Enquête : peinture honteuse
Silius Noctua
Il y a 3 semaines et 6 jours
Silius déposait sa tasse de café à la crème sur son nouveau bureau de l'Escale. La mine enfin réveillé, il tournait la tête vers son corbeau mécanique posé devant lui.
"Tu penses que l'on trouvera des traces de signature ?"
Évidement, le corbeau ne répondait pas aux paroles du garlemaldais. Il se contenta de claquer du bec arcanique pour simuler le comportement de l'animal en dépliant ses ailes métalliques
Ses outils en mains, Silius prit le temps de baisser ses lunettes de machiniste devant ses yeux : un papier à côté de lui, il avait pour objectif de comprendre si ce petit automate que l'on devinerait comme un singe aux cymbales, avait été fabriqué par un amateur ou un professionnel souvent originaire d'Ul'dah.
Alors, un à un, il dessinait, schématisait, retirait les rouages pour comprendre si l'explosion et le flash que lui avait été décrit par Terrechant, était d'ordre magique ou mécanique, afin d'identifier s'il avait affaire à du magiteck, de l'ishgardais, de l'orientale.
Et toute création portait toujours la signature de son concepteur.
D'un bref coup d'oeil sur son corbeau, une caresse sur encolure, Silius était au moins pris pour la journée afin d'apporter sa contribution à l'enquête qui touchait sa compagnie libre.
Rapport d'enquête du 28ème soleil, lune de Rhalgr.
Personnes concernées : Toashiua, Mahruvvet, Irdel, Ney, Galen, Ivanhault, Silius
/!\ Ce rapport ne sera édité qu'en version papier et ne sera ajouté au dossier du réseau interne qu'une fois l'enquête résolue. La seule et unique copie se trouve dans le bureau de dame Kikyo, les membres de la compagnie seront invités à y passer le lui demander pour le lire. /!\
Les nouvelles affiches ne vous ont pas échappé. Leur contenu n'est plus amusant (je sais, madame, le tableau ne vous a pas amusé non plus), la représentation qui en est faite de Kikyo est odieuse. Je prie par ailleurs que l'on ne m'en montre plus, je peine réellement à regarder le dessin. Il perturbe mon sens du beau.
Toashiua et Mahruvvet ont assisté les premières à la distribution. Elles ont alpagué l'enfant qui avait été payé pour ça et l'ont interrogé avant de lui prendre toutes ses affiches et de les enterrer dans un endroit que Toashiua n'a pas précisé. Ce que leur a dit l'enfant pourrait mériter quelques lignes à la suite de ce dossier.
La plupart d'entre nous pensons que l'on tente d'incriminer Yone, Hanbei et Eizen. La méthode par ailleurs n'est pas dépourvue d'élégance, elle utilise les plaisanteries que nous tenons en interne avec Kikyo et sappe la confiance sur plusieurs éléments à la fois en un seul coup. Certains enquêteurs pensent encore qu'il ne faut pas immédiatement renoncer à des suspects vers lesquels pointent toutes les preuves en notre possession. On s'est en effet arrangé pour faire tomber entre les mains de Toashiua un cheveux roux dont l'aura semble correspondre à Eizen, et plusieurs témoins ont été en contact d'un samourai en manteau, cheveux blonds et yeux roses. La dernière méthode de dessin à l'encre domienne semble compléter le tableau en incriminant Hanbei, bien qu'il ne soit pas connu pour utiliser du pigment rouge.
Résultat de la mission de reconnaissance du 27ème soleil au soir :
Irdel a été en mesure de déployer ses talents d'archiviste pour reconnaître avec certitude l'endroit où ont été imprimés les menus. Il s'agissait d'une petite imprimerie du quartier Domien à Kugane à laquelle nous avons rendu visite de façon tardive.
Je tiens à signaler pour la Dame que le propriétaire, en dépit de l'heure, s'est montré très coopératif et ce bien avant que l'on mentionne le nom des Kurusu.
Le menu a été imprimé sur l'une des presses les plus rarement utilisées de l'atelier. On n'a pas demandé son accord au patron pour effectuer cette commande. En revanche, elle figure au registre sous une simple initiale : L.
Le patron a été en mesure d'indiquer que cette commande a vraisemblablement été prise par un employé du nom de Hiroshi Senda à qui des volontaires peuvent aller rendre visite, du moment que l'initiative se fait à plusieurs afin d'éviter un défilé chez l'homme.
Nous disposons par ailleurs d'un bon d'instruction écrit par "L" qui peut être examiné, révélé, mais pas détruit ; Irdel est tenue de le restituer à l'imprimerie.
Ney a décelé l'odeur déjà connue qu'il avait remonté lorsqu'il a tenté de retrouver le coupable du tableau. En la remontant au travers de la ville, nous sommes tombés sur un petit jardin ornemental planté de cèdres et de quelques essences rares ainsi que de matériel d'entraînement. C'est en essayant de continuer à pister notre homme au travers que s'est déclenché un petit piège à flash rendant vaine toute tentative de discrétion. Les restes de l'automate ont été confiés à Silius pour analyse.
Ivanhault Terrechant, pour l'Escale de Llymlaen.
Il a recommencé.
Nouvelles affiches, nouvelles attaques.
