une simple initiale : L.
Le patron a été en mesure d'indiquer que cette commande a vraisemblablement été prise par un employé du nom de Hiroshi Senda à qui des volontaires peuvent aller rendre visite, du moment que l'initiative se fait à plusieurs afin d'éviter un défilé chez l'homme.

Nous disposons par ailleurs d'un bon d'instruction écrit par "L" qui peut être examiné, révélé, mais pas détruit ; Irdel est tenue de le restituer à l'imprimerie.

Ney a décelé l'odeur déjà connue qu'il avait remonté lorsqu'il a tenté de retrouver le coupable du tableau. En la remontant au travers de la ville, nous sommes tombés sur un petit jardin ornemental planté de cèdres et de quelques essences rares ainsi que de matériel d'entraînement. C'est en essayant de continuer à pister notre homme au travers que s'est déclenché un petit piège à flash rendant vaine toute tentative de discrétion. Les restes de l'automate ont été confiés à Silius pour analyse.

Ivanhault Terrechant, pour l'Escale de Llymlaen.
Ney Il y a 13 heures et 26 secondes
Il a recommencé. 

Nouvelles affiches, nouvelles attaques. 

Dans le chaos qui a suivi, Toashiua, Galen et moi même avons procédé à l'utilisation du révélateur sur un cheveux roux trouvé parmi les affiches, un fragment de la première peinture sauvé des flammes et une des récentes affiches. Je joint à mon rapport les vidéos des résultats. 

Ces vidéos nous ont évoqué trois suspects. Trois suspects impossibles. Eizen, Yone et Hanbei. Ce qui me pousse à vous inviter à la plus grande vigilance. Il cherche à briser la confiance que nous avons les uns envers les autres, confiance déjà fragile. 

Le service du soir approchant, la suite de l'enquête a été remise à plus tard dans la nuit, une urgence précipitée par l'irruption, en fin de soirée d'Akira, très en colère. Une colère légitime qui n'excuse cependant pas l'agression subie par l'un des notres, quand bien même l'attitude de cette dernière m'impose d'accorder quelques circonstances atténuantes. Il nous a donné 24h pour résoudre l'affaire. Un délai impossible à tenir. L'enquête suivra son cours, à son rythme. 

Suite à cet incident, Ivanhault, Irdel et moi même nous sommes rendus à Doma, Irdel étant parvenu à identifier l'imprimerie d'où sortent les récentes affiches. Pendant qu'elle et Ivanhault interrogeaient le propriétaire des lieux, je me suis infiltré dans l'atelier où j'ai trouvé des impressions ratées, ainsi que le mention de la commande des dites affiches par un certain "L". 

Grace à l'odeur identifiée par Ulfur et Aiko sur le premier tableau, j'ai pu suivre la piste laissé par l'employé responsable de ces impressions. Dans la poussière, j'ai pu relever son emprunte, une trace de pas de 32 cm, cohérente avec celle d'un individu adulte de grande taille. J'ai hélas du interrompre la filature après avoir été surpris pas un automate, un singe qui a explosé en tapant dans des cymbales, m'aveuglant. Une méthode qui rappelle fortement les automate de Silius. 

Je suis de plus en plus convaincu que cette personne agit sous l'impulsion d'une féroce rancoeur, qu'elle nous connait extrêmement bien, nous surveille, même peut-etre. Elle se servira de nos forces et nos faiblesses contre nous, imitant nos propres méthodes pour infuser la méfiance dans nos coeurs. Soyez prudents. 

Ney.

Vidéos jointes au rapport : 

L'aura s’étend autour du cheveu comme une brise légère, régulière et apaisante, teintée d’un vert doux qui rappelle immédiatement l’élément du vent. Il s’en dégage surtout une impression de calme profond, de maîtrise et de sérénité presque monacale.

L’aura imprégnée dans le tableau apparaît rouge sombre, tirant parfois vers le rose, traversée de fins filaments plus obscurs. Elle dégage quelque chose de calme et maîtrisé, presque froid, avec une tension contenue qui lui donne une présence élégante mais légèrement inquiétante.

