Lerith
Il y a 7 mois et 2 semaines
 | Nuit dans le Brouillard On entendait les oiseaux, les insectes, le battement d'aile des chauve-souris tropicales et le bruissement des feuilles sur le pelage des prédateurs. Même noyée dans ce brouillard surnaturel la jungle grouillait de vie. Cela en rassurait certains mais le manque de visibilité au-delà de dix pas rendait l'ambiance lourde autour du campement. Pour ceux qui n'étaient guère habitués aux expéditions en pleine nature sauvage, le moindre son pouvait représenter un danger inconnu. Et même pour ceux qui en avaient l'habitude, ce manque de visibilité alimentait une tension dans l'air, ce sentiment d'être observé.
Dans le cénote, le courant de la rivière faisait grincer le bois de l'Eternal qui raclait parfois contre la paroi rocheuse. Le campement s'était monté plus haut, loin du tumulte constant de la cascade à côté du ponton, laissant le navire caché là. |
Nous trouvâmes le sommeil plus ou moins vite, rassurés par le halo du feu de camp et la respiration régulière de nos camarades dans leurs tentes à quelques yalms. L'humidité on s'y habitue, les moustiques un peu moins. Un tour de garde pour alimenter le feu préviendrait les prédateurs et comme toujours les plus expérimentés dormaient à portée de leurs armes.
A force de tourner et se retourner les paupières s'alourdirent, et quel sommeil étrange ce fut pour une poignée d'entre nous, agité par des images, des sons indistincts et angoissants. La brume, toujours la brume qui vous enveloppe, la sensation pesante de solitude, de cécité alors que mille yeux nous observent. Puis, vient ce frisson suivi de sueurs froides. Quelque chose ne va pas. Il y a quelqu'un près de nous. Notre esprit s'éveilla mais notre corps est resté paralysé par le sommeil. Nos yeux s'ouvrent sur une silhouette au-dessus de vous dans la tente. |  |
Il est accroupi, penche la tête de droite à gauche en nous scrutant. Vêtu de cuir et de plumes, affublé d'un masque en bois au visage monstrueux, plus large que sa propre tête. De sa bouche ne sort aucun mot, rien qu'une série de claquement et de sifflements sourds. Dans la pénombre notre perception est altérée, notre corps paralysé, la réalité se tord comme si nous avions pris une substance hallucinogène ou alors ce n'est que le sommeil qui nous joue des tours. Le visage peint se rapproche du nôtre et l'obscurité nous envahit.
Au réveil, nous étions en sueur, allongés sur le dos. La lumière du jour est là, ce maudit brouillard aussi. Dans le campement à l'extérieur, rien n'a bougé. Ceux qui étaient de garde n'ont absolument rien remarqué d'anormal sauf ceux qui s'occupaient du dernier quart. Ceux-là sortirent de leur tente où ils se sont réveillés comme nous, allongés sur le dos, en sueur après un rêve angoissant.
Il est temps de poursuivre ce voyage jusqu'à la canopée qu'Adira jure avoir vu à travers la brume, touchée par une mystérieuse présence qui semble vouloir nous y attirer.
[quote]Lerith
[table][tr][td][img]https://i.goopics.net/krmimo.png[/img][/td]
[td][h3]Nuit dans le Brouillard [/h3]
On entendait les oiseaux, les insectes, le battement d'aile des chauve-souris tropicales et le bruissement des feuilles sur le pelage des prédateurs. Même noyée dans ce brouillard surnaturel la jungle grouillait de vie. Cela en rassurait certains mais le manque de visibilité au-delà de dix pas rendait l'ambiance lourde autour du campement. Pour ceux qui n'étaient guère habitués aux expéditions en pleine nature sauvage, le moindre son pouvait représenter un danger inconnu. Et même pour ceux qui en avaient l'habitude, ce manque de visibilité alimentait une tension dans l'air, ce sentiment d'être observé.
Dans le cénote, le courant de la rivière faisait grincer le bois de l'Eternal qui raclait parfois contre la paroi rocheuse. Le campement s'était monté plus haut, loin du tumulte constant de la cascade à côté du ponton, laissant le navire caché là. [/td]
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[table][tr][td]Nous trouvâmes le sommeil plus ou moins vite, rassurés par le halo du feu de camp et la respiration régulière de nos camarades dans leurs tentes à quelques yalms. L'humidité on s'y habitue, les moustiques un peu moins. Un tour de garde pour alimenter le feu préviendrait les prédateurs et comme toujours les plus expérimentés dormaient à portée de leurs armes.
A force de tourner et se retourner les paupières s'alourdirent, et quel sommeil étrange ce fut pour une poignée d'entre nous, agité par des images, des sons indistincts et angoissants. La brume, toujours la brume qui vous enveloppe, la sensation pesante de solitude, de cécité alors que mille yeux nous observent. Puis, vient ce frisson suivi de sueurs froides. Quelque chose ne va pas. Il y a quelqu'un près de nous. Notre esprit s'éveilla mais notre corps est resté paralysé par le sommeil. Nos yeux s'ouvrent sur une silhouette au-dessus de vous dans la tente. [/td]
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Il est accroupi, penche la tête de droite à gauche en nous scrutant. Vêtu de cuir et de plumes, affublé d'un masque en bois au visage monstrueux, plus large que sa propre tête. De sa bouche ne sort aucun mot, rien qu'une série de claquement et de sifflements sourds. Dans la pénombre notre perception est altérée, notre corps paralysé, la réalité se tord comme si nous avions pris une substance hallucinogène ou alors ce n'est que le sommeil qui nous joue des tours. Le visage peint se rapproche du nôtre et l'obscurité nous envahit.
Au réveil, nous étions en sueur, allongés sur le dos. La lumière du jour est là, ce maudit brouillard aussi. Dans le campement à l'extérieur, rien n'a bougé. Ceux qui étaient de garde n'ont absolument rien remarqué d'anormal sauf ceux qui s'occupaient du dernier quart. Ceux-là sortirent de leur tente où ils se sont réveillés comme nous, allongés sur le dos, en sueur après un rêve angoissant.
Il est temps de poursuivre ce voyage jusqu'à la canopée qu'Adira jure avoir vu à travers la brume, touchée par une mystérieuse présence qui semble vouloir nous y attirer.[/quote]
Lerith
Il y a 7 mois et 2 semaines
La Canopée Silencieuse
 | Après une journée de marche difficile dans la brume, ralentie par le manque de visibilité et les boussoles détraquées qui faisaient perdre tout repères, la nuit tomba à nouveau sur la jungle d'Ulekele. Ils n'avaient parcouru qu'une dizaine de malms, car ils devaient avancer tout droit, dans la direction définie la veille depuis le village abandonné par Adi'ra.
Juste avant d'atteindre la rivière dont ils percevaient le courant depuis plus d'une heure à travers les bruits de la faune sauvage, Noah devint encore plus silencieux. Ses sens s'éveillèrent d'un coup lorsqu'il sentit la présence d'une dizaine de personnes autour d'eux, aussi silencieux que la brume elle-même, parfaitement coordonnés pour les encercler ou les escorter il n'aurait su le dire. Ils avançaient en formation élargie, à égale distance, s'arrêtaient et repartaient en même temps qu'eux. Une fois devant le ponton de bois grinçant, ils s'immobilisèrent, invisibles mais bien là. Liann les sentit elle aussi. Ivanhault tenta d'appeler, aucune réponse ne vint.
"Peut-être devriez-vous faire une démonstration de votre magie" suggéra Ulysse.
Meleth hocha la tête et s'avança seule sur le ponton, disparaissant momentanément de leur champ de vision. Moins d'une minute plus tard, la brume s'écarta comme par magie sur son passage comme pour dessiner la route. Ils la virent au bout de la jetée, et derrière elle sur l'autre rive, non pas d'une rivière mais d'un grand lac, une canopée éclairée par des lanternes encore très loin mais surplombée d'un arbre gigantesque, d'une hauteur vertigineuse rappelant un peu la Gardienne d'Eternité. Poussée par une intuition et un courant étrange dans l'eau, Meleth et Noah usèrent de leur magie pour faire venir à eux une barge en bois assez large pour transporter le groupe entier. |
A peine furent-ils installés que les silhouettes de leurs "poursuivants" se dessinèrent dans la brume, approchant de leur embarcation. Ils ne prononcèrent pas un mot, même leur pas était silencieux, étouffé, à peine un bruissement dans l'air. L'inquiétude monta d'un cran chez Quila et Adi'ra qui ne savaient s'il fallait les considérer comme des ennemis ou des alliés. Ils levèrent leurs lances et, d'un mouvement parfaitement synchronisé, commencèrent à frapper du bas de l'arme contre les planches de bois à un rythme régulier, comme le son d'un tambour qui résonna en écho sur le lac. Le courant se leva, et la barge s'éloigna du ponton, suivant ce courant magique jusqu'à la canopée silencieuse.
La traversée dura une quinzaine de minute. Au fur et à mesure que leur destination se rapprochait, ils en distinguaient les formes, le nombre de maisons et de sentinelles. Mais ils n'entendirent pas un bruit si ce n'est les craquements du bois sous le poids de leur embarcation et le souffle du vent dans les branches. |  |
Sur la dernière centaine de yalms, ils passèrent au milieu de piliers en bois émergeant du lac, tous décorés d'ossements humains et parfois des squelettes entiers issus de toutes les races connues au Tural. Chaque pilier était rehaussé d'un crâne, principalement hyur. Cela eut de quoi tendre un peu plus certains. D'autres aperçurent au milieu des sentinelles guettant leur accostage, des yok huy dont un ou deux anciens, aussi grands que le chaman de l'Echo de Worlar. Ce fut l'un d'eux qui les attendit à l'appontement, au pied du grand arbre, et qui d'un mouvement de tête leur intima de le suivre à l'intérieur du tronc.
Malgré l'éclairage chaleureux des braseros, des peintures et des toiles colorées rappelant Tuliyollal et la présence de civils qui les observaient depuis les hauteurs de cette partie du village construite à l'intérieur de l'arbre, le silence pesait tant qu'Ivanhault suggéra -et avait raison- qu'une magie étouffait les sons. Entre la brume, leurs rêves de la nuit dernière qui n'en étaient peut-être pas finalement, et tout ce qu'ils voyaient à présent supposait que les pouvoirs de Quetzalcóatl tendaient vers le camouflage et la protection. Ils se sentaient dans cette brume comme ils se sentaient dans la rivière de Thlaloc : entièrement à la merci d'une main invisible.