Dans le chaos qui a suivi, Toashiua, Galen et moi même avons procédé à l'utilisation du révélateur sur un cheveux roux trouvé parmi les affiches, un fragment de la première peinture sauvé des flammes et une des récentes affiches. Je joint à mon rapport les vidéos des résultats.
Ces vidéos nous ont évoqué trois suspects. Trois suspects impossibles. Eizen, Yone et Hanbei. Ce qui me pousse à vous inviter à la plus grande vigilance. Il cherche à briser la confiance que nous avons les uns envers les autres, confiance déjà fragile.
Le service du soir approchant, la suite de l'enquête a été remise à plus tard dans la nuit, une urgence précipitée par l'irruption, en fin de soirée d'Akira, très en colère. Une colère légitime qui n'excuse cependant pas l'agression subie par l'un des notres, quand bien même l'attitude de cette dernière m'impose d'accorder quelques circonstances atténuantes. Il nous a donné 24h pour résoudre l'affaire. Un délai impossible à tenir. L'enquête suivra son cours, à son rythme.
Suite à cet incident, Ivanhault, Irdel et moi même nous sommes rendus à Doma, Irdel étant parvenu à identifier l'imprimerie d'où sortent les récentes affiches. Pendant qu'elle et Ivanhault interrogeaient le propriétaire des lieux, je me suis infiltré dans l'atelier où j'ai trouvé des impressions ratées, ainsi que le mention de la commande des dites affiches par un certain "L".
Grace à l'odeur identifiée par Ulfur et Aiko sur le premier tableau, j'ai pu suivre la piste laissé par l'employé responsable de ces impressions. Dans la poussière, j'ai pu relever son emprunte, une trace de pas de 32 cm, cohérente avec celle d'un individu adulte de grande taille. J'ai hélas du interrompre la filature après avoir été surpris pas un automate, un singe qui a explosé en tapant dans des cymbales, m'aveuglant. Une méthode qui rappelle fortement les automate de Silius.
Je suis de plus en plus convaincu que cette personne agit sous l'impulsion d'une féroce rancoeur, qu'elle nous connait extrêmement bien, nous surveille, même peut-etre. Elle se servira de nos forces et nos faiblesses contre nous, imitant nos propres méthodes pour infuser la méfiance dans nos coeurs. Soyez prudents.
Ney.
Vidéos jointes au rapport :
L'aura s’étend autour du cheveu comme une brise légère, régulière et apaisante, teintée d’un vert doux qui rappelle immédiatement l’élément du vent. Il s’en dégage surtout une impression de calme profond, de maîtrise et de sérénité presque monacale.
L’aura imprégnée dans le tableau apparaît rouge sombre, tirant parfois vers le rose, traversée de fins filaments plus obscurs. Elle dégage quelque chose de calme et maîtrisé, presque froid, avec une tension contenue qui lui donne une présence élégante mais légèrement inquiétante.
L’aura laissée sur l’affiche paraît plus diffuse que celle du tableau, mais nettement différente : une teinte violacée mêlée de rouge, plus vive et nerveuse, avec quelque chose de joueur et d’agité dans sa façon de vibrer. Elle semble appartenir à quelqu’un d’autre que le peintre du tableau.

Une succession de notes fait office de rapport d'enquête.
J'ai repris une piste déjà suivie par Ney.
Il avait établi que celui qui avait physiquement transporté le tableau jusqu'à l'étape suivante n'était probablement qu'un intermédiaire, payé pour prendre un paquet et le remettre ailleurs sans rencontrer directement celui qui organisait tout ça.
La piste avait déjà été remontée jusque-là.
J'ai décidé de la refaire moi-même. Pas parce que je pense qu'il a mal travaillé. Je savais juste pas où reprendre après ma fausse piste des mogs. Puis, je connais les combines, et les intermédiaires ont toujours la mémoire défaillante.
J’ai commencé par les quais de Limsa.
Mogs, gardes, dockers. Ceux qui restent assez longtemps au même endroit pour remarquer qui passe, qui travaille pour qui et quelles têtes reviennent régulièrement.
Ça m’a pris une bonne partie de la journée.
Quelques sandwichs du Bismarck ont aidé.
Un peu de whisky aussi.
Et quelques gils pour les mémoires particulièrement difficiles.
À force de recouper les réponses, le même nom a fini par revenir : celui d’un porteur indépendant qu’un docker se souvenait avoir vu transporter, quelques jours avant l’apparition du tableau, un paquet large, plat et soigneusement emballé.
Les dimensions correspondaient.
Je l’ai retrouvé du côté de l’Entrepont.
Cette fois j’avais plus vraiment envie de distribuer des sandwichs.
Je lui ai demandé qui l’avait engagé, comment, combien, où il avait récupéré le paquet et quelles instructions il avait reçues.
Il a hésité.
Alors je lui ai aidé à retrouver la mémoire.
Ça a fonctionné.
Pour être claire : je lui ai pas tiré dessus.
J’avais pas besoin.
Le porteur n’a jamais rencontré son commanditaire.
Il avait trouvé dans un box privé un billet avec ses instructions, une avance en gils, l’emplacement d’une consigne privée de l’Entrepont (Casier 17) et un code à quatre chiffres.