L’aura laissée sur l’affiche paraît plus diffuse que celle du tableau, mais nettement différente : une teinte violacée mêlée de rouge, plus vive et nerveuse, avec quelque chose de joueur et d’agité dans sa façon de vibrer. Elle semble appartenir à quelqu’un d’autre que le peintre du tableau.
Liann Il y a 3 heures et 56 minutes
Une succession de notes fait office de rapport d'enquête.

J'ai repris une piste déjà suivie par Ney.

Il avait établi que celui qui avait physiquement transporté le tableau jusqu'à l'étape suivante n'était probablement qu'un intermédiaire, payé pour prendre un paquet et le remettre ailleurs sans rencontrer directement celui qui organisait tout ça.
La piste avait déjà été remontée jusque-là.

J'ai décidé de la refaire moi-même. Pas parce que je pense qu'il a mal travaillé. Je savais juste pas où reprendre après ma fausse piste des mogs. Puis, je connais les combines, et les intermédiaires ont toujours la mémoire défaillante.

J’ai commencé par les quais de Limsa.

Mogs, gardes, dockers. Ceux qui restent assez longtemps au même endroit pour remarquer qui passe, qui travaille pour qui et quelles têtes reviennent régulièrement.

Ça m’a pris une bonne partie de la journée.
Quelques sandwichs du Bismarck ont aidé.
Un peu de whisky aussi.
Et quelques gils pour les mémoires particulièrement difficiles.

À force de recouper les réponses, le même nom a fini par revenir : celui d’un porteur indépendant qu’un docker se souvenait avoir vu transporter, quelques jours avant l’apparition du tableau, un paquet large, plat et soigneusement emballé.

Les dimensions correspondaient.
Je l’ai retrouvé du côté de l’Entrepont.
Cette fois j’avais plus vraiment envie de distribuer des sandwichs.

Je lui ai demandé qui l’avait engagé, comment, combien, où il avait récupéré le paquet et quelles instructions il avait reçues.
Il a hésité.

Alors je lui ai aidé à retrouver la mémoire.

Ça a fonctionné.
Pour être claire : je lui ai pas tiré dessus.
J’avais pas besoin.
Le porteur n’a jamais rencontré son commanditaire.

Il avait trouvé dans un box privé un billet avec ses instructions, une avance en gils, l’emplacement d’une consigne privée de l’Entrepont (Casier 17) et un code à quatre chiffres.

À son arrivée, il y a trouvé le tableau déjà emballé, le reste de sa paie et une consigne très précise indiquant où et à qui remettre le colis.

Aucun nom, aucune signature.
Le type n’a gardé ni le billet ni l’enveloppe. Pour lui, ça ressemblait simplement à l’une de ces livraisons anonymes qu’il reçoit parfois.
En revanche, il se souvenait parfaitement du numéro du casier, du fonctionnement de la consigne et de l’heure approximative de son passage. Ça suffisait.

Je suis donc allée voir les gestionnaires des consignes.
Et oui, avant qu’on me le demande : j’ai utilisé le nom d’Akira Kurusu pour leur délier la langue.
J’ai expliqué que quelqu’un avait insulté sa compagne, directrice de l’Escale de Llymlaen, Brumée 6, et qu’il voulait savoir qui avait osé organiser ça.
J’ai bien précisé Brumée 6.
Ils ont fini par retrouver la réservation.
Le casier 17 avait été loué quelques heures avant que le porteur vienne récupérer le tableau, pour une courte durée seulement.
Paiement comptant.
Réservation effectuée en personne par un homme seul.
Pas de nom complet.
Seulement deux initiales : I.T.

L’homme n’avait rien fait d’assez remarquable pour que les employés gardent un souvenir précis de sa tête.
Mais cette fois, au moins, on tient quelqu’un lié à l’organisation du transport qui a dû se présenter physiquement quelque part.
C’est déjà mieux que courir après des billets anonymes.

