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Les Mystères du Torrent

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Lerith Il y a 3 mois et 2 semaines


Prologue



"Il ne cessera jamais de te poursuivre, tant qu'il n'aura pas dévoré jusqu'à la dernière Fille du Torrent."



On a raconté beaucoup de choses sur moi, ce que je suis et d'où je viens. Pendant longtemps j'ai cru être la seule, en tout cas la dernière. Ma mémoire n'est revenue que tardivement avec les souvenirs de ceux qui ont survécu cette nuit-là. Je passerais sur les détails qui m'ont conduit à cette révélation, l'Apocalypse et toutes ces péripéties ayant mené au départ de cette nouvelle aventure. Tenons-nous en ici aux faits et au présent. Pour ceux qui voudront connaître un peu plus de mon histoire, je vous invite à consulter les documents de la bibliothèque sur la Terre des Torrents et la jungle de Golmorre où je suis née.
Lerith Il y a 3 mois et 2 semaines

1. Enfants de l'Eau


Je vis aujourd'hui dans une chaumière à Sombrelinceuil avec la dernière de mes sœurs encore en vie, Lhei, qui a quitté la Mère-Forêt quelques années après moi. Notre vie est paisible. Elle mène ses propres aventures et je lui raconte les miennes lorsque je rentre de voyage. Ce quotidien est entrecoupé de visites de nos deux derniers Fils du Torrents, les deux frères qui ont survécu au Dévoreur, Noah et Luka. Ils vivent dans les bois où ils apprennent à connaître la Sylve et à s'en faire accepter lune après lune. L'hiver, lorsque le temps se rafraichit, ils rentrent vivre avec nous car le climat Eorzéen ne leur permet pas cette vie d'errance tropicale à laquelle Golmorre et notre peuple les avaient habitué. Ils nous aident comme ils peuvent et, à leur manière, nous enseignent ce que notre tribu n'a pas eu le temps de nous offrir quand nous étions petites.



Mais ce qui vous intéresse, c'est de savoir comment nous nous sommes mit en quête de la cité d'Ouran. Tout a commencé lorsque Lhei et Luka, alors membres de la Rose des Vents, ont découvert lors d'une mission dans l'Archipel d'Ori, l'entrée d'un temple sous-marin abandonné. Le peuple qui avait vécu ici s'était éteint depuis longtemps mais ce qui a attisé leur curiosité sont les bas-reliefs similaires au temple de l'Oracle, sur nos terres natales. Nous y sommes retournés dans l'espoir d'en apprendre plus, et avec une seule question en tête : 

"Est-il possible qu'il existe d'autres peuples, d'autres tribus comme la notre, en dehors de Golmorre ?"

Dans le temple, nous avons confirmé la forte similarité entre ce qui ressemblait à une semi-divinité nommée "Mélune" et la créature représentée sous l'étoile de Westhar dans le temple de l'Oracle. Si Thlaloc représente l'eau noire à travers le torrent sauvage et indomptable qui balaye tout sur son passage sans aucune distinction, Mélune représentait l'eau claire, calme et purifiante, qui sépare les maux du corps et brûle les péchés. L'un comme l'autre sont liés à la notion de Foi et complémentaires. Le temple d'Ori affichait lui aussi un certain nombre de motifs rappelant Thlaloc. Et sur un mur de pierre, derrière l'autel, un cristal semblable à celui qui se trouve tout au fond de notre sanctuaire, le Cœur du Torrent. Sauf que celui-ci n'était pas protégé par une couche de cristaux élémentaires empêchant d'y accéder. Nous l'avons touché, et nous avons ouvert un portail.

Le peuple Nagas

De l'autre côté, nous nous sommes retrouvés à l'intérieur d'un temple au fond de la mer, une salle scellée éclairée par des marimos dont la coupole vitrée nous permettait tout juste d'apercevoir les ruines imposantes et les formes aqueuses ondulant autour du bâtiment. Les lieux sont habités par des nixes dont le chef, très grand et coiffé d'une couronne de bulles, s'est présenté comme le peuple Nagas, derniers gardiens de la cité d'Ouran et enfermés dans le temple depuis plus d'un millénaire. Il leur est impossible de sortir de cette salle où jadis demeurait la source du pouvoir des Enfants de l'Eau et qui fut perdue quand la cité fut engloutie. Ils ne savent ni où ils sont, ni comment sortir, mais ont déjà reçu la visite d'autres comme nous par le passé, environ une fois tous les deux ou trois siècles.
Le Roi Nagas nous a présenté sept portails dont seulement deux étaient actifs : celui du Cœur du Torrent, et celui du Cercle Lunaire que nous venions d'activer. Selon ses dires, il s'agit de sept tribus portant l'héritage d'Ouran et qui sont parvenues, d'une façon ou d'une autre, à ouvrir un passage vers eux grâce à leur gardien.