À son arrivée, il y a trouvé le tableau déjà emballé, le reste de sa paie et une consigne très précise indiquant où et à qui remettre le colis.
Aucun nom, aucune signature.
Le type n’a gardé ni le billet ni l’enveloppe. Pour lui, ça ressemblait simplement à l’une de ces livraisons anonymes qu’il reçoit parfois.
En revanche, il se souvenait parfaitement du numéro du casier, du fonctionnement de la consigne et de l’heure approximative de son passage. Ça suffisait.
Je suis donc allée voir les gestionnaires des consignes.
Et oui, avant qu’on me le demande : j’ai utilisé le nom d’Akira Kurusu pour leur délier la langue.
J’ai expliqué que quelqu’un avait insulté sa compagne, directrice de l’Escale de Llymlaen, Brumée 6, et qu’il voulait savoir qui avait osé organiser ça.
J’ai bien précisé Brumée 6.
Ils ont fini par retrouver la réservation.
Le casier 17 avait été loué quelques heures avant que le porteur vienne récupérer le tableau, pour une courte durée seulement.
Paiement comptant.
Réservation effectuée en personne par un homme seul.
Pas de nom complet.
Seulement deux initiales : I.T.
L’homme n’avait rien fait d’assez remarquable pour que les employés gardent un souvenir précis de sa tête.
Mais cette fois, au moins, on tient quelqu’un lié à l’organisation du transport qui a dû se présenter physiquement quelque part.
C’est déjà mieux que courir après des billets anonymes.
Avec tout ce qu’on a maintenant, le trajet ressemble à ça :
1. Le tableau arrive à la mog-poste de Limsa Lominsa.
2. Quelqu’un enregistré sous les initiales Y.A. vient le récupérer.
3. Le tableau est amené jusqu’à une consigne de l’Entrepont.
4. Le casier 17, réservé sous les initiales I.T., sert à cacher le colis.
5. Un porteur indépendant reçoit anonymement son code d’accès et une avance.
6. Il récupère le tableau, le reste de sa paie et les instructions laissées dans le casier.
7. Le colis repart vers l’intermédiaire suivant avant de finir à l’Escale.
Donc on a au minimum deux identités utilisées à deux étapes différentes.
Ça peut être deux personnes.
Ça peut être davantage.
Ça peut aussi être le même @#$%& qui change d’initiales à chaque fois pour nous faire courir partout.
Pour l’instant, aucune raison de supposer que Y.A. ou I.T. sont de vrais noms.
---
Avant de reprendre la piste de Ney, j’avais déjà interrogé Yone Ashina.
Je me suis présentée sous le nom d’Elen Yate, prétendument chargée de vérifications pour Limsa Lominsa à la demande de dame Kurusu.
C’était faux.
Je lui ai fait signer une déclaration avant de lui expliquer pourquoi je voulais son écriture.
Nom complet.
Puis initiales.
Y.A.
Évidemment, ça correspond.
Ensuite seulement je lui ai montré le bordereau de la mog-poste.
Il nie avoir récupéré le moindre colis.
Il affirme qu’il se trouvait du côté de Solution Neuf à cette période et m’a donné des gens capables de confirmer sa présence là-bas aux alentours des faits.
Aux alentours.
Pas nécessairement au moment exact.
Et un aller-retour par éthérite prend pas une @#$%& journée.
Quand je lui ai montré le bordereau, il a reconnu ses initiales mais affirmé ne pas savoir pourquoi elles figuraient dessus.
Je l’ai poussé.
Puis un peu plus.
Je lui ai même laissé une porte de sortie : s’il avait simplement récupéré un colis pour quelqu’un sans savoir ce qu’il contenait, ça ne faisait pas forcément de lui le responsable de l’affaire.
Toujours rien.
Il maintient n’avoir jamais touché ce paquet.
Je lui ai finalement demandé qui, autour de lui, pourrait être suffisamment proche de lui, suffisamment proche de l’Escale et assez farceur pour utiliser ses initiales ou essayer de lui faire porter le chapeau.
Il a donné trois noms :
Coster.
Galen.
Mahruvvet.
---
Juste après avoir fait parler le porteur, un autre gamin est venu me trouver.
Pas nerveux.
Pas perdu.
Il savait exactement qui chercher.
Quelqu’un l’avait payé pour remettre un morceau de papier à une femme correspondant précisément à ma description.
Dessus, des coordonnées dans le Thanalan.
Et quelques mots :
« Tu cherches des réponses depuis assez longtemps. J’en ai peut-être quelques-unes. Viens seule. - L. »
J’ai décidé d’y aller.
Seule, comme demandé.
Pas complètement @#$%& et inconsciente pour autant.
Avant de partir, j’ai loué moi-même une consigne et j’y ai laissé un résumé de tout ce que j’avais obtenu durant la journée.
J’ai confié la clé aux mogs avec instruction de la remettre le soir même, pas avant, pas après, à l'Escale de Llymlaen.
Comme ça, si « L. » avait prévu de me foutre dans un trou au milieu du Thanalan, au moins quelqu’un aurait su ce que j’avais trouvé avant.
Le type que j'ai rencontré s'appelle Lancelin, un viera. C'est votre "L". Il m'a expliqué qu'il faisait ça pour provoquer Akira et éventuellement le tuer dans un duel.