Le yok huy masqué les conduisit à une porte immense, après avoir contourné un totem identique à celui du village abandonné à la différence que celui-ci ne se dressait pas sur quatre niveaux, mais douze. Il était donc bien plus grand.
On leur ouvrit la porte, et ils entrèrent dans un tunnel large qui descendait légèrement. Meleth et Noah n'hésitèrent qu'une seconde, le groupe les suivit. En bas, ils trouvèrent une salle souterraine éclairée par des centaines de bougies. Du sol on plafond, on avait peint les murs. Un gigantesque serpent à plumes qui semblait s'enrouler autour d'eux baignant dans une succession de fresques représentant des paysages, des scènes probablement narratives, et les astres au plafond, soleil et lune au milieu de nombreuses constellations pour la plupart connues. Au centre de la salle, une grande cuve en pierre circulaire et remplie d'eau était entourée de sept petits présentoirs sculptés. Mais le plus imposant était derrière, contre le mur et surélevé par une estrade naturelle : un trône taillé dans les racines de l'arbre dans un style semblable à celui de l'aurarque, sur lequel était assis leur hôte dont l'apparence leur coupa le souffle.
"Je suis Quetzalcóatl, gardien du village caché de Tula.
Rares sont les visiteurs que nous avons laissé venir jusqu'à nous.
Mais vous n'êtes ni des voleurs, ni des envahisseurs n'est ce pas ?
Qui êtes-vous ?"

Après un bref entretient, durant lequel Quetzalcóatl leur accorda l'hospitalité du peuple Ulekele, on fit sortir les invités. Sauf Meleth et Noah qui restèrent dans la salle du trône. La grande porte se referma sur le groupe et le bruit ambiant fut presque assourdissant. La magie qui étouffait les sons avait été levée, Tula résonnait d'une ambiance tellement plus vivante à présent. Le grand yok huy se présenta comme Zorehmeh, membre de la garde du serpentaire. Il les guida jusqu'à leurs quartiers et veilla sur leur confort. A cette heure il n'y avait pas d'intérêt à chercher le marché ou le contact social mais dès demain ils seraient libres de circuler dans la canopée comme bon leur semble.
La seule consigne qui leur fut donnée : ne pas quitter les environs de Tula, car bien que leur maître contrôle la brume il ne peut en protéger chacun individuellement s'ils se montrent imprudents. Zorehmeh évoqua brièvement la menace latente qui s'y cache et les fameux "enfants de la brume" seuls à pouvoir s'y fondre sans risque car ils possèdent chacun une fraction du pouvoir de Quetzalcóatl. Il serait toujours temps d'apprendre demain. Et demain arriva bien vite après une nuit confortable, au sec, à l'intérieur du grand arbre.
Au matin, le soleil perça doucement à travers la brume. Toujours opaque autour de la canopée, on voyait un peu plus le bleu du ciel à travers le voile blanc d'ici. Tula était un ilot de lumière au milieu d'une région inquiétante même en journée.
Le marché au troc
La notion de monnaie semblait inconnue du peuple Ulekele. Comme tout village, le marché s'ouvrait tôt le matin et s'étendait sur les premiers niveaux de l'arbre, intérieur comme extérieur. Le nombre hallucinant d'échoppe n'en faisait pas pour autant un marché varié. En réalité, chaque famille ou presque s'adonnait au commerce local pour se fournir au quotidien grâce au troc, on retrouvait à peu près les mêmes choses partout, les gens s'échangeaient des objets entre voisins, on sociabilise plus qu'on marchande. Personne ne semblait à première vue manquer de rien mais sans surprise le sujet principal des conversations était la venue de ces étrangers "enfants du torrent" dont le maître avait annoncé la venue il y a longtemps. "Le temps est peut-être enfin venu" disait-on, "le brouillard pourrait se lever de notre vivant !"
Les Enfants des Brumes
Les seuls habitants de Tula à demeurer silencieux -au moins devant eux- étaient ces fameux enfants des brumes dont on leur avait parlé, et qu'ils avaient rencontré la veille sur le ponton. On pouvait les voir patrouiller par groupe de deux ou surveiller les alentours. Ils semblaient toujours occupés, toujours en chemin d'un point à un autre ou immobile et silencieux scrutant la jungle. Même les autres habitants leurs passaient devant comme s'ils ne les voyaient pas, personne n'allait leur parler ou leur faire signe.
Il arrivait qu'un petit groupe sorte de Tula avec des chasseurs, des cueilleurs ou juste entre eux. Quelques heures plus tard ils reviennent avec leurs prises. Ceux qui, comme Zorehmeh, portent un collier en forme de serpent ne quittent jamais leur poste autour du totem.
[quote]Lerith
[center][youtube]nCD58aeflPc[/youtube][/center]
[h2]La Canopée Silencieuse [/h2]
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[td]Après une journée de marche difficile dans la brume, ralentie par le manque de visibilité et les boussoles détraquées qui faisaient perdre tout repères, la nuit tomba à nouveau sur la jungle d'Ulekele. Ils n'avaient parcouru qu'une dizaine de malms, car ils devaient avancer tout droit, dans la direction définie la veille depuis le village abandonné par Adi'ra.
Juste avant d'atteindre la rivière dont ils percevaient le courant depuis plus d'une heure à travers les bruits de la faune sauvage, Noah devint encore plus silencieux. Ses sens s'éveillèrent d'un coup lorsqu'il sentit la présence d'une dizaine de personnes autour d'eux, aussi silencieux que la brume elle-même, parfaitement coordonnés pour les encercler ou les escorter il n'aurait su le dire. Ils avançaient en formation élargie, à égale distance, s'arrêtaient et repartaient en même temps qu'eux. Une fois devant le ponton de bois grinçant, ils s'immobilisèrent, invisibles mais bien là. Liann les sentit elle aussi. Ivanhault tenta d'appeler, aucune réponse ne vint.
[i]"Peut-être devriez-vous faire une démonstration de votre magie"[/i] suggéra Ulysse.
Meleth hocha la tête et s'avança seule sur le ponton, disparaissant momentanément de leur champ de vision. Moins d'une minute plus tard, la brume s'écarta comme par magie sur son passage comme pour dessiner la route. Ils la virent au bout de la jetée, et derrière elle sur l'autre rive, non pas d'une rivière mais d'un grand lac, une canopée éclairée par des lanternes encore très loin mais surplombée d'un arbre gigantesque, d'une hauteur vertigineuse rappelant un peu la Gardienne d'Eternité. Poussée par une intuition et un courant étrange dans l'eau, Meleth et Noah usèrent de leur magie pour faire venir à eux une barge en bois assez large pour transporter le groupe entier. [/td]
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[table][tr][td]A peine furent-ils installés que les silhouettes de leurs "poursuivants" se dessinèrent dans la brume, approchant de leur embarcation. Ils ne prononcèrent pas un mot, même leur pas était silencieux, étouffé, à peine un bruissement dans l'air. L'inquiétude monta d'un cran chez Quila et Adi'ra qui ne savaient s'il fallait les considérer comme des ennemis ou des alliés. Ils levèrent leurs lances et, d'un mouvement parfaitement synchronisé, commencèrent à frapper du bas de l'arme contre les planches de bois à un rythme régulier, comme le son d'un tambour qui résonna en écho sur le lac. Le courant se leva, et la barge s'éloigna du ponton, suivant ce courant magique jusqu'à la canopée silencieuse.
La traversée dura une quinzaine de minute. Au fur et à mesure que leur destination se rapprochait, ils en distinguaient les formes, le nombre de maisons et de sentinelles. Mais ils n'entendirent pas un bruit si ce n'est les craquements du bois sous le poids de leur embarcation et le souffle du vent dans les branches. [/td]
[td][img]https://i.goopics.net/ramnuv.png[/img][/td]
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Sur la dernière centaine de yalms, ils passèrent au milieu de piliers en bois émergeant du lac, tous décorés d'ossements humains et parfois des squelettes entiers issus de toutes les races connues au Tural. Chaque pilier était rehaussé d'un crâne, principalement hyur. Cela eut de quoi tendre un peu plus certains. D'autres aperçurent au milieu des sentinelles guettant leur accostage, des yok huy dont un ou deux anciens, aussi grands que le chaman de l'Echo de Worlar. Ce fut l'un d'eux qui les attendit à l'appontement, au pied du grand arbre, et qui d'un mouvement de tête leur intima de le suivre à l'intérieur du tronc.
Malgré l'éclairage chaleureux des braseros, des peintures et des toiles colorées rappelant Tuliyollal et la présence de civils qui les observaient depuis les hauteurs de cette partie du village construite à l'intérieur de l'arbre, le silence pesait tant qu'Ivanhault suggéra -et avait raison- qu'une magie étouffait les sons. Entre la brume, leurs rêves de la nuit dernière qui n'en étaient peut-être pas finalement, et tout ce qu'ils voyaient à présent supposait que les pouvoirs de Quetzalcóatl tendaient vers le camouflage et la protection. Ils se sentaient dans cette brume comme ils se sentaient dans la rivière de Thlaloc : entièrement à la merci d'une main invisible.
Le yok huy masqué les conduisit à une porte immense, après avoir contourné un totem identique à celui du village abandonné à la différence que celui-ci ne se dressait pas sur quatre niveaux, mais douze. Il était donc bien plus grand.
On leur ouvrit la porte, et ils entrèrent dans un tunnel large qui descendait légèrement. Meleth et Noah n'hésitèrent qu'une seconde, le groupe les suivit. En bas, ils trouvèrent une salle souterraine éclairée par des centaines de bougies. Du sol on plafond, on avait peint les murs. Un gigantesque serpent à plumes qui semblait s'enrouler autour d'eux baignant dans une succession de fresques représentant des paysages, des scènes probablement narratives, et les astres au plafond, soleil et lune au milieu de nombreuses constellations pour la plupart connues. Au centre de la salle, une grande cuve en pierre circulaire et remplie d'eau était entourée de sept petits présentoirs sculptés. Mais le plus imposant était derrière, contre le mur et surélevé par une estrade naturelle : un trône taillé dans les racines de l'arbre dans un style semblable à celui de l'aurarque, sur lequel était assis leur hôte dont l'apparence leur coupa le souffle.
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[i][b]"Je suis Quetzalcóatl, gardien du village caché de Tula.
Rares sont les visiteurs que nous avons laissé venir jusqu'à nous.
Mais vous n'êtes ni des voleurs, ni des envahisseurs n'est ce pas ?