Nous avions notre réponse. Non seulement il existe d'autres peuples comme la Tribu du Torrent, mais aussi cinq autres gardiens semblables à Thlaloc et Mélune. Notre quête de savoir a commencé de cette façon. Au début, nous voulions simplement parcourir le monde et rencontrer petit à petit ces autres tribus qui nous raconteraient leur histoire. Nous étions curieux de connaître la succession d'évènements qui avait conduit les héritiers ancienne civilisation à se disperser et à fonder différentes tribus jusque dans les lieux les plus improbables, voir les plus inaccessibles. C'était sans compter sur notre ennemi, le Dévoreur.
Ce que nous avons appris dans le Cercle Lunaire, le pouvoir grandissant de Lhei qui a très vite su maîtriser les vertus de l'eau claire, et diverses péripéties lors de nos mandats respectifs, alimentent son appétit insatiable. Et nous savons à présent que nous ne sommes plus ses seules cibles.
Lerith Il y a 3 mois et 2 semaines

2. Jokün


Quand j'ai parlé de mes premières recherches, et que j'ai montré aux autres le dessin qu'a fait Ivanhault de ce que nous cherchons et qu'il a vu à travers son sextant, Lhei s'est tout de suite montrée enthousiaste. Malheureusement il n'y a que peu d'informations sur la Mer du Nord dans nos archives -si ce n'est Ilirslaent- et le Maelstrom nont plus ne dispose que de cartes de navigations certes utiles, mais pas aussi précises pour ce qu'il nous faut trouver. Les falaises, les glaciers et les cavernes à moitié submergées il doit en exister des dizaines, peut-être des centaines, dans cette partie du monde. Nous avions besoin de plus d'informations et c'est Luka -contre toute attente- qui a suggéré l'île du savoir qui se trouve être aussi en Mer du Nord. Suggéré ne voulait pas nécessairement dire heureux à l'idée mais c'est un voyage que nous devions faire ensemble.
Nous avons prévenu nos compagnies libres respectives, et nous sommes partit pour Sharlayan sur un navire du transport civil depuis Limsa Lominsa, avec des vêtements chauds et le nécessaire de voyage jugé utile pour cette aventure dans le grand nord.


Le bateau est arrivé au port sous la neige, le froid s'est bien installé maintenant. L'immense statue de Thalyak déverse son eau dans la mer, faisant mousser l'écume qui vient ensuite cogner contre la coque en blocs de sel gelés tandis que la brume générée par le remous, au contact de l'air froid se change en tout petits flocons qui volent dans tous les sens.
C'est ce paysage qui nous a accueilli, ça et aussi la douane toujours aussi stricte, je l'aurais presque oubliée depuis que je peux prendre l'ethérite pour venir à Sharlayan et puis ce n'est pas comme si j'y allais souvent. C'est la... troisième, ou quatrième fois ?
Pour Lhei, ça n'a pas été trop compliqué elle est sociable mais pour Noah il aura fallu lui arracher de la bouche chaque mot pour donner les informations demandées, et Luka n'a guère été plus aimable même s'il a moins rechigné à donner son nom, son métier et la raison de sa présence. Quand la question du simple bout de papier qui sépare les voyageurs légaux des clandestins a été abordée cela a été le signal du repli, Lhei a saisi la manche de Luka et direction l'ethérite puis le Noumène ; nous aurons le temps de visiter un peu la ville plus tard.

Ce qui m'impressionnera toujours à Sharlayan, c'est le calme constant. Si je fais le parallèle avec Limsa Lominsa et même ishgard qui est pourtant gelée et austère, il y a toujours de l'animation dans la rue, c'est bruyant. Sharlayan est paisible, tout le monde étudie ou discute de travaux, de recherches ou -plus récent- des nouvelles du Monde. Les seuls éclats de voix que l'on peut entendre sont parfois quelques débats scientifiques ou politiques à un coin de rue mais c'est tout de même déconcertant et contagieux à la fois. Ces fontaines un peu partout m'apaisent, Thalyak est une divinité de l'eau après tout et il y a un lien entre cet élément de Sharlayan. Cela vaudrait peut-être le coup que je m'y penche davantage un jour.