Il a aussi dit qu'il n'était l'auteur que du menu et des poupées trouvées le soir de la rédaction de ce torchon.
Le tableau provient de son complice (je soupçonne "I. T.").
Je n'ai pas cherché à l'arrêter ni à le ramener. S'il veut s'en prendre à Akira, sa Majesté de l'Escale est assez grand pour se débrouiller de lui-même avec ces informations. Et après les évènements de sa visite, je n'avais pas le cœur à rendre plus de services à un ou une Kurusu.
-Toashiua

Les doigts glissèrent le long du rebord du bureau tandis qu'elle en fit le tour, les yeux posés sur les notes d'enquête de la shetona. Insupportable femme, mais un travail efficace elle pouvait bien lui accorder cela. Elle n'avait pas ramené le coupable, c'est de bonne guère bien que cela la priverait d'une part non négligeable de la prime ; elle la payerait cependant. Le contrat était presque rempli, et dans les délais.
"Lancelin."
Ce nom lui était inconnu, ses explications confuses. Mais elle ne connaissait pas tous les visages ayant un jour croisé sa route, encore moins celle de son mari puisqu'il semblait en être la véritable cible.
"Attaquer ma personne passe encore, mais pourquoi tant d'efforts pour incriminer mes hommes plutôt que de s'attaquer au Kurusu-gumi..."
Elle eut un rictus, une pensée lui traversant l'esprit sur la possible réponse.
"... Lâche, jusqu'au bout."
Elle prit place dans son fauteuil. Un profonde inspiration précéda le mouvement de son poignet, saisissant la plume dans son encrier. Le calme n'était pas revenu, pas encore, mais ce n'était plus seulement la colère qui animait son regard, c'était une flamme qui ne s'était plus rallumée depuis le soir de ses noces quand justice lui fut rendue par le sang dans les jardins de la Grue.
Peu de temps après, toutes les informations ont été envoyées au Kurusu-gumi par Gyoban tandis que Kikyo disparaissait sur le dos de son compagnon hanyo, katana à la ceinture, ses cheveux décolorés devenus plus blanc et étincelant que la lune. Les plus récentes recrues ne l'auront peut être même pas reconnue sur le moment...
"Lancelin."
Ce nom lui était inconnu, ses explications confuses. Mais elle ne connaissait pas tous les visages ayant un jour croisé sa route, encore moins celle de son mari puisqu'il semblait en être la véritable cible.
"Attaquer ma personne passe encore, mais pourquoi tant d'efforts pour incriminer mes hommes plutôt que de s'attaquer au Kurusu-gumi..."
Elle eut un rictus, une pensée lui traversant l'esprit sur la possible réponse.
"... Lâche, jusqu'au bout."
Elle prit place dans son fauteuil. Un profonde inspiration précéda le mouvement de son poignet, saisissant la plume dans son encrier. Le calme n'était pas revenu, pas encore, mais ce n'était plus seulement la colère qui animait son regard, c'était une flamme qui ne s'était plus rallumée depuis le soir de ses noces quand justice lui fut rendue par le sang dans les jardins de la Grue.
A l'attention des membres de l'Escale
L'enquête a révélé le nom du commanditaire de ces attaques, celui de son complice est encore inconnu mais nous savons maintenant que toute cette mascarade et ce jeu de piste était en réalité dirigé contre ma famille et mon époux. Le lâche n'aura pas eu le cran d'affronter le Kurusu-gumi. Il a commis l'erreur de s'en prendre à l'Escale, se croyant sans doute protégé de conséquences plus lourdes étant donné la compassion et la promptitude au pardon des aventuriers eorzéens.
Je ne lui donnerait pas tort sur ce point, restez tels que vous êtes. Vous êtes des hommes de bonté, d'ouverture, que j'ai réuni autour d'un idéal à l'opposé de toute idée de vengeance et de justice par le sang. Je ne lui ferais pas ce présent. L'issue de l'enquête va maintenant se jouer hors de la guilde. Ce n'est pas une sanction, ni un désaveu de votre travail, bien au contraire. Vous avez donné de votre temps et défendu mon honneur, pour cela je saurais témoigner ma reconnaissance en temps voulu. Mais ce lâche cible en réalité mon époux c'est donc à ma famille et au Kurusu-gumi de prendre le relais et d'obtenir réparation.
Je recevrais personnellement Toashiua dans les prochains jours, afin de lui remettre la somme de 50.000gils pour l'accomplissement partiel du mandat avant la fin de cette lune. Les 25.000gils restant iront à celui qui me donnera le nom du complice, sans délai. Tous ceux d'entre vous qui ont été impliqués, de leur propre chef ou soupçonnés par les manigances de cet homme recevront une compensation que je leur remettrais en mains propres. Y compris Eizen à sa sortie du Compas de l'Hirondelle.
Si les finances le permettent, vous irez tous à Kozama'uka avant l'automne. Vous l'avez mérité ne serait-ce que pour avoir enduré le traitement rude et glacial que j'ai infligé à certains lors que j'étais en proie à une colère sourde, attisée par certains aléas du quotidien bien que j'aurais souhaité vous l'épargner en m'isolant le plus possible. Un poison dangereux qui s'est propagé entre nos murs, a affecté les humeurs et parfois dressé des amis les uns contre les autres.