Qui êtes-vous ?"[/b][/i]
[img]https://i.ibb.co/XZktJT2y/separateur.png[/img][/center]
Après un bref entretient, durant lequel Quetzalcóatl leur accorda l'hospitalité du peuple Ulekele, on fit sortir les invités. Sauf Meleth et Noah qui restèrent dans la salle du trône. La grande porte se referma sur le groupe et le bruit ambiant fut presque assourdissant. La magie qui étouffait les sons avait été levée, Tula résonnait d'une ambiance tellement plus vivante à présent. Le grand yok huy se présenta comme Zorehmeh, membre de la garde du serpentaire. Il les guida jusqu'à leurs quartiers et veilla sur leur confort. A cette heure il n'y avait pas d'intérêt à chercher le marché ou le contact social mais dès demain ils seraient libres de circuler dans la canopée comme bon leur semble.
La seule consigne qui leur fut donnée : ne pas quitter les environs de Tula, car bien que leur maître contrôle la brume il ne peut en protéger chacun individuellement s'ils se montrent imprudents. Zorehmeh évoqua brièvement la menace latente qui s'y cache et les fameux "enfants de la brume" seuls à pouvoir s'y fondre sans risque car ils possèdent chacun une fraction du pouvoir de Quetzalcóatl. Il serait toujours temps d'apprendre demain. Et demain arriva bien vite après une nuit confortable, au sec, à l'intérieur du grand arbre.
Au matin, le soleil perça doucement à travers la brume. Toujours opaque autour de la canopée, on voyait un peu plus le bleu du ciel à travers le voile blanc d'ici. Tula était un ilot de lumière au milieu d'une région inquiétante même en journée.
[h3]Le marché au troc [/h3]
La notion de monnaie semblait inconnue du peuple Ulekele. Comme tout village, le marché s'ouvrait tôt le matin et s'étendait sur les premiers niveaux de l'arbre, intérieur comme extérieur. Le nombre hallucinant d'échoppe n'en faisait pas pour autant un marché varié. En réalité, chaque famille ou presque s'adonnait au commerce local pour se fournir au quotidien grâce au troc, on retrouvait à peu près les mêmes choses partout, les gens s'échangeaient des objets entre voisins, on sociabilise plus qu'on marchande. Personne ne semblait à première vue manquer de rien mais sans surprise le sujet principal des conversations était la venue de ces étrangers "enfants du torrent" dont le maître avait annoncé la venue il y a longtemps. "Le temps est peut-être enfin venu" disait-on, "le brouillard pourrait se lever de notre vivant !"
[h3]Les Enfants des Brumes [/h3]
Les seuls habitants de Tula à demeurer silencieux -au moins devant eux- étaient ces fameux enfants des brumes dont on leur avait parlé, et qu'ils avaient rencontré la veille sur le ponton. On pouvait les voir patrouiller par groupe de deux ou surveiller les alentours. Ils semblaient toujours occupés, toujours en chemin d'un point à un autre ou immobile et silencieux scrutant la jungle. Même les autres habitants leurs passaient devant comme s'ils ne les voyaient pas, personne n'allait leur parler ou leur faire signe.
Il arrivait qu'un petit groupe sorte de Tula avec des chasseurs, des cueilleurs ou juste entre eux. Quelques heures plus tard ils reviennent avec leurs prises. Ceux qui, comme Zorehmeh, portent un collier en forme de serpent ne quittent jamais leur poste autour du totem.[/quote]
Semi-rapport de la journée au village :
J’ai fait les étals des marchés, les objets que j’ai pu trouver et commercer via le troc sont typiquement turaliens. Que ce soit les outils ou les bijoux, c’est très coloré, je suis conquise.
Au niveau de la nourriture, j’en ai profité pour aussi aller… examiner. Je mens, je me suis évidemment empressée de goûter des plats et je vous en ai rapporté sur la table.
J’ai cependant noté de petites choses : ils se nourrissent de poissons et de fruits, les "enfant des brumes" sortent pour aller chasser avec d’autres chasseurs, certains sont même chasseurs eux-mêmes. Ils ont aussi quelques carrés de culture.
Toutefois, j’aimerais porter votre attention sur quelque chose de moins commun : ils ont du blé et de la farine en très grande quantité et, croyez-moi, pour en avoir fait pousser pendant 20 ans, sans soleil ou avec le peu qu’ils en ont, tout ça acompagné de l'humidité, c’est quasi impossible. J’en déduis donc qu’ils commercent plus que ce qu’ils veulent bien nous dire.
Par la suite, j’ai discuté avec les habitants, vous me connaissez, j’aime parler !
Ils n’ont jamais rien vécu en rapport avec l’apocalypse, ou du moins ils ne l’ont pas remarqué.
Le quetzacoalt est vu comme un demi-dieu, un maître, qui les protège du "devoreur". Cependant, il est très absent, ce qui ne change rien à leur amour pour lui.
Ils ne sont en aucun cas malheureux ou n’en donnent pas l’air.
D’après eux, nous allons changer quelque chose chez eux. Ils ont l’air un peu tristes quand ils en parlent.
Ma dernière entrée de ce rapport concerne la légende de la brume dont nous avons entendu parler :
Ils en savent assez peu sur cette légende, mais leur "maitre", le quetzacoalt, est revenu d’une longue absence "physique" il y a deux ans et a annoncé la venue d’émissaires d’une tribu "soeurs" venant de l’autre bout du monde et qui "vincrai" le "devoreur". La brume pourrait alors enfin se lever.
Je suis heureuse de toutes ces découvertes !
Quila Haamir.
[quote]Quila Haamir
[quote]Semi-rapport de la journée au village :
J’ai fait les étals des marchés, les objets que j’ai pu trouver et commercer via le troc sont typiquement turaliens. Que ce soit les outils ou les bijoux, c’est très coloré, je suis conquise.
Au niveau de la nourriture, j’en ai profité pour aussi aller… examiner. Je mens, je me suis évidemment empressée de goûter des plats et je vous en ai rapporté sur la table.
J’ai cependant noté de petites choses : ils se nourrissent de poissons et de fruits, les "enfant des brumes" sortent pour aller chasser avec d’autres chasseurs, certains sont même chasseurs eux-mêmes. Ils ont aussi quelques carrés de culture.
Toutefois, j’aimerais porter votre attention sur quelque chose de moins commun : ils ont du blé et de la farine en très grande quantité et, croyez-moi, pour en avoir fait pousser pendant 20 ans, sans soleil ou avec le peu qu’ils en ont, tout ça acompagné de l'humidité, c’est quasi impossible. J’en déduis donc qu’ils commercent plus que ce qu’ils veulent bien nous dire.
Par la suite, j’ai discuté avec les habitants, vous me connaissez, j’aime parler !
Ils n’ont jamais rien vécu en rapport avec l’apocalypse, ou du moins ils ne l’ont pas remarqué.
Le quetzacoalt est vu comme un demi-dieu, un maître, qui les protège du "devoreur". Cependant, il est très absent, ce qui ne change rien à leur amour pour lui.
Ils ne sont en aucun cas malheureux ou n’en donnent pas l’air.
D’après eux, nous allons changer quelque chose chez eux. Ils ont l’air un peu tristes quand ils en parlent.
Ma dernière entrée de ce rapport concerne la légende de la brume dont nous avons entendu parler :
Ils en savent assez peu sur cette légende, mais leur "maitre", le quetzacoalt, est revenu d’une longue absence "physique" il y a deux ans et a annoncé la venue d’émissaires d’une tribu "soeurs" venant de l’autre bout du monde et qui "vincrai" le "devoreur". La brume pourrait alors enfin se lever.
Je suis heureuse de toutes ces découvertes !
Quila Haamir.[/quote][/quote]
Extrait des carnets de voyage Turaliens tenus par Ivanhault
[...] Les villageois fréquentent le marché autant pour troquer le surplus que pour s'échanger les nouvelles. Nous sommes naturellement la nouvelle du moment. Tandis que j'examinai les produits locaux utilisés en cuisine et en concoctions - sans surprise, nombre de plantes d'eau mais également quelques minerais - je bénéficiai d'une tolérance bienveillante. On m'indiqua bientôt le nom d'un vieux guérisseur qui utilise dans ses remèdes ce qu'il nomme la toloatzin. Si mes yeux ne m'abusent point, nous la connaissons sous le nom de Datura metel. Je ne l'avais jusque là rencontrée que dans des livres. Conformément aux principes de la théorie des signatures - à laquelle je ne souscris point mais qui se révèle occasionnellement juste - elle convient en très petites doses pour soigner les affections pulmonaires, depuis la bronchite à l'asthme. Plus étonnant, les feuilles semblent pouvoir être fumées. En sus de ses applications médicales, elle possède des propriétés hallucinogènes mises en application dans le traitement des affections mentales. Il est possible que notre délire commun de la première nuit soit lié à cette particularité.
La toloatzin, dans le cas d'une manipulation imprudente des doses, s'avère un poison mortel ; aussi rares sont les particuliers autorisés à en posséder chez eux. Le vieux maître guérisseur, semble être celui qui gère ces permissions. [...]
[quote]Ivanhault
[justify][h4]Extrait des carnets de voyage Turaliens tenus par Ivanhault[/h4]
[...] [i]Les villageois fréquentent le marché autant pour troquer le surplus que pour s'échanger les nouvelles. Nous sommes naturellement la nouvelle du moment. Tandis que j'examinai les produits locaux utilisés en cuisine et en concoctions - sans surprise, nombre de plantes d'eau mais également quelques minerais - je bénéficiai d'une tolérance bienveillante. On m'indiqua bientôt le nom d'un vieux guérisseur qui utilise dans ses remèdes ce qu'il nomme la toloatzin. Si mes yeux ne m'abusent point, nous la connaissons sous le nom de Datura metel. Je ne l'avais jusque là rencontrée que dans des livres. Conformément aux principes de la théorie des signatures - à laquelle je ne souscris point mais qui se révèle occasionnellement juste - elle convient en très petites doses pour soigner les affections pulmonaires, depuis la bronchite à l'asthme. Plus étonnant, les feuilles semblent pouvoir être fumées. En sus de ses applications médicales, elle possède des propriétés hallucinogènes mises en application dans le traitement des affections mentales. Il est possible que notre délire commun de la première nuit soit lié à cette particularité.