Je n'ai jamais fait de recherches au Noumène auparavant, et même si vivre avec Valorius m'a habitué et appris à aimer les livres, j'en aurais presque le vertige à regarder en bas dans ce bâtiment, et pas à cause de la profondeur. S'il fallait éplucher tous ces documents nous en aurions pour des lunes ! Une telle concentration de document a nécessité un conseil de tribu dès la porte d'entrée. On a dû nous regarder bizarrement quand j'y repense...
Nous avions besoin d'une carte précise, qui recense les grottes sous-marine connues de la Mer du Nord mais pour réduire le champ de recherches il nous fallait aussi des informations sur les populations locales, savoir si l'une ou l'autre de ces cultures ou si une mythologie de la Mer du Nord faisait référence au symbole du Torrent -du moins ce que nous, considérons ainsi- et dans la foulée, tout ce qui pourrait concerner des phénomènes surnaturels et bien sur la présence d'eau dans chacun de ces sujets.
Nous avions le dessin d'Ivanhault, c'est un petit plus qui pouvait aussi servir à préciser davantage le paysage recherché.
Il y avait un peu d'attente au comptoir, qui pourrait croire que même en soirée il y ai autant de monde dans une bibliothèque. Il faut être à Sharlayan pour voir cela. Prise dans nos discussions pour mettre de l'ordre dans nos idées et préparer une demande claire pour le bibliothécaire je n'ai pas vu qui se trouvait juste devant nous, jusqu'à ce qu'il se retourne et que Lhei et moi nous retrouvions nez à nez avec ce glaneur que j'avais percuté par accident lors de ma première visite à Sharlayan. Je suis restée sans voix, je crois que j'ai dû balbutier bêtement un "bonsoir" quand il nous a salué par politesse avant de se faufiler entre nous vers la sortie. Il ne doit pas se souvenir de moi mais comment pourrais-je oublier ? ... Je m'égare.
Le bibliothécaire nous a fait patienter un peu mais il nous a finalement remit une carte et un référencement des grottes sous-marines connues qui pourraient correspondre à ce que nous cherchons. Il nous a aussi apporté quelques livres sur les communautés, tribus et cultures locales, ainsi que des ouvrages plus techniques sur la géographie, la faune et la flore. Nous avions de quoi faire et nous sommes sorti étudier tout cela dans le parc, à la lumière d'un kiosque presque vide. Même la nuit c'est compliqué de trouver un espace vide pour étudier... ils n'arrêtent jamais ici ?
Les cartes, c'est mon truc donc j'ai étudié la région à partir du dessin et des données qu'on avait. Lhei a découvert dans l'un des livres sur la mythologie et la partie sur les différents cultes liés à l'eau l'existence de tribus dans l'extrême Nord de la Mer du Nord où a vécu le peuple d'origine de Nyunkrepf, un peu plus loin qu'Ilirslaent quand on regarde la carte. Ces tribus accordaient une grande importance à la mer sans surprise mais elle en a trouvé une avec le même symbole que le nôtre, qui croient en l'immortalité au travers de la mémoire et dont le guide spirituel se fait appeler la Dame de Givre. Cette tribu se fait appeler Jokün, et c'est aussi le nom de l'un des points marqués sur la carte où se trouve une grotte sous-marine. Luka a pu nous parler de ce qu'il a lu sur la région elle-même, particulièrement hostile et dangereuse, peu explorée les dernières informations datent d'une trentaine d'années. Je ne suis pas surprise, quand nous sommes allés à Ilirslaent les informations à Sharlayan dataient aussi alors plus loin au Nord... Il y a des risques d'accident dans la glace, des ours polaires, des orques, surement d'autres monstres mais Noah n'a pas vraiment trouvé d'informations précises sur les créatures sous-marines et les monstres légendaires du coin. Moi je me souviens de la baleine mécanique... je ne suis pas pressée.
C'est décidé, nous partons demain pour l'extrême nord de la Mer du Nord.

Je vais tâcher de nous trouver un transport pour aller le plus au Nord possible, au moins jusqu'à Ilirslaent. Nous allons réunir des vivres, des chocobos équipés pour le grand froid et du matériel pour le voyage. A Ilirslaent peut-être que nous pourrons demander un peu d'aide -je n'ose leur demander de leur prêter une de leurs montures mécaniques mais ça aiderait pas mal- puis nous irons à pied. Si la carte est bonne, il nous faudra deux, peut-être trois jours à dos de monture pour atteindre Jokün. Ce sera un voyage très difficile, mais je suis sure que ce qui se trouve au bout du chemin en vaut la peine.
Il est temps de dormir, le plus dur est encore devant nous.