J'en appelle aujourd'hui à l'apaisement et au retour à la normale. Bien d'autres affaires plus intéressantes appellent votre attention, et la méritent plus que cet individu. La confiance que vous portez les uns aux autres ne doit pas être ébranlée. Et si certains d'entre vous sont soucieux de ce qui pourrait advenir, j'entends à vous rappeler que nos différences de culture n'ont jamais été un mur entre nous. Les plus anciens savent qui je suis, ils vous l'expliqueront si je n'en ai pas l'occasion avant eux.
Cette raclure l'apprendra bientôt et je lui ferais payer cher ce qu'elle vous a fait autant qu'à moi, vous qui m'avez défendu.
Ne doutez pas de mon affection. Je serais de retour promptement.
K. Kurusu
Peu de temps après, toutes les informations ont été envoyées au Kurusu-gumi par Gyoban tandis que Kikyo disparaissait sur le dos de son compagnon hanyo, katana à la ceinture, ses cheveux décolorés devenus plus blanc et étincelant que la lune. Les plus récentes recrues ne l'auront peut être même pas reconnue sur le moment...

Da
Il y a 3 semaines et 5 jours
Comme souvent, une petite Lalafelle à la tignasse flamboyante a pu être aperçue dans la matinée, vagabondant sur le front de mer de Brumée.
À l'occasion de ce curieux tour de garde, elle a, selon son habitude, salué jovialement les pêcheurs de retour, papouillé affectueusement les petits félins qui se pressaient en cherchant à subtiliser un ou deux poisson, et observé attentivement les goélands qui survolaient la plage.
Malheureusement, cette fois, la paisible promenade fut écourtée par un odieux paquet. Peu de temps après, sur les hauteurs reculées du quartier, une discrète fumée s'est élevée pour aller rejoindre les nuages.
Pas de quoi perturber le petit déjeuner.
À l'occasion de ce curieux tour de garde, elle a, selon son habitude, salué jovialement les pêcheurs de retour, papouillé affectueusement les petits félins qui se pressaient en cherchant à subtiliser un ou deux poisson, et observé attentivement les goélands qui survolaient la plage.
Malheureusement, cette fois, la paisible promenade fut écourtée par un odieux paquet. Peu de temps après, sur les hauteurs reculées du quartier, une discrète fumée s'est élevée pour aller rejoindre les nuages.
Pas de quoi perturber le petit déjeuner.
La vitesse supérieure
Rapport du 30/08 - Meleth Esthar
Hier dans l'après-midi, alors que je me trouvais à quelques brasses de la Lavandière, un appel de détresse sur la linkperle m'a alerté ainsi que les quelques phrases échangées par la suite. Quelqu'un venait d'agresser Da et Galen dans notre quartier de la Lavandière, l'un après l'autre. Je laisserais le soin aux concernés d'apporter plus de précisions si nécessaire et ne parlerais ici que de ce que j'ai vu et entendu.
Je suis rentrée aussi vite que j'ai pu. Ney, Prima et Toashiua se trouvaient déjà sur place. Da était a été balancée dans la rivière du haut de notre jardin, elle était frigorifiée. Galen, lui, a été sauvagement poussé du promontoire derrière la maison qu'il est en train de faire construire de l'autre côté de la rue. Il s'agissait bien de Lancelin. Et je rappelle pour mémoire que Da est non combattante, et Galen est encore officiellement en rémission. Il s'en est pris aux plus faibles d'entre nous (pardon Galen !). Tous les deux ont été pris par surprise. Déjà, qui s'attendrait à se faire agresser dans un quartier résidentiel et dans son propre jardin ? Et ensuite, Lancelin n'avait jusqu'ici pas fait preuve de violence physique, uniquement d'insultes et de provocations. Je ne sais pas ce qui l'a motivé à passer la vitesse supérieure (pour peu qu'il ai besoin d'un prétexte ?) mais là ça devient vraiment dangereux.
J'ai proposé de ramener tout le monde à la maison, histoire de soigner ce qui devait l'être dans un cadre plus sécurisant et de laisser retomber la pression. On était tous sur les dents et ça se comprend. Toashiua a préféré repartir de son côté, Theana a été prévenue par perle et est arrivée un peu plus tard.
A la chaumière, nous avons discuté de la situation et du fait que la violence ne fera qu'augmenter et qu'on ne va pas attendre qu'il tue quelqu'un pour se dire "mince, si on avait su". Prima et Ney se sont un peu pris le bec à ce sujet. Je ne serais pas objective même si je comprends et respecte le vœu de Prima et d'autres de nos camarades à préserver la vie. Elle disait qu'au lieu de le tuer on pouvait lui laisser une chance de changer. Cela m'a profondément affectée qu'elle parle de ses propres camarades en termes vraiment méprisants et limite haineux et j'ai tenté de lui faire entendre raison sur ce point, en vain. Elle est partie calmement, mais n'a à aucun moment dit ou laissé entendre ce qu'elle comptait faire ce n'est que bien plus tard à l'Escale en recroisant Toashiua, que cette dernière nous a dit que Prima comptait partir seule chercher Lancelin avant que nous on le trouve. Nazah a réagi directement, en bon officier expérimenté qu'elle est, et lancé un appel sur la perle pour interdire à quiconque de jouer au héros et partir à la poursuite de Lancelin. Et grand bien lui a fait parce que Ri'leyh était déjà en train d'enfiler son armure pour y aller seule. Pourquoi ne pas tous s'aligner en rangs d'oignons pour lui offrir nos têtes à tour de rôle tant qu'on y est ? Bref, je m'égare. Personne n'a fait de bêtise, à part Prima qui n'a jamais répondu.