La toloatzin, dans le cas d'une manipulation imprudente des doses, s'avère un poison mortel ; aussi rares sont les particuliers autorisés à en posséder chez eux. Le vieux maître guérisseur, semble être celui qui gère ces permissions.[/i] [...][/justify][/quote]
Lerith
Il y a 7 mois et 2 semaines
Entretien avec un "demi-dieu" Ce n'est qu'aux premières lueurs de l'aube, plusieurs heures après leur arrivée à Tula, que Meleth et Noah quittèrent la salle du trône par la grande porte, mais pas seuls. Les quelques habitants encore debout et les gardes firent silence et s'inclinèrent sur le passage de Quetzalcóatl qui mena le duo jusque dans les hauteurs de l'arbre. Ney fut le seul témoin "étranger" de ce passage mais put constater que ses deux camarades ne semblaient ni blessés, ni même contrariés. Noah était silencieux comme à son habitude mais Meleth semblait fascinée par ce qu'elle voyait et la conversation qu'ils tenaient avec le maître des lieux.
Aucun des trois ne réapparut de la journée mais quand le soleil déclina au-dessus des arbres -toujours à travers le voile de brume- Meleth et Noah descendirent enfin, ayant visiblement pu dormir eux aussi mais pas seulement à voir leur accoutrement local semblable au tissus que portait le demi dieu lui-même lors de leur rencontre. |  |
[quote]Lerith
[table][tr][td][h3] Entretien avec un "demi-dieu" [/h3]
Ce n'est qu'aux premières lueurs de l'aube, plusieurs heures après leur arrivée à Tula, que Meleth et Noah quittèrent la salle du trône par la grande porte, mais pas seuls. Les quelques habitants encore debout et les gardes firent silence et s'inclinèrent sur le passage de Quetzalcóatl qui mena le duo jusque dans les hauteurs de l'arbre. Ney fut le seul témoin "étranger" de ce passage mais put constater que ses deux camarades ne semblaient ni blessés, ni même contrariés. Noah était silencieux comme à son habitude mais Meleth semblait fascinée par ce qu'elle voyait et la conversation qu'ils tenaient avec le maître des lieux.
Aucun des trois ne réapparut de la journée mais quand le soleil déclina au-dessus des arbres -toujours à travers le voile de brume- Meleth et Noah descendirent enfin, ayant visiblement pu dormir eux aussi mais pas seulement à voir leur accoutrement local semblable au tissus que portait le demi dieu lui-même lors de leur rencontre. [/td]
[td][img]https://i.goopics.net/yahier.png[/img][/td][/tr][/table][/quote]
Lerith
Il y a 7 mois et 2 semaines
Celui qui se cache dans la Brume
Après le Cœur du Torrent, le temple d'Ori et le Miroir de Glace, Quetzalcóatl nous a montré l'Œil des Brumes au sommet de Tula. C'est par là que nous avons ouvert la quatrième porte vers Ouran. Il ne souhaite pas perdre de temps et nous a confié la raison de son empressement. Le gardien du peuple Ulekele est vieux, très vieux. Trop vieux d'après ses propres paroles, et indigne de vivre plus longtemps que nécessaire. Je ne me permettrais aucun jugement dans mon rapport quelle que soit mon opinion ; je suis à peine surprise qu'il fut aussi prompt à tout nous révéler. Je crois que d'une certaine façon il attend depuis bien trop longtemps de recevoir son châtiment.
Celle qui a hésité à en parler, c'est moi, mais Noah a su me convaincre que nos camarades ne devraient pas être tenus à l'écart de la vérité même si elle est déplaisante et que cela ne leur apportera rien.
Bien que son apparence m'ait effrayée au début, Quetzalcóatl n'est pas mauvais il est même profondément bon si on le compare à ceux que nous avons rencontré avant lui. Le squelette, l'imaginaire autour du crâne dans la culture locale, n'est pas symbole de deuil mais de renouveau. D'ailleurs, le "jour des morts" est une fête joyeuse à Tula. Ils festoient en l'honneur de ceux qui ne sont plus, dansent, rient, et célèbrent la mort comme une amie proche. Cette introduction n'est pas sans raison. Je passerais sur les rites funéraires locaux qui consistent à découper le corps, incinérer le cœur lors d'une cérémonie et ensuite jeter les os, lavés, dans la rivière pour Quetzalcóatl.
Il n'a jamais été vraiment humain, contrairement à ce que dit la légende, mais il vit parmi eux depuis toujours en se servant de leurs os pour se reconstituer à l'infini. Comme les autres gardiens, il a enseigné à ses "enfants" Ulekele un fragment de son pouvoir. Ainsi sont nés les Fils de la Brume.
Autre correction à la légende : l'empire Yok Huy n'a pas été la raison de leur isolement, bien qu'à l'époque la menace était réelle. Ce qui a poussé Quetzalcóatl à faire ce qu'il a fait c'est le Dévoreur. Il a fait ce qu'il a cru devoir faire. Je ne dis pas cela pour l'excuser mais une part de moi comprend ce qu'il a pu ressentir et au fait qu'il juge ce sacrifice nécessaire.
Le Dévoreur est apparu ici au Tural, peut-être pour la toute première fois je ne sais pas mais c'était bien avant d'être invoqué à Golmorre. Ma théorie est qu'il a été attiré par le pouvoir qui a dû se manifester en grande quantité à l'époque où les Yok Huy et les Ulekele se sont affrontés. Quetzalcóatl l'a vu dans les étoiles et il a senti qu'il ne pourrait rien faire pour l'arrêter, de la même manière que Thlaloc n'a rien fait pour mes sœurs et que la Dame de Givre n'a rien fait pour les Jokün. Mais Quetzalcóatl est le plus humain d'entre tous, il ne pouvait pas rester sans rien faire alors il a sacrifié son propre corps et ceux de tous ses enfants pour noyer cette partie de la jungle dans un brouillard éternel que même le Dévoreur ne pourrait pas traverser. Ivanhault n'a pas idée à quel point il disait la vérité quand il parlait de la brume comme d'une créature vivante. C'est le cas, et c'est même pire encore. La brume doit être nourrie. Tous ceux qui s'y perdent depuis tout ce temps servent à l'alimenter. Quand ils meurent, elle absorbe leurs ossements. Et quand il n'y a pas assez de cadavres, les habitants de Tula ont recours au sacrifice humain. Voilà pourquoi les Fils de la Brume ne sauvent personne, ils laissent la jungle et la brume tuer les voyageurs égarés. Sauf parfois, quand Quetzalcóatl ramène un survivant au village. J'ai posé la question. Il m'a répondu. Il dit que parfois c'est trop difficile, même pour lui. Il vit avec cette culpabilité. Il attend de nous que nous détruisions le Dévoreur afin qu'il puisse enfin lever la brume qui protège son peuple, et mourir définitivement avec elle.
Le peuple Ulekele n'ignore rien même s'ils n'en parlent pas. Noah a demandé pourquoi les Fils de la Brume gardent le silence. Je crois qu'il avait une idée de la réponse mais qu'il voulait en avoir le cœur net. Les Fils de la Brume maîtrisent d'excellentes techniques de camouflage. Ils parviennent à étouffer le son de leurs voix, de leurs pas, et même de leurs armes. Mais s'ils ont fait vœu de silence c'est par respect pour tous ceux qui sont allés se perdre dans la brume, volontairement ou pas, étrangers ou non.
Nous avons beaucoup à apprendre d'eux. Pendant les prochaines semaines, nous allons nous entraîner avec eux. Quetzalcóatl nous a donné un talisman qui nous permettra de retrouver Tula dans la brume lorsque nous survolerons la jungle.
Meleth
[quote]Lerith
[h2]Celui qui se cache dans la Brume [/h2]
Après le Cœur du Torrent, le temple d'Ori et le Miroir de Glace, Quetzalcóatl nous a montré l'Œil des Brumes au sommet de Tula. C'est par là que nous avons ouvert la quatrième porte vers Ouran. Il ne souhaite pas perdre de temps et nous a confié la raison de son empressement. Le gardien du peuple Ulekele est vieux, très vieux. Trop vieux d'après ses propres paroles, et indigne de vivre plus longtemps que nécessaire. Je ne me permettrais aucun jugement dans mon rapport quelle que soit mon opinion ; je suis à peine surprise qu'il fut aussi prompt à tout nous révéler. Je crois que d'une certaine façon il attend depuis bien trop longtemps de recevoir son châtiment.
Celle qui a hésité à en parler, c'est moi, mais Noah a su me convaincre que nos camarades ne devraient pas être tenus à l'écart de la vérité même si elle est déplaisante et que cela ne leur apportera rien.
Bien que son apparence m'ait effrayée au début, Quetzalcóatl n'est pas mauvais il est même profondément bon si on le compare à ceux que nous avons rencontré avant lui. Le squelette, l'imaginaire autour du crâne dans la culture locale, n'est pas symbole de deuil mais de renouveau. D'ailleurs, le "jour des morts" est une fête joyeuse à Tula. Ils festoient en l'honneur de ceux qui ne sont plus, dansent, rient, et célèbrent la mort comme une amie proche. Cette introduction n'est pas sans raison. Je passerais sur les rites funéraires locaux qui consistent à découper le corps, incinérer le cœur lors d'une cérémonie et ensuite jeter les os, lavés, dans la rivière pour Quetzalcóatl.
Il n'a jamais été vraiment humain, contrairement à ce que dit la légende, mais il vit parmi eux depuis toujours en se servant de leurs os pour se reconstituer à l'infini. Comme les autres gardiens, il a enseigné à ses "enfants" Ulekele un fragment de son pouvoir. Ainsi sont nés les Fils de la Brume.
Autre correction à la légende : l'empire Yok Huy n'a pas été la raison de leur isolement, bien qu'à l'époque la menace était réelle. Ce qui a poussé Quetzalcóatl à faire ce qu'il a fait c'est le Dévoreur. Il a fait ce qu'il a cru devoir faire. Je ne dis pas cela pour l'excuser mais une part de moi comprend ce qu'il a pu ressentir et au fait qu'il juge ce sacrifice nécessaire.