Lerith Il y a 3 mois et 2 semaines

Trouver un navire qui part vers le Nord ne fut pas si difficile, mais aucun ne voulait s'aventurer là où nous devions nous rendre. Le plus téméraire que nous avons trouvé, pour quelques centaines de gils, nous a débarqué au pied d'un glacier, sur la banquise, à des centaines de malms de toute civilisation. Je ne sais plus combien de temps nous avons marché exactement, perdus dans ce froid du bout du monde, jusqu'à ce qu'enfin nous trouvions la route gelée. Il s'agit en réalité d'une rivière gelée, qui creuse le glacier et que nous avons suivi comme un sentier pendant encore un jour et une nuit avant d'entrevoir enfin la forme d'une arche de pierres.
La langue écrite sur ces reliefs nous est inconnue mais je crois avoir déjà vu des inscriptions similaires sur des tatouages roegadyns à Limsa Lominsa. Luka a voulu vérifier que nous étions bien au bon endroit et a tenté de voir le passé au travers du Miroir de Glace. Il est de loin le meilleur de nous quatre à cet exercice mais cette fois ce fut différent. Sans nous harmoniser, nous sentions son pouvoir affluer comme s'il était devenu palpable, visible à l’œil nu. L'expérience, aussi incroyable fut-elle, éveilla notre enthousiasme mais la vision que Luka nous a partagé effaça tout sourire de nos visages : des colonnes de réfugiés avaient quitté ces terres en grande hâte, des roegadyns pour la plupart. Cela ne ressemblait pas à une débâcle mais plutôt à une migration forcée qui datait de quelques semaines. Nous commencions à douter de trouver qui que ce soit de vivant à Jokün, et ne pouvions qu'espérer ne pas tomber sur un océan de cadavres noyés sous la glace.
Nous avons atteint le village à la fin du deuxième jour. Ivanhault ne l'avait pas vu avec son sextant, sans doute à cause du brouillard épais qui l'entoure en cette saison et les couches de neiges formant de véritables murs naturels. Mais la côte était telle qu'il me l'avait décrite et dessinée : de larges falaises au-dessus d'une mer gelée et une caverne où le vent hurlait juste derrière les palissades.
Nous étions gelés, épuisés, les chocobos à bout de forces et le village désert. A notre grand soulagement il ne semblait pas y avoir de morts. Les rues étaient vides, les maisons intactes et rangées comme si les habitants avaient pris le soin de préparer leurs affaires avant de partir. Ils avaient emporté peu de choses, ce qui trahissait une certaine urgence mais pas dans la panique. Nous nous sommes posés la question : avaient-ils prévu ce qui allait arriver, avaient-ils les moyens de le prévoir ? Nous nous doutions qu'ils avaient fui le Dévoreur, car les traces de son passage étaient encore là, résiduelles, mais bien là. Ils avaient fui afin de lui échapper, ils ne s'étaient même pas préparé à l'affronter. Pourtant, rien dans le village n'y faisait mention. Impossible de savoir s'ils étaient familiers à cette menace ou même en avaient entendu parler.
Le temps d'un repos nécessaire, malgré notre impatience, nous avons discuté de ce mystère. Si le miroir de glace peut donner la vision des évènements qui se sont passés dans un lieu, peut-il aussi donner une vision de l'avenir ? La théorie nous a d'abord semblé plausible, mais en discutant de la méthode il nous est apparu que c'est impossible puisque nous lisons des souvenirs. Par définition, un souvenir montre le passé, pas le futur. C'est totalement invraisemblable.

Nous avons repris notre route vers la caverne, et une fois à moins d'un yalm de l'eau Noah a eu comme un frisson d'angoisse. Cela ne lui arrive jamais. L'énergie était palpable et celle du Dévoreur stagnait dans cette eau comme un emballage en plastique abandonné sur la plage de Brumée. Dans ce contexte l'anecdote prête moins à sourire. Il était venu ici, et il n'avait pas trouvé de quoi se rassasier. Il s'était ensuite jeté contre la paroi à l'entrée de la caverne comme s'il avait voulu y entrer de force. De près, la glace laissait entrevoir de larges entailles faites par ses griffes. Il avait fracassé la porte ouverte, mais n'était pas entré. Pourquoi ? Nous avons hésité à notre tour. Si le Dévoreur ne s'y était pas risqué, devions-nous le faire ? Je ne sais plus lequel d'entre nous a finalement osé faire un pas en avant. Je crois que c'était Lhei. Et nous l'avons suivie dans l'obscurité.

Le Palais de Glace

Sans le vent qui nous mordait le visage, à l'intérieur de la caverne nous ressentions moins le froid. La lumière venait d'en haut, nous ne pouvions voir le ciel mais la lumière du jour se reflétait sur la glace jusqu'en bas pour éclairer notre chemin comme au travers d'un prisme séparant l'éclat blanc en une multitude de rayons multicolores. Nous marchions en silence, bouches bées devant une telle splendeur. Chaque coin où nos yeux se sont posé auraient mérité qu'un peintre en fasse une toile. Nous avons finalement atteint le cœur du sanctuaire, ou plutôt ce que nous pensions l'être sur le moment.
Cette salle était plus sombre que le reste de la caverne, pour cause qu'aucune lumière venue d'en haut ni aucun rayon coloré ne venait s'y refléter. Pourtant, on y voyait comme en plein jour car c'est de la glace elle-même que venait la lueur, LES lueurs. Cette pièce n'était qu'une succession d'alcôves de toutes dimensions parsemant la paroi gelée du sol au plafond, si peu espacées qu'elles se touchaient presque. Certaines faisaient la taille d'un roegadyn, voir de deux ou trois, tandis que dans d'autres je n'aurais pas pu y entrer ma main en entier. Encore fallait-il en mesurer la profondeur car toutes étaient scellées par un mur de glace épais et lisse comme un miroir. Au centre de cette salle, sept piliers dont cinq brisées trônaient en cercle, plantés dans le sol glissant. Lorsque nous nous approchâmes, attirés par nos propres reflets sur la glace à nos pieds, nous n'avons pas vu assez vite les silhouettes qui prenaient forme à l'intérieur des quatre piliers encore debout. Nous avons cru à d'autres reflets car il y avait d'autres similitudes, des traits raciaux, mais en fait elles ne nous ressemblaient pas. Ou plutôt si, ces spectres étaient une combinaison de nous quatre. Des viéras aux attributs types des Enfants du Torrents. Nous avons senti la menace, nos poils se hérisser dans notre nuque, et avons fait un bond en arrière au moment où une voix puissante et féminine résonnait tout autour de nous :

"QUI ENTRE ICI, ET PRÉTEND A PLONGER DANS LA MÉMOIRE D'UN PEUPLE ?"