Avec tout ce qu’on a maintenant, le trajet ressemble à ça :
1. Le tableau arrive à la mog-poste de Limsa Lominsa.
2. Quelqu’un enregistré sous les initiales Y.A. vient le récupérer.
3. Le tableau est amené jusqu’à une consigne de l’Entrepont.
4. Le casier 17, réservé sous les initiales I.T., sert à cacher le colis.
5. Un porteur indépendant reçoit anonymement son code d’accès et une avance.
6. Il récupère le tableau, le reste de sa paie et les instructions laissées dans le casier.
7. Le colis repart vers l’intermédiaire suivant avant de finir à l’Escale.
Donc on a au minimum deux identités utilisées à deux étapes différentes.
Ça peut être deux personnes.
Ça peut être davantage.
Ça peut aussi être le même @#$%& qui change d’initiales à chaque fois pour nous faire courir partout.
Pour l’instant, aucune raison de supposer que Y.A. ou I.T. sont de vrais noms.

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Avant de reprendre la piste de Ney, j’avais déjà interrogé Yone Ashina.
Je me suis présentée sous le nom d’Elen Yate, prétendument chargée de vérifications pour Limsa Lominsa à la demande de dame Kurusu.
C’était faux.
Je lui ai fait signer une déclaration avant de lui expliquer pourquoi je voulais son écriture.
Nom complet.
Puis initiales.
Y.A.
Évidemment, ça correspond.
Ensuite seulement je lui ai montré le bordereau de la mog-poste.
Il nie avoir récupéré le moindre colis.
Il affirme qu’il se trouvait du côté de Solution Neuf à cette période et m’a donné des gens capables de confirmer sa présence là-bas aux alentours des faits.
Aux alentours.
Pas nécessairement au moment exact.
Et un aller-retour par éthérite prend pas une @#$%& journée.
Quand je lui ai montré le bordereau, il a reconnu ses initiales mais affirmé ne pas savoir pourquoi elles figuraient dessus.
Je l’ai poussé.
Puis un peu plus.
Je lui ai même laissé une porte de sortie : s’il avait simplement récupéré un colis pour quelqu’un sans savoir ce qu’il contenait, ça ne faisait pas forcément de lui le responsable de l’affaire.
Toujours rien.
Il maintient n’avoir jamais touché ce paquet.
Je lui ai finalement demandé qui, autour de lui, pourrait être suffisamment proche de lui, suffisamment proche de l’Escale et assez farceur pour utiliser ses initiales ou essayer de lui faire porter le chapeau.
Il a donné trois noms :
Coster.
Galen.
Mahruvvet.

---

Juste après avoir fait parler le porteur, un autre gamin est venu me trouver.
Pas nerveux.
Pas perdu.
Il savait exactement qui chercher.
Quelqu’un l’avait payé pour remettre un morceau de papier à une femme correspondant précisément à ma description.
Dessus, des coordonnées dans le Thanalan.
Et quelques mots :
« Tu cherches des réponses depuis assez longtemps. J’en ai peut-être quelques-unes. Viens seule. - L. »

J’ai décidé d’y aller.
Seule, comme demandé.
Pas complètement @#$%& et inconsciente pour autant.
Avant de partir, j’ai loué moi-même une consigne et j’y ai laissé un résumé de tout ce que j’avais obtenu durant la journée.
J’ai confié la clé aux mogs avec instruction de la remettre le soir même, pas avant, pas après, à l'Escale de Llymlaen.
Comme ça, si « L. » avait prévu de me foutre dans un trou au milieu du Thanalan, au moins quelqu’un aurait su ce que j’avais trouvé avant.

Le type que j'ai rencontré s'appelle Lancelin, un viera. C'est votre "L". Il m'a expliqué qu'il faisait ça pour provoquer Akira et éventuellement le tuer dans un duel.
Il a aussi dit qu'il n'était l'auteur que du menu et des poupées trouvées le soir de la rédaction de ce torchon.
Le tableau provient de son complice (je soupçonne "I. T.").

Je n'ai pas cherché à l'arrêter ni à le ramener. S'il veut s'en prendre à Akira, sa Majesté de l'Escale est assez grand pour se débrouiller de lui-même avec ces informations. Et après les évènements de sa visite, je n'avais pas le cœur à rendre plus de services à un ou une Kurusu.

-Toashiua

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