Le Dévoreur est apparu ici au Tural, peut-être pour la toute première fois je ne sais pas mais c'était bien avant d'être invoqué à Golmorre. Ma théorie est qu'il a été attiré par le pouvoir qui a dû se manifester en grande quantité à l'époque où les Yok Huy et les Ulekele se sont affrontés. Quetzalcóatl l'a vu dans les étoiles et il a senti qu'il ne pourrait rien faire pour l'arrêter, de la même manière que Thlaloc n'a rien fait pour mes sœurs et que la Dame de Givre n'a rien fait pour les Jokün. Mais Quetzalcóatl est le plus humain d'entre tous, il ne pouvait pas rester sans rien faire alors il a sacrifié son propre corps et ceux de tous ses enfants pour noyer cette partie de la jungle dans un brouillard éternel que même le Dévoreur ne pourrait pas traverser. Ivanhault n'a pas idée à quel point il disait la vérité quand il parlait de la brume comme d'une créature vivante. C'est le cas, et c'est même pire encore. La brume doit être nourrie. Tous ceux qui s'y perdent depuis tout ce temps servent à l'alimenter. Quand ils meurent, elle absorbe leurs ossements. Et quand il n'y a pas assez de cadavres, les habitants de Tula ont recours au sacrifice humain. Voilà pourquoi les Fils de la Brume ne sauvent personne, ils laissent la jungle et la brume tuer les voyageurs égarés. Sauf parfois, quand Quetzalcóatl ramène un survivant au village. J'ai posé la question. Il m'a répondu. Il dit que parfois c'est trop difficile, même pour lui. Il vit avec cette culpabilité. Il attend de nous que nous détruisions le Dévoreur afin qu'il puisse enfin lever la brume qui protège son peuple, et mourir définitivement avec elle.
Le peuple Ulekele n'ignore rien même s'ils n'en parlent pas. Noah a demandé pourquoi les Fils de la Brume gardent le silence. Je crois qu'il avait une idée de la réponse mais qu'il voulait en avoir le cœur net. Les Fils de la Brume maîtrisent d'excellentes techniques de camouflage. Ils parviennent à étouffer le son de leurs voix, de leurs pas, et même de leurs armes. Mais s'ils ont fait vœu de silence c'est par respect pour tous ceux qui sont allés se perdre dans la brume, volontairement ou pas, étrangers ou non.
Nous avons beaucoup à apprendre d'eux. Pendant les prochaines semaines, nous allons nous entraîner avec eux. Quetzalcóatl nous a donné un talisman qui nous permettra de retrouver Tula dans la brume lorsque nous survolerons la jungle.
[right][b]Meleth[/b][/right][/quote]
Lerith
Il y a 4 mois et 3 jours
4. Ame no Ko
Quetzalcóatl avait dit que les astres s'aligneraient au premier crépuscule de la nouvelle année pour consulter les étoiles des sept gardiens d'Ouran. Selon ses dires, en consultant cet oracle qui n'apparait qu'une fois l'an, il pourra nous indiquer la direction du prochain village caché. Il affirme qu'ils le sont tous car le Dévoreur n'en est pas à son premier éveil. Golmorre était sensée nous cacher, nous aussi. Et l'Archipel d'Ori ? Je me questionne encore. Je me demande s'ils n'ont pas été les premiers qu'il a dévoré, ce qui aura eu pour seul point positif de prévenir les autres. Quetzalcóatl peine à se souvenir, il est certain qu'à une époque lointaine il pouvait leur parler. Mais cela remonte à si loin que sa mémoire n'y parvient plus.
Il y aura une cérémonie dans quelques jours, suivie d'un rituel. J'ai toujours le talisman pour nous repérer dans la brume, je pourrais venir chercher ceux qui voudront y assister à Tuliyollal. Je vous tiendrais au courant de ce que nous aurons appris à mon retour.
Meleth
[quote]Lerith
[center][h1]4. Ame no Ko[/h1]
[/center]
Quetzalcóatl avait dit que les astres s'aligneraient au premier crépuscule de la nouvelle année pour consulter les étoiles des sept gardiens d'Ouran. Selon ses dires, en consultant cet oracle qui n'apparait qu'une fois l'an, il pourra nous indiquer la direction du prochain village caché. Il affirme qu'ils le sont tous car le Dévoreur n'en est pas à son premier éveil. Golmorre était sensée nous cacher, nous aussi. Et l'Archipel d'Ori ? Je me questionne encore. Je me demande s'ils n'ont pas été les premiers qu'il a dévoré, ce qui aura eu pour seul point positif de prévenir les autres. Quetzalcóatl peine à se souvenir, il est certain qu'à une époque lointaine il pouvait leur parler. Mais cela remonte à si loin que sa mémoire n'y parvient plus.
Il y aura une cérémonie dans quelques jours, suivie d'un rituel. J'ai toujours le talisman pour nous repérer dans la brume, je pourrais venir chercher ceux qui voudront y assister à Tuliyollal. Je vous tiendrais au courant de ce que nous aurons appris à mon retour.
[right][b]Meleth[/b][/right][/quote]
Lerith
Il y a 3 mois et 4 semaines
L'Oracle des Brumes
Vanish, Adira, Rose, Prima, Ney, Silius et Ivanhault nous ont rejoint Tula pour assister au rituel. Quetzalcóatl les a accueilli avec autant de gentillesse que la première fois. Je crois que malgré son visage terrifiant, il a montré une fois de plus qu'il est le plus humain des sept gardiens de l'héritage d'Ouran. Silius a pu faire des photos. Si je n'avais pas été accaparée par la raison de notre présence ici j'aurais pu en faire, cela me permettrait de garder un souvenir de lui quand il ne sera plus là. Je parle de Quetzalcóatl, pas de Silius !
L'oracle s'est présenté dans le bassin d'eau noire, exactement comme au temple du serpent à Golmorre. Je me questionne toujours sur la façon dont cette eau nous relie malgré sa dangerosité. Si elle a permit à nos peuples jadis de communiquer. Je me souviens des premières apparitions de Noah dans mon esprit, c'était à travers l'eau noire. Et quand j'ai revu Lhei dans la rivière, c'était aussi l'eau noire. Cette eau doit pouvoir générer une sorte de portail par un moyen qu'on ignore. Je ne suis pas une spécialiste de la question mais je réfléchis à tout un tas d'hypothèses pouvant nous mettre sur la voie.
Des étoiles sont apparues à la surface, une constellation semblait se refléter bien qu'il n'y ai aucune ouverture au-dessus de nos têtes. Cette constellation formait un symbole que nous connaissons. Nous avons bu l'eau noire, Noah et moi. Nos sens se sont brouillés et bien que j'entende sa voix qui résonnait en écho à l'intérieur de ma tête je n'avais plus aucune conscience de ce qui se passait autour de nous.
 |
"Quatre ont survécu et descendu le fleuve jusqu'à la mer. Quatre sont entrés ici, et quatre chemins différents me sont apparus. Celui d'une Arpenteuse, d'un Veilleur, d'un Chasseur et d'une Sentinelle."
"D'autres avant vous ont entrepris ce voyage à la recherche de nos racines.
Ils ont tous disparu. C'est en les cherchant par-delà le monde pour les ramener en sécurité que l'Arpenteuse trouvera sa propre voie."
"Le Veilleur, dont le cœur noyé de reproches qu'il se fait à lui-même, cherche encore à expier ce qu'il juge comme une faute envers les siens. Sa flèche ne doit plus ôter la vie, mais guider les survivants vers une terre nouvelle."
"Loin à l'Est, où le crépuscule de feu rencontre celui que la montagne crache dans la mer, un peuple caché qui détient le secret que convoite la Sentinelle avide de vengeance : le sentier de la pluie."
"Quant au chasseur, je le vois qui se renforce jour après jour tandis qu'en son sein grandit le mal qu'il a jadis tenu en échec. Son avenir... Je ne vois rien d'autre que l'obscurité. A moins que la vague qui l'emporte le ramène ensuite sur le rivage."

|
Ainsi nos chemins se séparent pour l'heure. Tandis que je poursuis ma quête pour venger les nôtres, Lhei devra voyager afin de trouver les survivants des autres villages, découvrir ce qui est arrivé au peuple d'Ori et peut-être les autres enfants d'Ouran qui ont entrepris ce voyage avant nous. Elle apprendra les différentes voie de l'eau à leur contact. Luka veillera sur elle, et sur ceux qu'ils trouveront. Quant à Noah, nous savons que l'ombre du Dévoreur le ronge de l'intérieur depuis longtemps. Je sens sa faim, cette violence qu'il fait son possible pour réfréner à travers ses entraînements constants et la chasse au monstre. Mais Quetzalcóatl nous l'a dit, il ne tiendra pas éternellement.
Quetzalcóatl non plus. Il fatigue, il économise ses forces plutôt que de recourir au sacrifice qui nourrit la brume. Je ne suis pas naïve au point de croire que nous pourrons trouver les derniers villages cachés et détruire le Dévoreur avant que d'autres morts surviennent, mais je lui ai promis de faire de mon mieux. Que le prochain sacrifice soit le dernier pour le peuple Ulekele, que ce gardien accablé par le remord et le chagrin puisse enfin trouver le repos éternel et le pardon auquel il aspire.
Ney va rester s'entraîner quelques temps à Tula. Comme Eizen, il souhaite apprendre des Fils de la Brume même s'il sait qu'il n'aura pas les mêmes capacités au départ. Il gagnera en discrétion, en camouflage, déplacement silencieux. Cela ne pourra que lui servir j'en suis certaine.
C'est donc à l'Est que se poursuivra notre voyage, sur le sentier de la Pluie.
Meleth
[quote]Lerith
[h2]L'Oracle des Brumes [/h2]
Vanish, Adira, Rose, Prima, Ney, Silius et Ivanhault nous ont rejoint Tula pour assister au rituel. Quetzalcóatl les a accueilli avec autant de gentillesse que la première fois. Je crois que malgré son visage terrifiant, il a montré une fois de plus qu'il est le plus humain des sept gardiens de l'héritage d'Ouran. Silius a pu faire des photos. Si je n'avais pas été accaparée par la raison de notre présence ici j'aurais pu en faire, cela me permettrait de garder un souvenir de lui quand il ne sera plus là. Je parle de Quetzalcóatl, pas de Silius !
L'oracle s'est présenté dans le bassin d'eau noire, exactement comme au temple du serpent à Golmorre. Je me questionne toujours sur la façon dont cette eau nous relie malgré sa dangerosité. Si elle a permit à nos peuples jadis de communiquer. Je me souviens des premières apparitions de Noah dans mon esprit, c'était à travers l'eau noire. Et quand j'ai revu Lhei dans la rivière, c'était aussi l'eau noire. Cette eau doit pouvoir générer une sorte de portail par un moyen qu'on ignore. Je ne suis pas une spécialiste de la question mais je réfléchis à tout un tas d'hypothèses pouvant nous mettre sur la voie.
Des étoiles sont apparues à la surface, une constellation semblait se refléter bien qu'il n'y ai aucune ouverture au-dessus de nos têtes. Cette constellation formait un symbole que nous connaissons. Nous avons bu l'eau noire, Noah et moi. Nos sens se sont brouillés et bien que j'entende sa voix qui résonnait en écho à l'intérieur de ma tête je n'avais plus aucune conscience de ce qui se passait autour de nous.