Deux des piliers se sont brisés, un Fils et une Fille du Torrent sont apparu, leurs armes sorties. L'affrontement était inévitable mais notre instinct nous criait qu'il s'agissait d'une épreuve. Ces spectres portaient en eux la mémoire de notre tribu, celle que nous portons. Nous avons échangé un regard, et nous nous sommes battu ensemble.
Le récit du combat en lui-même n'apporterait rien de plus à mon histoire, si ce n'est que leurs aptitudes étaient bien semblables aux nôtres mais qu'il fut difficile de les surpasser. Lhei les a affaibli en changeant l'eau de sa gourde en vapeur, efficace contre la glace. Elle a achevé la Fille du Torrent spectrale qui s'est brisée sous nos yeux. Les hommes se sont battu comme des fauves. Quand l'autre tomba, nous n'avions presque plus de forces. Le repos que nous avions consenti à prendre avant de nous aventurer ici avait été bien trop léger, nous n'en pouvions plus.

Est alors apparue au fond de la salle une nouvelle alcôve jusque là si sombre que nous pensions qu'il s'agissait de la sortie. Elle s'est soudain recouverte de glace lisse et scintillante, plus que les autres alcôves qui nous entouraient. Pendant une poignée de secondes, nous nous sommes cru piégés, nous avions peut-être mal anticipé la confrontation. Mais rien de plus ne se produisit et nous avançâmes sans trop de méfiance. La surface du miroir était assez large pour que nous tenions tous les quatre en ligne devant. Nous avons contemplé notre reflet et l'un de nous y a posé sa main. Je crois que c'était moi. J'ai sursauté, et j'ai fit aux autres qu'elle était chaude. Lhei a eu un hoquet de surprise et pointé du doigt nos reflets à nouveau. Une cinquième silhouette avançait vers nous depuis l'autre côté du miroir.


La Dame de Givre semblait à la fois douce et froide.
C'est tout ce dont je me souviens avant d'avoir perdu connaissance.
Lerith Il y a 3 mois et 2 semaines

Le Palais de Glace

Nous nous sommes réveillés chacun dans une alcôve de l'autre côté du miroir, dans une salle plus petite mais faite entièrement de glace, pas une seule trace de roche ou d'un quelconque autre matériau. Après avoir repris nos esprits, nous réalisâmes qu'il ne faisait pas froid. La glace était tiède, presque chaude, et les blessures du combat commençaient à s'estomper. Perdus, nous avons rapidement fait le tour des lieux : aucune issue. Lhei sentait les vibrations en continu. Luka, le plus lié à la glace de nous quatre, percevait une magie puissante émanant de toute la pièce. Il m'a suffi de fermer les yeux pour percevoir un souvenir, plus fort et plus présent que lorsque j'invoque le miroir. J'ai alors réalisé que nous étions à l'intérieur d'un souvenir. Ce souvenir était précis, partagé par d'innombrables personnes différentes ayant vécu la même chose. Un souvenir si ancien, si fort et si présent qu'il ne pouvait être contenu dans une vulgaire flaque d'eau et occupait une salle entière.
J'étais à la fois sous le choc et émerveillée de voir combien l'ether mémoriel dont Silius m'avait parlé peut avoir de l'impact sur le monde physique jusqu'à façonner un lieu dans sa totalité.


De l'autre côté du grand miroir, Lhei a entraperçu la salle aux piliers par laquelle nous étions venus. Ce qui a confirmé que nous n'étions pas dans un genre de dimension miroir ou autre dinguerie du genre. Mais puisque nous avions été "conviés" en ces lieux, nous avons décidé tous les quatre de nous harmoniser ensemble avec la glace et ce souvenir probablement très important.

La Chute d'Ouran

Au beau milieu d'un océan à l'ouest, une petite île-cité scintillait tel un diamant flottant sur l'écume des vagues. Le pavé blanc et les hautes tours côtoyaient une luxuriante végétation mais contrôlée par la main de l'homme et une magie omniprésente, à une époque où la magie dominait tous les aspects de la vie quotidienne. Coraux et palmiers décoraient les plages de sable fin et une eau limpide où baignent quelques bateaux. Cette ville était peuplée d'elezens, un peu plus petits que ceux que nous connaissons en Eorzea. Leurs cheveux blonds cendré ou dans d'autres tons très pâles se fondent dans une masse d'habits blanc et bleu, parfois rehaussé d'un peu d'or ou d'argent. Tous vaquaient à leurs occupations, comme un jour ordinaire sous un magnifique soleil d'après-midi. Ils parlaient de tout et de rien, un peu de la guerre qui fait rage loin d'ici et de la paix qu'offre la vie insulaire à des centaines de malms des problèmes des autres... Ouran, c'est ainsi que se nomme cet endroit.
Soudain, une légère secousse surprend les habitants qui se regardent, incrédules. Ils n'ont pas le temps de s'interroger, voici qu'une autre plus forte se fait sentir, Des personnes tombent cette fois, on entend des objets se briser en tombant sur le sol. On croit à un tremblement de terre mais rien ne se passe pendant plusieurs minutes jusqu'à ce qu'un grondement terrible se fasse entendre au loin, à l'est où l'horizon s'assombrit, le vent se lève. Le calme revient, mais pas pour longtemps.
Dans chaque rue des hommes et des femmes remontent en courant vers la citadelle, le visage paniqué. Ceux qui tournent la tête pour voir ce qui les effraie à ce point retiennent leur souffle et se mettent à courir à leur tour. L'eau monte rapidement depuis le port, et des vagues de plus en plus hautes et puissantes emportent tout sur leur passage. Au balcon du grand palais le roi accoure, alerté par les hurlements de terreurs qui s'élèvent dans toute la cité, en quelques minutes le monde vient de basculer. Il est ahuri, en état de choc. A ses côtés un jeune homme demande ce qui se passe les yeux grands ouverts, à son cou comme à celui du roi un collier aux reflets d'un bleu similaire au yeux des Enfants du Torrent se met à briller. "Fais sonner le tocsin il est trop tard pour évacuer tout le monde !" s'écrie le roi.