Sur le moment, on était évidemment inquiets mais à part attendre des nouvelles de Prima on ne pouvait rien faire. Nazah commence sérieusement à dégoupiller. Je n'ai pas trop sur quoi dire sur le moment.
J'en viens au soir, après la réunion sur l'expédition à venir. Super réunion d'ailleurs, ce qui n'est pas le sujet mais je pense que ces quelques instants de cohésion et d'enthousiasme ont rappelé au groupe qui nous sommes, et ont positivement impacté nos actions la nuit suivante.
La voix de Yone s'est faite entendre sur la perle, disant qu'on devait arrêter tout ça qu'il ne voulait pas que ça aille aussi loin, qu'il avait fait appel à Lancelin de lui-même et qu'il avait ses raisons pour protéger sa famille, et qu'on ne devait pas la mêler à ça. Il a conclu avec un "désolé Prima" et un bruit de craquement. Peut être qu'il a cassé sa linkperle, peut être pas. De toute façon je ne croit rien de ce qu'il dit.
Ce n'est pas Yone.
Je sais que c'est dingue, qu'il était crédible que c'était bien sa voix, mais ce n'est pas lui. Je refusais d'y croire et tout un tas d'éléments dans les minutes et les heures qui ont suivi n'ont fait que me conforter dans cette idée. Déjà, élément N°1 : il a été incapable de répondre à une question à laquelle seul le vrai Yone aurait pu répondre. Il a préféré détourner la discussion avec un "je n'ai pas fini" mais ce qu'il avait à dire ensuite était totalement négligeable. Belle capacité d'improvisation, mais il a été pris de court et ça se sentait. Élément N°2 : Son excuse était bidon. Yone ne s'en prendrait jamais à nous même sous la contrainte, et je le sais parce que je l'ai déjà vu faire et Yulia aussi (elle l'a confirmé plus tard sur la perle). Si sa famille était menacée, il nous l'aurait dit et on serait intervenu comme la dernière fois. Par contre je n'exclue pas l'idée que Lancelin puisse vraiment s'en être pris à Yone ou à sa famille, les Ashina connaissent bien les Kurusu, au moins madame.
Sur le coup, on a été très réactifs et organisés. En cinq minutes, une équipe de huit volontaires était prête devant le bâtiment. Mission sauvetage. Ulysse, Evangeline, Galen, Da, Irdel, Ney, Vanish et moi. Notre seul indice sur le moment étaient les indications que Toashiua avait mentionné plus tôt dans la journée : le Viaduc, dans le Thanalan. C'est là qu'elle a rencontré Lancelin, et c'est cette indication qu'elle avait donné à Prima.
Le viaduc, on a fait choux blanc. On n'osait pas communiquer sur la perle, sachant qu'il nous écoutait peut être. C'est alors que j'ai reçu un appel privé d'Ivanhault pour me faire part d'un deuxième indice. Kikyo avait reçu une "invitation" elle aussi, hier soir, mais elle n'y est pas allée flairant certainement le piège. (théorie : c'est peut être une des raisons de sa montée de violence, si pour une fois quelqu'un n'a pas sauté dan la gueule du loup et que cela l'a frustré, ce n'est qu'une hypothèse.) Nous avons suivi les nouvelles coordonnées jusque dans un coin reculé du Thanalan septentrional, parfait pour une embuscade. Nous y avons retrouvé Prima inconsciente, suspendue au-dessus du canyon comme un saucisson. Elle a respiré un sédatif, pas de blessures apparentes sauf un hématome sur l'arrière du crâne. Visiblement selon notre homme, la poudre à dodo n'était pas suffisante pour l'assommer. Enfin, ça aurait pu être pire.
Sur place, Ney s'est renfermé. Les empreintes correspondent à un hyur de taille moyenne, un viéra de taille moyenne, ou un grand miqo'te. Il disait qu'il ne sentait que l'odeur de Yone sur les lieux, personne d'autre. Mais lui et moi savons. Élément N°3 : un bon gardebois est capable de camoufler son odeur. Et on se rappelle aussi les mots de Toashiua : il lui a parlé du vermot, il était intéressé ou au moins curieux qu'elle soit viéra. Ce taré vient de chez nous et il a très probablement encore une bonne expérience. Ce n'est pas Yone, je le dis, je l'affirme, je m'y accroche de toutes mes forces et je me fiche que ça paraisse dingue, ce n'est pas lui. Pas NOTRE Yone.
Prima n'a plus sa perle, ni son bâton. Eva et Ney ont trouvé un chien plus haut sur la corniche. Je ne sais pas trop ce qu'il faisait là. Il était mal en point alors on l'a ramené mais je me méfie. Lancelin a un complice possiblement changeforme ou illusionniste. Alors même si mon attachement aux animaux est réel, méfiez-vous du chien. Vraiment.