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[td]
[center] [img]https://i.ibb.co/XZktJT2y/separateur.png[/img]
[i][b]"Quatre ont survécu et descendu le fleuve jusqu'à la mer. Quatre sont entrés ici, et quatre chemins différents me sont apparus. Celui d'une Arpenteuse, d'un Veilleur, d'un Chasseur et d'une Sentinelle."
"D'autres avant vous ont entrepris ce voyage à la recherche de nos racines.
Ils ont tous disparu. C'est en les cherchant par-delà le monde pour les ramener en sécurité que l'Arpenteuse trouvera sa propre voie."
"Le Veilleur, dont le cœur noyé de reproches qu'il se fait à lui-même, cherche encore à expier ce qu'il juge comme une faute envers les siens. Sa flèche ne doit plus ôter la vie, mais guider les survivants vers une terre nouvelle."
"Loin à l'Est, où le crépuscule de feu rencontre celui que la montagne crache dans la mer, un peuple caché qui détient le secret que convoite la Sentinelle avide de vengeance : le sentier de la pluie."
"Quant au chasseur, je le vois qui se renforce jour après jour tandis qu'en son sein grandit le mal qu'il a jadis tenu en échec. Son avenir... Je ne vois rien d'autre que l'obscurité. A moins que la vague qui l'emporte le ramène ensuite sur le rivage." [/b][/i]
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Ainsi nos chemins se séparent pour l'heure. Tandis que je poursuis ma quête pour venger les nôtres, Lhei devra voyager afin de trouver les survivants des autres villages, découvrir ce qui est arrivé au peuple d'Ori et peut-être les autres enfants d'Ouran qui ont entrepris ce voyage avant nous. Elle apprendra les différentes voie de l'eau à leur contact. Luka veillera sur elle, et sur ceux qu'ils trouveront. Quant à Noah, nous savons que l'ombre du Dévoreur le ronge de l'intérieur depuis longtemps. Je sens sa faim, cette violence qu'il fait son possible pour réfréner à travers ses entraînements constants et la chasse au monstre. Mais Quetzalcóatl nous l'a dit, il ne tiendra pas éternellement.
Quetzalcóatl non plus. Il fatigue, il économise ses forces plutôt que de recourir au sacrifice qui nourrit la brume. Je ne suis pas naïve au point de croire que nous pourrons trouver les derniers villages cachés et détruire le Dévoreur avant que d'autres morts surviennent, mais je lui ai promis de faire de mon mieux. Que le prochain sacrifice soit le dernier pour le peuple Ulekele, que ce gardien accablé par le remord et le chagrin puisse enfin trouver le repos éternel et le pardon auquel il aspire.
Ney va rester s'entraîner quelques temps à Tula. Comme Eizen, il souhaite apprendre des Fils de la Brume même s'il sait qu'il n'aura pas les mêmes capacités au départ. Il gagnera en discrétion, en camouflage, déplacement silencieux. Cela ne pourra que lui servir j'en suis certaine.
C'est donc à l'Est que se poursuivra notre voyage, sur le sentier de la Pluie.
[right][b]Meleth[/b][/right][/quote]
Lerith
Il y a 2 semaines et 4 jours
De l'aide auprès des Kojins
Cela fait maintenant plusieurs années que je fréquente les kojins. La Mer de Rubis est un excellent terrain d'entraînement, il y a suffisamment de grands espaces entre les récifs pour ne déranger personne et la compagnie de ces bons nageurs est plaisante. Ils m'ont toujours fait bon accueil, depuis ma toute première visite. Leur présenter mes camarades de façon plus officielle fut un plaisir, encore plus lorsque leurs yeux se sont agrandi d'un coup à la vue du dôme de protection et du paysage sous-marin. Certains ont dégluti, ne sachant pas encore la fiabilité de ces protections. Nous ne risquons rien.
Pendant qu'ils visitaient, je suis allé voir Toro mon principal contact. Le temps que je lui expose la situation et qu'il me suggère de partager mon histoire avec les autres kojins afin d'obtenir leur aide, mes amis avaient déjà commencé à enquêter de leur côté. Au milieu des trésors exposés dans le sanctuaire de Tamamizu, Ney a découvert un objet ancien portant le symbole des tribus descendant d'Ouran. Kabuto a été en mesure de lui apporter quelques informations supplémentaires à son sujet : il vient d'Amenoko, un village qui a été détruit il y a plusieurs décennies (peut être plus d'un siècle) sans que l'on sache ce qui leur est arrivé. De l'île sur laquelle ils vivaient ne reste plus grand chose. Bunchin a parlé à Ganelon d'un vieux temple en ruines au sommet d'un ilot pas plus grand que l'île de Bekko. Par chance, il a pu nous indiquer l'emplacement sur une carte avec pas mal de précision. La mémoire kojin est remarquable.
J'ai quand même pris le temps de raconter l'histoire d'Ouran, du moins celle que je connais, pour les kojins et aussi pour ceux qui se sont joint à cette quête sans avoir trop d'informations. Nous avons passé un bon moment et Ney m'a apporté le bâton de pluie. Il l'avait échangé contre son diadème de Gardebois en guise de "caution" pour un emprunt. Les kojins se sont montrés particulièrement sensibles à ce geste ; ils connaissent la valeur d'un trésor et c'en est un. Moi aussi, cela m'a touché. Quelle que soit l'utilité de cet artefact dans notre enquête nous le rapporteront à Tamamizu lorsque ce sera terminé, que Ney puisse récupérer ce qui lui appartient.
C'est un objet particulier. Un bâton de pluie en bois vernis (que les kojins ont remarquablement bien entretenus) trouvé dans les fonds marins il y a une vingtaine d'années approximativement, dans les environs d'Amenoko. A première vue il est ornemental, bien trop sculpté et décoré pour servir d'instrument de loisir. La cordelette qui l'entoure, longue et bien serrée, me fait penser à ces objets rituels que les prêtres orientaux gardent dans leurs temples. Hanbei avait l'habitude de nouer ses talismans avec et les kojins scellent des contenants de la même façon, plus par superstition que réelle efficacité, mais cela doit avoir un sens, non ?
A l'usage, Ivanhault et Quila ont détecté quelque chose dans sa sonorité. C'est un bel ouvrage, très travaillé qui transmet plus qu'un "son de pluie". Ce serait un langage propre, à deux voix, encore indéfinissable mais il "parle" d'une certaine façon. Une sorte de message enregistré ? Curieux comme procédé mais pourquoi pas.
Quoi que ce soit, cela a affecté Ney qui a eu une absence pendant quelques secondes. Il dit qu'il s'est senti "habité" par quelque chose qui a vu et entendu à travers lui. Je ne sais pas encore si je dois m'inquiéter. |  |
Amenoko se trouve à l'extrême Est de la Mer de Rubis. Avec les raies kojins, il nous faudra une bonne heure pour l'atteindre mais nous avons besoin que les kojins nous prêtent suffisamment de raies pour le voyage, et aussi de la bénédiction des eaux pour ceux qui ne l'ont pas encore. Nous allons rester quelques jours ici à cet effet. Zukin ne manque pas de travail pour les aventuriers et Takotsubo semble avoir déjà pris sous son aile Nazah, Ri'leyh et Ulysse pour leur parler des raies rayées qu'il entraîne avec Makura. Dès demain, tout le monde aura trouvé comment s'occuper j'en suis sure.
Toro et quelques autres kojins nous ont offert l'hospitalité mais ceux qui ne sont pas à l'aise à l'idée de dormir sous la surface de l'eau sont remontés planter leurs tentes à l'air libre. Pas trop haut, si l'on veut éviter les bucorves. Nous n'allons pas nous ennuyer !
Meleth
[quote]Lerith
[h2] De l'aide auprès des Kojins [/h2]
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Cela fait maintenant plusieurs années que je fréquente les kojins. La Mer de Rubis est un excellent terrain d'entraînement, il y a suffisamment de grands espaces entre les récifs pour ne déranger personne et la compagnie de ces bons nageurs est plaisante. Ils m'ont toujours fait bon accueil, depuis ma toute première visite. Leur présenter mes camarades de façon plus officielle fut un plaisir, encore plus lorsque leurs yeux se sont agrandi d'un coup à la vue du dôme de protection et du paysage sous-marin. Certains ont dégluti, ne sachant pas encore la fiabilité de ces protections. Nous ne risquons rien.
Pendant qu'ils visitaient, je suis allé voir Toro mon principal contact. Le temps que je lui expose la situation et qu'il me suggère de partager mon histoire avec les autres kojins afin d'obtenir leur aide, mes amis avaient déjà commencé à enquêter de leur côté. Au milieu des trésors exposés dans le sanctuaire de Tamamizu, Ney a découvert un objet ancien portant le symbole des tribus descendant d'Ouran. Kabuto a été en mesure de lui apporter quelques informations supplémentaires à son sujet : il vient d'Amenoko, un village qui a été détruit il y a plusieurs décennies (peut être plus d'un siècle) sans que l'on sache ce qui leur est arrivé. De l'île sur laquelle ils vivaient ne reste plus grand chose. Bunchin a parlé à Ganelon d'un vieux temple en ruines au sommet d'un ilot pas plus grand que l'île de Bekko. Par chance, il a pu nous indiquer l'emplacement sur une carte avec pas mal de précision. La mémoire kojin est remarquable.
[table][tr][td]J'ai quand même pris le temps de raconter l'histoire d'Ouran, du moins celle que je connais, pour les kojins et aussi pour ceux qui se sont joint à cette quête sans avoir trop d'informations. Nous avons passé un bon moment et Ney m'a apporté le bâton de pluie. Il l'avait échangé contre son diadème de Gardebois en guise de "caution" pour un emprunt. Les kojins se sont montrés particulièrement sensibles à ce geste ; ils connaissent la valeur d'un trésor et c'en est un. Moi aussi, cela m'a touché. Quelle que soit l'utilité de cet artefact dans notre enquête nous le rapporteront à Tamamizu lorsque ce sera terminé, que Ney puisse récupérer ce qui lui appartient.
C'est un objet particulier. Un bâton de pluie en bois vernis (que les kojins ont remarquablement bien entretenus) trouvé dans les fonds marins il y a une vingtaine d'années approximativement, dans les environs d'Amenoko. A première vue il est ornemental, bien trop sculpté et décoré pour servir d'instrument de loisir. La cordelette qui l'entoure, longue et bien serrée, me fait penser à ces objets rituels que les prêtres orientaux gardent dans leurs temples. Hanbei avait l'habitude de nouer ses talismans avec et les kojins scellent des contenants de la même façon, plus par superstition que réelle efficacité, mais cela doit avoir un sens, non ?