Dans les rues, le chaos règne. Les vagues plus hautes que les toits balayent les rues, brisent les murs, emportes tout sur leur passage. La plupart des habitants ont déjà péri noyés où sous le poids des effondrements, les corps emportés par le courant. Ceux qui tentent de se sauver par leur maîtrise de l'eau sont balayés, impuissants face à un fléau d'une telle ampleur. Il est déjà trop tard pour beaucoup mais ceux qui parviennent à atteindre la citadelle s'engouffrent à l'intérieur du temple, guidés par d'autres jeunes gens portant le même collier que le roi ; ils sont cinq comptant celui qui porte l'armure. Au moment où une vague monstrueuse manque de s'abattre sur une mère et son bébé à quelques pas seulement de la porte, la reine apparait et se dresse entre eux et l'eau meurtrière les yeux irisés de la même lueur que son collier, elle aussi le porte, et son pouvoir semble immense car elle parvient à briser la vague en deux avant de se réfugier avec la femme et l'enfant à l'intérieur. Ils sont sauvés mais pour combien de temps ?
A l'intérieur du temple, les survivants se terrent dans l'angoisse. Rassemblés autour d'un globe gigantesque qui semble fait d'eau et imprégné d'une grande quantité d'ether, ils prient, implorent, serrent leurs enfants dans leurs bras en se demandant pourquoi, qui, comment cela a pu arriver. La sphère luit et pulse en résonance avec les bijoux de la famille royale.
Le roi, sa reine et leurs six enfants assistent les mages qui tentent de contenir l'eau à l'extérieur. Il fait de plus en plus noir, la seule lumière dans le temple provient maintenant du globe seul. Les citoyens le regardent sans cesse, comme si sa présence représentait leur dernier espoir, comme si près de lui ils pouvaient croire encore à une issue. On entend les vagues cogner contre les murs, puis le plafond de la citadelle, c'est comme si l'île toute entière s'enfonçait dans la mer. On lève les yeux à chaque secousse, on sanglote, on prie. L'eau va bien finir par se retirer, se dit-on, pourvu que les mages tiennent jusque là. Leurs majesté vont nous sauver par la grâce du Roi d'Azur qui veille sur notre cité. L'une des jeunes princesses lève les yeux vers le plafond en serrant ses mains contre sa poitrine chaque fois qu'elle entend le craquement de la pierre qui ne tiendra pas éternellement sous la pression de l'eau. Les autres tournent en rond leurs yeux rivés sur la moindre ouverture où les maîtres de l'eau tiennent encore par l'énergie du désespoir. Ils se savent piégés, muets de peur se raccrochant à un infime espoir, Mais nous savons, nous qui sommes nés longtemps après eux, que personne ne viendra les sauver et que l'eau ne se retirera pas, et nous les voyons ces visages, hommes, femmes et enfants dans leurs derniers instants.