On a ramené Prima. Et je veux quand même finir sur une note positive parce que ça compte. L'équipe de sauvetage a été réactive, organisée, efficace et sans confusion ou conflits de protocoles. On voulait tous retrouver Prima, on savait tous quoi faire et comment être plus efficaces ensemble (on a même lâché quelques vannes en chemin malgré la situation d'urgence). J'ai été inquiète moi aussi mais t'en fais pas Nazah, on est toujours nous. Notre naturel, c'est ça, et je crois que cette nouvelle aventure dans les cieux nous l'a vite rappelé.
Pour cette nuit, je rentre à la chaumière. Les autres y sont déjà. J'y resterais jusqu'à mon anniversaire et ensuite je rapatrie tout le monde à l'Escale conformément aux ordres d'Ivanhault. Da dormira dans ma chambre.
Prima est à l'infirmerie, je laisse tout le loisir aux officiers d'aller lui passer un savon à son réveil. Je ne pense pas utile qu'on se mette tous en file indienne devant la porte pour aller à tour de rôle lui dire ce qu'on en pense. Même si on le pense très fort. Je suis contente qu'elle n'ai rien de grave.
Pour ce qui est de Lancelin et de la suite, je n'ai pas de pouvoir décisionnel et je m'en remets à nos officiers en toute confiance. Je vais me contenter d'une suggestion (parce que j'écris le rapport, donc j'ai le droit de suggérer des choses, na. Vous en faites ce que vous voulez !) : c'est à nous de gérer ça. Pas par orgueil, par vengeance ou que sais-je, mais parce qu'on commence à cerner le type ou en tout cas son mode opératoire même si on pige rien de son raisonnement logique à nous taper dessus pour provoquer un homme qui n'a presque rien à voir avec nous. Nous sommes parfaitement capable de retourner ses actions contre lui. Par contre, je soutiens l'idée d'Ivanhault d'en faire un mandat officiel et de le faire enregistrer par la guilde des aventuriers
Ce n'est pas paradoxal, je m'explique.
Lancelin est connu pour être violent et sanguinaire. Ney dit qu'il voulait blesser, handicaper ou même tuer son adversaire au tournois de Halone il y a deux ans. Jusqu'ici, ce n'étaient que des insultes qu'il proférait envers notre directrice mais là, il passe à la violence physique en s'en prenant aux plus faibles d'entre nous, puis en enlevant Prima. C'est donc un criminel et nous devons couvrir la guilde en légalisant tout futur affrontement violent. Parce que ne soyons pas naïfs, l'issue sera violente. Je sais que l'idée ne plait à personne, et à certains plus qu'à d'autres, nous sommes explorateurs pas meurtriers. Mais on ne va pas attendre que l'un de nous se fasse tuer. Si il se rend et dépose les armes, il sera livré aux autorités locales pour les crimes commis. Si il choisit le combat à mort, ce qu'il semble rechercher, on ne se retiendra pas parce que lui ne nous fera pas ce cadeau. Et si ça se passe sur le sol oriental, ou ishgardaise, et que la justice orientale ou ishgardaise c'est de lui trancher la tête, il faudra aussi l'accepter. Parce que c'est ce que nous avons choisi d'être en entrant dans l'Escale, tout comme lui a choisi d'être ce qu'il est et ce qu'il risquait en s'attaquant à nous.
Voilà, ce sera ma contribution d'opinion aux officiers. Votre travail n'est pas facile et vous avez des décisions à prendre pour nous sortir de cette situation. Alors le moins que je puisse faire c'est de vous dire que je vous suivrais quoi que vous décidiez. Parce que c'est comme ça que ça fonctionne, une guilde. Les officiers ne sont pas là pour faire joli et se faire contester au moindre prétexte pour qu'ensuite chacun fasse sécession de son côté et agisse comme ça lui chante.
J'ai foi en vous, depuis le premier jour et jusqu'au fond d'un cénote aux aux mortifères... Je suis avec vous.
Allons emmener ce connard jouer à colin-maillard sur la voie ferrée.
Meleth

Silius Noctua
Il y a 3 semaines et 3 jours
Silius avait réajusté sa paire de lunette sur ses yeux en regardant le contrebas de l'Escale en direction du jardin. Perché sur un toit, protégé par certaines branches d'un des nombreux arbres du jardin, il sécurisait son fusil arcanique sur son avant-bras. Les derniers événements avec Lancelin avait poussé Silius à se remettre à la surveillance des lieux et à signaler tout mouvement suspect.
Alors que son corbeau mécanique passait de branche en branche, silencieux, ou uniquement un tic-tac discret des rouages arcaniques trahissait sa position, l'oiseau surveillait également les lieux les plus lointain, claquant son bec métallique quand ce dernier détectait une personne. Alors que Silius regardait certains mouvement à contre-courant de la brise marine dans les buissons, il regardait de temps en temps son mémoquartz pour y vérifier le trafique des échanges relié aux canaux de l'Escale.