A l'usage, Ivanhault et Quila ont détecté quelque chose dans sa sonorité. C'est un bel ouvrage, très travaillé qui transmet plus qu'un "son de pluie". Ce serait un langage propre, à deux voix, encore indéfinissable mais il "parle" d'une certaine façon. Une sorte de message enregistré ? Curieux comme procédé mais pourquoi pas.
Quoi que ce soit, cela a affecté Ney qui a eu une absence pendant quelques secondes. Il dit qu'il s'est senti "habité" par quelque chose qui a vu et entendu à travers lui. Je ne sais pas encore si je dois m'inquiéter. [/td]
[td][img]https://i.postimg.cc/kXkXB88y/Amenoko.png[/img][/td][/tr][/table]
Amenoko se trouve à l'extrême Est de la Mer de Rubis. Avec les raies kojins, il nous faudra une bonne heure pour l'atteindre mais nous avons besoin que les kojins nous prêtent suffisamment de raies pour le voyage, et aussi de la bénédiction des eaux pour ceux qui ne l'ont pas encore. Nous allons rester quelques jours ici à cet effet. Zukin ne manque pas de travail pour les aventuriers et Takotsubo semble avoir déjà pris sous son aile Nazah, Ri'leyh et Ulysse pour leur parler des raies rayées qu'il entraîne avec Makura. Dès demain, tout le monde aura trouvé comment s'occuper j'en suis sure.
Toro et quelques autres kojins nous ont offert l'hospitalité mais ceux qui ne sont pas à l'aise à l'idée de dormir sous la surface de l'eau sont remontés planter leurs tentes à l'air libre. Pas trop haut, si l'on veut éviter les bucorves. Nous n'allons pas nous ennuyer !
[right][b]Meleth[/b][/right][/quote]
Lerith
Il y a 5 jours et 8 heures
Le Sentier de la Pluie

Amenoko a bien été détruit par le Dévoreur il y a plus de vingt ans. Ce village jadis situé à la fois sur et sous la mer, sur les berges d'une île à l'extrême Est de la Mer de Rubis, n'était plus que ruines lorsque nous sommes arrivés. Le silence pesait autour de nous, et nous n'entendions que le clapotis d'une pluie régulière au-dessus de nous tandis que nous nagions vers l'intérieur de la structure de ce qui fut un dôme de protection semblable à Tamamizu. L'épave trouvée toute proche ne laissa que peu d'espoir quant au sort de ceux qui auraient tenté de fuir. Son aura m'a figé, Ney l'a senti aussi. Nous n'avons pas osé y entrer mais Wendy a trouvé dans le sable une tablette ancienne. C'est une carte, assez grossière, qu'Ivanhault est en train de déchiffrer afin de savoir précisément où il tentaient de se rendre.
Dans l'ancien sanctuaire de Shuangbaotai, nous avons présenté nos respect aux ancêtres et au gardien de ces lieux. Grâce aux offrandes jumelles, l'entité jumelle nous est apparue et nous a guidé à sa manière vers la résolution d'une énigme et une première compréhension des techniques d'illusion de cette tribu. Nous sommes parvenu à ouvrir le message, et prendre connaissance de leur dernières paroles :
A ceux qui viendront après, s'il en est encore en vie.
Nous, enfants de la Pluie, avons migré si longtemps que nous en avions oublié ce que nous devions chercher... ou fuir. Shuāngbāotāi veillait sur nous, curieux et joueur. Jusqu'à ce que nos ancêtres s'établissent sur cette île. Nous y vécûment des jours paisibles jusqu'à ce que l'ombre nous trouve.
D'abord, ce furent nos enfants qui ne rentraient plus de leurs voyages initiatiques. Puis, ce fut lui que le plus chanceux aperçut non loin de nos côtés.
Nos illusions ne le retiendront pas longtemps. Les bateaux doivent partir. Nous avons oublié la migration, les anciens sentiers ont disparu. Si la source de la montagne existe encore, nos frères de l'ouest nous accueilleront peut être et leur force liée à l'eau qui jaillit du sol nous protègera. C'est là que nous devons aller.
Shuāngbāotāi doit être protégé. Nos dernières forces protègeront celui qui ira demander l'aide de la princesse qui vit dans le palais des profondeurs de la Mer de Rubis.
Si l'un de nos enfants a survécu, s'il revient ici, qu'il cherche à l'ouest.
Malheureusement, ils n'ont pas réussi à fuir. Eizen a découvert l'ultime illusion persistant sur l'île grâce à la magie du gardien. Nous avons découvert les ossements humains éparpillés dans les ruines le long de la plage. Nous avons passé la nuit à les ramasser afin de leur offrir une sépulture décente. Mais si Shuangbaotai est en vie, cela voulait dire que le messager envoyé au Palais des Marées Violettes avait réussi à s'enfuir. C'est à Sui-no-Sato que nous l'avons rencontré et qu'il nous a délivré plus d'informations sur son peuple, sa culture, et son destin.
Un peuple migrateur
Nous savons désormais que les Enfants de la Pluie étaient jadis un peuple migrateur, qui s'est peu à peu sédentarisé. Ils ont trouvé sur l'île d'Amenoko un foyer qu'ils ont occupé pendant plusieurs siècles, sans oublier leurs anciennes traditions. Ils conservaient leurs vieilles cartes et transmettaient leur savoir sur les autres tribus sous forme de poèmes, les fameux haikus. Lorsqu'ils atteignaient l'âge adulte, les jeunes quittaient le village pour une période de deux ans. Ce voyage initiatique leur permettait d'élargir leur connaissance du monde, et dans le meilleur des cas de rentrer avec un futur compagnon ou compagne qui viendrait enrichir la culture d'Amenoko (et aussi de limiter les risques de consanguinité, probablement).
Au fur et à mesure que le clan s'est sédentarisé, les jeunes sont partit de moins en moins loin et suivaient plus ou moins le même parcours avec quelques variantes en fonction des préférences et du niveau de courage.
C'est en ne les voyant plus rentrer ni envoyer de nouvelles que la peur s'est manifestée. La méconnaissance de la menace et la difficulté, toute humaine, à prendre conscience du danger et l'idée d'abandonner leur terre leur a fait perdre un temps précieux. Il serait facile, après coup, de dire qu'ils auraient eu le temps de fuir s'ils avaient réagi à temps mais à leur place qu'aurions-nous fait ? Il n'y a personne à blâmer, je pense.
Le prisme de la pluie
Les Enfants de la Pluie sont des illusionnistes. Raiu, le survivant qui a porté l'autel de Shuangbaotai sous la protection de la Princesse de Rubis, a accepté de dispenser son savoir et d'entraîner ceux qui le désirent bien que cela me concerne principalement.
L'eau courbe la lumière, c'est un phénomène connu. Les prêtres d'Amenoko s'en servent comme d'un prisme afin de créer des mirages. La théorie parait simple : si un prisme peut scinder la lumière en une infinité de couleurs (comme un arc en ciel), imaginez ce que peuvent faire des centaines, voir des milliers de prismes minuscules que sont les gouttes d'eau d'une averse. Plus la pluie est fine, plus le mirage est étendu, plus elle est drue plus le mirage est consistant. Elle ne dure cependant que le temps de l'averse et dépend de la météo, aucun individu ne peut faire pleuvoir, quelque soit son pouvoir.
La deuxième difficulté vient de l'harmonisation, sans surprise. Même pour moi qui suis naturellement liée à l'eau, pouvoir maîtriser en même temps chaque goutte d'eau une à une afin de former, et de maintenir, toute une illusion dans un périmètre donné... c'est un niveau bien au-dessus de tout ce que je l'ai pu acquérir jusqu'à maintenant. L'eau noire et l'eau claire demandaient de la volonté pour résister à leur influence. Le miroir de glace, cela demandait surtout de la prudence et de la mesure. La brume, c'était de la concentration, le développement de sens. Là, c'est du contrôle pur, la capacité à maintenir un puzzle en place sans le moindre support et un environnement agité. Plus il y a de pièces, plus c'est difficile. Ce sera long, très long.
Shuangbaotai
Le gardien jumeaux d'Amenoko est né des deux enfants jumeaux que j'ai vu à Ouran. Ils sont morts très jeunes, cela explique leur mode de communication particulier et leur attitude enfantine. Ils ne sont pas bons ou mauvais, ils n'ont pas de notion de devoir ou de responsabilité. Ils protègent ceux qu'ils apprécient, font des erreurs et des maladresses comme des enfants le feraient, comme lorsqu'ils ont caché les cadavres à nos yeux pour nous éviter une déception. Ils dégagent un sentiment de simplicité, sans doute ont-il donné à leurs prêtres le désir sincère de les protéger car c'est ainsi qu'ils ont péri, dans les bras de leur frère protecteur.
Nous en saurons peut être plus en les rencontrant directement au Palais des Marées Violettes. Leur apparence, du peu que nous avons entrevu quand l'illusion s'est levée, est celle de deux carpes koï bleu et argent, ou argent et bleu, l'une portant une gemme blanche et l'autre noire sur le front.
Retour en Eorzea
Le savoir des anciens d'Amenoko nous sera transmis. Ils avaient connaissance de l'existence des sept gardiens au travers de leurs haikus, ce qui confirme notre théorie évoquée à Tula selon laquelle il fut un temps où certains ont pu communiquer entre eux, voir se rencontraient. Les Enfants de la Pluie savaient pour la Tribu du Torrent Noir, pour les prêtresses de l'eau claire, pour le Miroir de Glace et les Fils de la Brume. Je pense que leurs migrations d'autrefois ont été le lien entre nous, qui s'est peu à peu effacé quand ils ont cessé de voyager. Ce n'est qu'une théorie, nous ne saurons jamais l'exacte vérité à moins de remonter le temps.