Ce fut rapide, brutal. La voûte a fini par céder, le plafond s'est effondré sur lui-même dans un torrent d'eau et de débris. Les mages ont lâché instantanément et l'eau s'est engouffrée de toutes parts. L'ultime tentative vint des deux souverains tendant leurs bras pour retenir la catastrophe et protéger leur peuple et leur famille sous un dôme qui ne tint pas plus de quelques secondes, le temps de plonger leur regard dans les yeux de l'autre et comprendre que c'est la fin. L'une des filles prend les bras de deux de ses frères en implorant le Roi d'Azur, les deux jumeaux âgés de douze ou treize ans se prennent la main, l'homme en armure les étreint une dernière fois pour les protéger des débris comme si cela allait les sauver. Les hurlements de terreurs ne durent qu'un instant avant d'être noyés dans les ténèbres, engloutis avec l'île qui disparait totalement sous la surface de la mer en furie.
Dans les profondeurs, des milliers de corps sombrent lentement au milieu des ruines qui se disloquent sous la pression de l'eau, les tours blanches et les palmiers baignés de soleil il y a à peine quelques heures. Une petite lueur pulse encore, celle de l'orbe du temple qui coule entourée des corps de ceux qui se trouvaient dans le temple. Sa lumière décroît au fur et à mesure qu'elle s'enfonce dans les abysses où résonne l'écho des dernières prières et pensées de tous ceux qui sont morts sans savoir pourquoi. Elle s'éteint en silence...
..... Puis, soudain, huit autres lueurs commencent à briller dans l'obscurité, dont deux si proches qu'elles ne forment qu'un seul halo irisé de bleu. Cette lueur est faible mais on y discerne un corps dans chacun, deux petits corps dans le dernier. Une nouvelle onde de choc remonte des profondeurs, comme une pulsation, un cœur qui recommence à battre si fort que c'en est douloureux. Les silhouettes remuent et l'écho de hurlements absorbés par l'eau ne parvient pas à remonter. Leurs corps se contractent puis se contorsionnent de douleur alors qu'ils se transforment. Nous reconnaissons un immense serpent marin, une jeune fille dont la robe et les jambes fusionnent en tentacules, ils sont trop loin et trop éloignés les uns des autres pour nous permettre de voir plus que ceux que nous avons déjà rencontrés. Le halo de lumière qui les entoure s'intensifie avant d'exploser; ils sont disparu, ils ne sont plus là. Quelques instants plus tard, quelque chose crépite au fond de l'eau, c'est la lueur de l'orbe au loin vers les abysses. Il y a du mouvement dans l'eau autour de nous, des ombres humanoïdes commencent à se mouvoir là où certains corps auraient dû continuer à descendre. Il fait si noir que nous ne voyons rien si ce n'est l'ondulation de ces entités qui nagent vers la lumière tout en bas, et dans son halo nous apercevons leurs mains tendues vers lui comme s'ils étaient désespérés, suppliants... affamés.

La Dame de Givre

Nous avons repris nos esprits, encore sous le choc de cette vision du passé. Les hommes n'en montraient rien mais j'ai vu le trouble dans leurs yeux quand nos regards se sont croisés. Elle était là, derrière nous sur la surface lisse du miroir par lequel nous étions entrés dans son souvenir, la Dame de Givre qui fut jadis la reine Priscilla, Nous avons compris qu'en usant d'un tel pouvoir, même pour la meilleure volonté du monde et dans une situation de désespoir, elle et sa famille ont subi les conséquences d'une absorption trop importante de la magie de l'orbe. Ils sont bien morts, mais leur ether s'est transformé au lieu de regagner la Mer des Étoiles. Ils sont devenus ces créatures gardiennes que le courant marin a emporté aux quatre coins du monde et "adoptés" par d'autres peuples sans aucun souvenir de leurs vies antérieures exceptés quelques fragments et instincts. La Dame de Givre née de l'ancienne souveraine d'Ouran maîtrise la voie du miroir de glace, voilà pourquoi c'est elle qui possédait en elle le souvenir de la fin de son peuple. Les jokuns sont des maîtres de la glace qui vouent un culte à la mémoire et à la puissances des souvenirs. Je me dis en aparté qu'il serait bon d'en retrouver quelques uns afin d'en apprendre davantage sur leurs techniques, cela ne peut que nous faire progresser.

Nous savons maintenant ce qui s'est passé, d'où viennent ces sept entités et il semble que dans les dernières bribes de souvenir nous avons assisté aussi à la naissance du Dévoreur. Il est né du vide provoqué par la fragmentation de l'orbe et ce mystérieux "Roi d'Azur, lorsque son pouvoir s'est divisé en sept entités distinctes. C'est un manque, un appétit constant que nul ne peut combler et qui explique pourquoi il sent et traque chacun de nous pour les absorber sans jamais parvenir à se rassasier. Les pièces du puzzle commencent à prendre forme mais nous avons encore beaucoup de questions sur Ouran, et sur la source primaire de notre pouvoir.
La porte s'est ouverte sur le temple, les nixes ont pris le relais dans le sanctuaire à présent relié aux autres. Nous avons reconnu l'intérieur du temple comme celui de la vision mais sans le globe. le bâtiment originel a pourtant été détruit. La Dame de Givre nous a dit que son peuple avait péri mais la cité engloutie était à présent peuplée d'âmes errantes qui attendent le salut, se peut-il qu'ils aient bâtit un nouveau temple dans les profondeurs ? Je regarde les nixes, et je me dis que c'est bien possible. Peut-être que leurs âmes sont encore là, dans l'attente, et qu'ils nous ont accueilli avec beaucoup d'espoir lorsque l'Apocalypse nous a révélé à eux.
Nous avons reçu sa bénédiction, comme celle de Thlaloc et Mélune. Il en reste quatre à trouver, mais avant cela nous allons essayer de trouver les Jokün qui ont fui avant l'arrivée du Dévoreur que la Dame de Givre, grâce à la mémoire transmise dans le miroir de glace, leur a appris a sentir arriver, Ils sont comme nous, peu importe que nous soyons viéras je me sens proches d'eux sans les avoir rencontré. Nous devons aussi en apprendre plus sur Ouran, il doit bien exister des livres ou des récits à ce propos. Lhei suggère Sharlayan, c'est l'évidence. Je pense même que le Pr. Blake doit bien avoir quelques légendes perdues à ce sujet dans ses rayonnages. Cela va nous occuper quelques temps, en espérant que le Dévoreur ne trouve pas les prochaines tribus avant nous.
Le temps file et défile, nous devons nous entraîner encore avant d'être prêts à le combattre. J'ai toujours peur, mais je sais pourquoi maintenant. Je sais comment il est venu au monde, de quoi il est fait, pourquoi il existe. Étrangement, pouvoir l'expliquer même si cela ne le rend pas moins dangereux, me rassure. Je me pose cependant une autre question et celle-ci concerne Valoroix. C'est lui qui a incité les Filles du Torrent à invoquer le Dévoreur, il devait savoir ce qu'il était à l'origine et ce qu'il allait faire. Nous savons qu'il a menti, qu'il a laissé croire aux chamanes qu'elles pourraient le contrôler mais s'il a voulu ce rituel, s'il a voulu "enfermer" cette chose à l'intérieur d'un de ses "fils" ce ne pouvait être qu'en connaissance de cause... depuis le début Gestr voulait toutes nous tuer et absorber notre pouvoir et il allait se servir de Valorius pour cela. Les dernières touches d'empathie que je pouvais avoir pour lui s'estompent.