Ivanhault lui avait de demander d'isoler le réseau des linkperles mais en réalité, la technologie était trop différente, trop éthéré. Silius avait uniquement créé un autre canal pour les perles, le temps qu'une solution lui vienne.
Il pouvait faire une triangulation pour les mémoquartz, mais pas pour les perles.
"Si Vanish pense réussir à le faire, ça m'aiderait."
Après avoir murmuré sa phrase, pris un instant pour réfléchir de nouveau, il décida alors de demander de l'aide à celle qui avait eu cette idée.
Nazah
Il y a 3 semaines et 3 jours
Compte-rendu — Éléments rapportés par Yone Ashina
En remontant la piste des affiches du restaurant représentant maxi-Kikyo, Yone est parvenue à retrouver le peintre à l'origine de l'illustration. Un artiste apparemment sans histoire, qui aurait simplement accepté une commande comme une autre. Le commanditaire lui avait fourni les traits à reproduire. Point important : le peintre a reconnu Yone, ce qui laisse penser que son apparence faisait également partie des informations communiquées par celui qui a passé commande. D'ailleurs, selon le peintre, c'est Yone qui a passé commande pour ce tableau.La peinture serait ensuite passée entre les mains d'un imprimeur de Kugane nommé Hiroshi Senda, un homme que Yone décrit comme particulièrement "mercantile". Il aurait accepté de dupliquer l'illustration et de l'intégrer au menu du restaurant. Impossible cependant de poursuivre cette piste directement : d'après les informations obtenues par Yone, Senda se serait ouvert le ventre avant de pouvoir être interrogé.
L'affaire a ensuite pris une tournure beaucoup plus personnelle. Ayame, la mère de Yone, a reçu devant sa porte une tête de cochon décapitée.
La personne derrière cette affaire cherche délibérément à provoquer Kikyo et Yone, tout en faisant en sorte que Yone puisse apparaître comme responsable de l'ensemble de l'affaire.
Le fait que l'auteur soit capable de retrouver jusqu'au domicile de la famille de Yone montre également qu'il dispose soit de renseignements particulièrement précis sur elles, soit de moyens suffisants pour les faire surveiller et remonter jusqu'à leurs proches.
Note de Nazah : On va le défoncer.
Il est très tard, presque l'aube quand le gardebois, absent depuis la veille, franchit le seuil de l'Escale. Son pas est sensiblement moins silencieux qu'à l'accoutumée, plus lourd, las. Muni d'une plume, il entreprend de rédiger son rapport, dodelinant de la tête, luttant contre la fatigue qui commence à peser.
Comme me l'a demandé Ivanhault, je me suis rendu en Othard, afin de m'assurer que la famille Ashina est en sécurité. Pour connaitre exactement mon objectif, je suis allé demandé à dame Kikyo de me procurer leur adresse.
Par acquis de conscience, j'ai comparé les empruntes et les odeurs avec celles que je connaissais de nos ennemis et je suis en mesure d'affirmer que ni Lancelin, ni "Yone" ne sont venus rôder dans les environs.
Après avoir obtenu l'information que j'étais venu cherché et à la demande de dame Kikyo, j'ai fait un détour par le compas de l'Hirondelle, afin de discuter avec Eizen.
Les prêtres m'ont affirmé qu'il n'a pas quitté les lieux depuis trois mois.
Il connait Lancelin. Leur rencontre date de bien avant qu'il rejoigne l'Escale, à une époque où lui et son acolyte, un miqo'te samourai blond portant un nom ressemblant à quelque chose comme "Ignaus", en voulaient à Yone.
Il me l'a décrit comme un combattant dépourvu d'empathie et de remord, à la recherche d'adversaires toujours plus puissants à affronter et capable de tout pour les obtenir.
Il m'a aussi dit que Yone est vulnérable au contrôle mental, mais que ni Lancelin ni son complice de l'époque n'avaient les connaissances nécessaires pour utiliser cette stratégie.
Il m'a donné des nouvelles d'Hanbei qui a passé quelques temps avec lui au Compas de l'Hirondelle, avant de repartir vagabonder.
Je me suis ensuite rendu au quartier enclavé pour reprendre mon objectif premier.
Je n'ai relevé aucune menace, mais les rumeurs et les murmures m'ont conté le départ récent de Yone, après la découverte d'une tête de porc devant chez eux.
Personne ne semble pouvoir décrire le coupable, autrement que comme une ombre de passage. Néanmoins, les odeurs m'ont conté une certain récit.
De Lancelin, très peu de présence, mais je pense être en mesure d'affirmer que celui qui a agressé Prima n'est pas Yone. Leurs effluves sont très similaires, mais celle de Brumebleue était très légèrement différente de celle de Doma.
Et une autre odeur m'a interpelé. Une forte odeur de piment et de poivre, mêlée à quelque chose de plus sec et boisé, proche du chêne ou du frêne à laquelle j'ai prêté attention car elle se démarquait de l'environnement local.
Quand sa plume s'arrête, il gravit les escaliers, pour aller déposer son message sur le bureau de Kikyo. Sa mission accomplie, il fait quelques pas dans le couloir, s'appuie contre la paroi. Il tient, le temps de se rendre à la salle de repos, avant de céder à la fatigue accumulée par ses dernière nuits sans sommeil et la succession de voyages éthérés.

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