Ils ont aussi des poèmes qui parlent des deux dernières tribus. Celle qu'ils voulaient rejoindre, les Guerriers de la Source, vivraient dans les souterrains d'un autre volcan. La carte trouvée près de l'épave indique le nord de Vylbrand. Les ancêtres parlaient de puissants combattant dont la force semblable à celle de l'eau jaillissant du sol pouvait briser la roche. C'est sans doute le prince guerrier de ma vision, celui qui a tenté de protéger les jumeaux dans un élan de désespoir. Pas étonnant que les Enfants de la Pluie aient voulu se tourner vers lui dans leurs derniers instants. Ceux qui m'inquiètent plus, ce sont les Seigneurs du Sang qui semblent avoir été exclus, au moins par Amenoko. Si mon compte est juste, leur gardien est né du seigneur d'Ouran. Les textes parlent de rivière souterraine et de marais vicié, de techniques impies qui altèrent les sens, inoculent des poisons à travers l'eau dans le sang voir pire, contrôlent les corps. Selon les ancêtres de Raiu, ce sont des tortionnaires qui enseignent dans la douleur. Ivanhault avait donc raison et cela m'effraie d'autant plus que pour vaincre le Dévoreur je n'aurais pas d'autre choix que d'acquérir ce savoir à mon tour. Il sera toujours temps d'y repenser.
Pour l'heure, je dois m'entraîner au maniement des prismes. Ce qui ne sera pas une mince affaire.
Meleth
[quote]Lerith
[h2] Le Sentier de la Pluie [/h2]
[img]https://i.postimg.cc/3NJXJ2g1/Sans-titre.png[/img]
Amenoko a bien été détruit par le Dévoreur il y a plus de vingt ans. Ce village jadis situé à la fois sur et sous la mer, sur les berges d'une île à l'extrême Est de la Mer de Rubis, n'était plus que ruines lorsque nous sommes arrivés. Le silence pesait autour de nous, et nous n'entendions que le clapotis d'une pluie régulière au-dessus de nous tandis que nous nagions vers l'intérieur de la structure de ce qui fut un dôme de protection semblable à Tamamizu. L'épave trouvée toute proche ne laissa que peu d'espoir quant au sort de ceux qui auraient tenté de fuir. Son aura m'a figé, Ney l'a senti aussi. Nous n'avons pas osé y entrer mais Wendy a trouvé dans le sable une tablette ancienne. C'est une carte, assez grossière, qu'Ivanhault est en train de déchiffrer afin de savoir précisément où il tentaient de se rendre.
Dans l'ancien sanctuaire de Shuangbaotai, nous avons présenté nos respect aux ancêtres et au gardien de ces lieux. Grâce aux offrandes jumelles, l'entité jumelle nous est apparue et nous a guidé à sa manière vers la résolution d'une énigme et une première compréhension des techniques d'illusion de cette tribu. Nous sommes parvenu à ouvrir le message, et prendre connaissance de leur dernières paroles :
[quote]A ceux qui viendront après, s'il en est encore en vie.
Nous, enfants de la Pluie, avons migré si longtemps que nous en avions oublié ce que nous devions chercher... ou fuir. Shuāngbāotāi veillait sur nous, curieux et joueur. Jusqu'à ce que nos ancêtres s'établissent sur cette île. Nous y vécûment des jours paisibles jusqu'à ce que l'ombre nous trouve.
D'abord, ce furent nos enfants qui ne rentraient plus de leurs voyages initiatiques. Puis, ce fut lui que le plus chanceux aperçut non loin de nos côtés.
Nos illusions ne le retiendront pas longtemps. Les bateaux doivent partir. Nous avons oublié la migration, les anciens sentiers ont disparu. Si la source de la montagne existe encore, nos frères de l'ouest nous accueilleront peut être et leur force liée à l'eau qui jaillit du sol nous protègera. C'est là que nous devons aller.
Shuāngbāotāi doit être protégé. Nos dernières forces protègeront celui qui ira demander l'aide de la princesse qui vit dans le palais des profondeurs de la Mer de Rubis.
Si l'un de nos enfants a survécu, s'il revient ici, qu'il cherche à l'ouest.[/quote]
Malheureusement, ils n'ont pas réussi à fuir. Eizen a découvert l'ultime illusion persistant sur l'île grâce à la magie du gardien. Nous avons découvert les ossements humains éparpillés dans les ruines le long de la plage. Nous avons passé la nuit à les ramasser afin de leur offrir une sépulture décente. Mais si Shuangbaotai est en vie, cela voulait dire que le messager envoyé au Palais des Marées Violettes avait réussi à s'enfuir. C'est à Sui-no-Sato que nous l'avons rencontré et qu'il nous a délivré plus d'informations sur son peuple, sa culture, et son destin.
[h4] Un peuple migrateur [/h4]
Nous savons désormais que les Enfants de la Pluie étaient jadis un peuple migrateur, qui s'est peu à peu sédentarisé. Ils ont trouvé sur l'île d'Amenoko un foyer qu'ils ont occupé pendant plusieurs siècles, sans oublier leurs anciennes traditions. Ils conservaient leurs vieilles cartes et transmettaient leur savoir sur les autres tribus sous forme de poèmes, les fameux haikus. Lorsqu'ils atteignaient l'âge adulte, les jeunes quittaient le village pour une période de deux ans. Ce voyage initiatique leur permettait d'élargir leur connaissance du monde, et dans le meilleur des cas de rentrer avec un futur compagnon ou compagne qui viendrait enrichir la culture d'Amenoko (et aussi de limiter les risques de consanguinité, probablement).
Au fur et à mesure que le clan s'est sédentarisé, les jeunes sont partit de moins en moins loin et suivaient plus ou moins le même parcours avec quelques variantes en fonction des préférences et du niveau de courage.
C'est en ne les voyant plus rentrer ni envoyer de nouvelles que la peur s'est manifestée. La méconnaissance de la menace et la difficulté, toute humaine, à prendre conscience du danger et l'idée d'abandonner leur terre leur a fait perdre un temps précieux. Il serait facile, après coup, de dire qu'ils auraient eu le temps de fuir s'ils avaient réagi à temps mais à leur place qu'aurions-nous fait ? Il n'y a personne à blâmer, je pense.
[h4] Le prisme de la pluie [/h4]
Les Enfants de la Pluie sont des illusionnistes. Raiu, le survivant qui a porté l'autel de Shuangbaotai sous la protection de la Princesse de Rubis, a accepté de dispenser son savoir et d'entraîner ceux qui le désirent bien que cela me concerne principalement.
L'eau courbe la lumière, c'est un phénomène connu. Les prêtres d'Amenoko s'en servent comme d'un prisme afin de créer des mirages. La théorie parait simple : si un prisme peut scinder la lumière en une infinité de couleurs (comme un arc en ciel), imaginez ce que peuvent faire des centaines, voir des milliers de prismes minuscules que sont les gouttes d'eau d'une averse. Plus la pluie est fine, plus le mirage est étendu, plus elle est drue plus le mirage est consistant. Elle ne dure cependant que le temps de l'averse et dépend de la météo, aucun individu ne peut faire pleuvoir, quelque soit son pouvoir.
La deuxième difficulté vient de l'harmonisation, sans surprise. Même pour moi qui suis naturellement liée à l'eau, pouvoir maîtriser en même temps chaque goutte d'eau une à une afin de former, et de maintenir, toute une illusion dans un périmètre donné... c'est un niveau bien au-dessus de tout ce que je l'ai pu acquérir jusqu'à maintenant. L'eau noire et l'eau claire demandaient de la volonté pour résister à leur influence. Le miroir de glace, cela demandait surtout de la prudence et de la mesure. La brume, c'était de la concentration, le développement de sens. Là, c'est du contrôle pur, la capacité à maintenir un puzzle en place sans le moindre support et un environnement agité. Plus il y a de pièces, plus c'est difficile. Ce sera long, très long.
[h4] Shuangbaotai [/h4]
Le gardien jumeaux d'Amenoko est né des deux enfants jumeaux que j'ai vu à Ouran. Ils sont morts très jeunes, cela explique leur mode de communication particulier et leur attitude enfantine. Ils ne sont pas bons ou mauvais, ils n'ont pas de notion de devoir ou de responsabilité. Ils protègent ceux qu'ils apprécient, font des erreurs et des maladresses comme des enfants le feraient, comme lorsqu'ils ont caché les cadavres à nos yeux pour nous éviter une déception. Ils dégagent un sentiment de simplicité, sans doute ont-il donné à leurs prêtres le désir sincère de les protéger car c'est ainsi qu'ils ont péri, dans les bras de leur frère protecteur.
Nous en saurons peut être plus en les rencontrant directement au Palais des Marées Violettes. Leur apparence, du peu que nous avons entrevu quand l'illusion s'est levée, est celle de deux carpes koï bleu et argent, ou argent et bleu, l'une portant une gemme blanche et l'autre noire sur le front.
[h4] Retour en Eorzea [/h4]
Le savoir des anciens d'Amenoko nous sera transmis. Ils avaient connaissance de l'existence des sept gardiens au travers de leurs haikus, ce qui confirme notre théorie évoquée à Tula selon laquelle il fut un temps où certains ont pu communiquer entre eux, voir se rencontraient. Les Enfants de la Pluie savaient pour la Tribu du Torrent Noir, pour les prêtresses de l'eau claire, pour le Miroir de Glace et les Fils de la Brume. Je pense que leurs migrations d'autrefois ont été le lien entre nous, qui s'est peu à peu effacé quand ils ont cessé de voyager. Ce n'est qu'une théorie, nous ne saurons jamais l'exacte vérité à moins de remonter le temps.
Ils ont aussi des poèmes qui parlent des deux dernières tribus. Celle qu'ils voulaient rejoindre, les Guerriers de la Source, vivraient dans les souterrains d'un autre volcan. La carte trouvée près de l'épave indique le nord de Vylbrand. Les ancêtres parlaient de puissants combattant dont la force semblable à celle de l'eau jaillissant du sol pouvait briser la roche. C'est sans doute le prince guerrier de ma vision, celui qui a tenté de protéger les jumeaux dans un élan de désespoir. Pas étonnant que les Enfants de la Pluie aient voulu se tourner vers lui dans leurs derniers instants. Ceux qui m'inquiètent plus, ce sont les Seigneurs du Sang qui semblent avoir été exclus, au moins par Amenoko. Si mon compte est juste, leur gardien est né du seigneur d'Ouran. Les textes parlent de rivière souterraine et de marais vicié, de techniques impies qui altèrent les sens, inoculent des poisons à travers l'eau dans le sang voir pire, contrôlent les corps. Selon les ancêtres de Raiu, ce sont des tortionnaires qui enseignent dans la douleur. Ivanhault avait donc raison et cela m'effraie d'autant plus que pour vaincre le Dévoreur je n'aurais pas d'autre choix que d'acquérir ce savoir à mon tour. Il sera toujours temps d'y repenser.
Pour l'heure, je dois m'entraîner au maniement des prismes. Ce qui ne sera pas une mince affaire.
[right][i][b]Meleth[/b][/i][/right]
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