Qu'il pourrisse au plus profond des Sept Enfers, lui et toutes ses manigances.
Lerith Il y a 3 mois et 2 semaines

3. Quetzalcóatl


Les lunes passèrent, et devinrent des années. Deux années précisément durant lesquelles les affaires de la compagnie firent que je laissais de côté mes recherches. Lhei et Luka vivaient leurs aventures aux côtés de la Rose des Vents puis en indépendants tandis que Noah s'était trouvé une vocation nouvelle auprès des rôdeurs vipères turaliens. Nous en aurions presque oublié le poids de la menace sans cesse sur nos talons. L'écho lointain du Dévoreur se noyait dans les tempêtes agitant le monde, et le manque d'indices quant aux autres tribus de l'eau par-delà les frontières connues contribuaient à endormir toute crainte. Il faudrait bien s'y pencher tôt ou tard, mais pourquoi se presser quand nous avions tous les quatre conscience des risques que se hâter impliquait ?
Mais les évènements accompagnant l'exploration du Nouveau Monde allait relancer l'enquête autour des Mystères du Torrent.

Après trente années passées sous le dôme de Néo-Alexandrie, J'en étais ressortie gravement affectée. Mais comme toujours, je dissimulais mon mal comme une louve blessée veillant sur sa meute. Noah savait, il sentait, mais comme toujours le pragmatisme du sombre gardebois le poussait à ne pas réagir. "Plus tôt que plus tard, puisque plus tard elle devra sombrer" se disait-il pour se convaincre mais il peinait à détacher son regard des tremblements qu'il percevait sur ma main. Il m'encourageait à évacuer la sombre influence du Torrent Noir comme on saigne une plaie empoisonnée pour en extraire le venin sachant qu'elle ne serait jamais totalement assainie. C'est là tout ce qu'il connaissait, tout ce qu'il avait lui-même appris et appliqué pendant plus de soixante ans. S'il s'inquiétait, il n'en montrait rien.
Mais d'autres le virent, en maintes occasions l'hiver et le printemps suivant mon retour en Eorzea. Ma coupure longue suivie d'une brutale reconnexion avec Père me rendait instable, impulsive parfois brutale. Mes émotions décuplées par celles de ceux qui m'entourent, je ne parvenais plus à maintenir mes barrières comme autrefois, me rendant de plus en plus solitaire, de plus en plus sauvage.

Jusqu'à ce qu'au cours d'un évènement à Solution Neuf, je perde le contrôle sous les yeux de mes camarades dont une partie, recrutée bien après mon voyage à Jokün, ne connaissaient ni mon héritage, ni même l'existence du Torrent Noir.
Astéra Il y a 3 mois et 2 semaines

Dame Virandelle,

Voici plusieurs semaines que je n'ai pas eu de nouvelles de votre amie le capitaine Esthar. C'est un cas que je connais bien, et mon département dispose de toutes les informations dont vous avez besoin concernant le Torrent Noir et toutes les recherches associées que nous menons justement de concert depuis plus de trois ans.
Si le sujet vous intéresse, je serais ravi de vous donner davantage de détails ici à l'Académie. En l'absence de ma chère Léontine qui vous attend àYak T'el je n'ai hélas plus le luxe de me déplacer moi-même jusqu'à l'Escale.

Prenons donc un thé au Dernier Rempart si vous le souhaitez, vous, moi et ceux de vos camarades que je soupçonne déjà impliqués dans votre petite aventure. Oho cela promet d'être passionnant !

Au plaisir très chère, j'ai grands hâte de faire votre connaissance.

Pr. Emil Blake
Département d'Histoire et Légendes


Ulysse Pastreviel Il y a 3 mois et 2 semaines
Ulysse Pastreviel Il y a 3 mois et 2 semaines

La Légende du Serpent des Brumes

"Allez et trouvez l'ancien Gurfurlur à l'Echo de Worlar, lui saura des choses oubliées par d'autres."

Souvenez-vous du passé...

La rencontre avec le grand chaman à l'Echo de Worlar offrit aux recherches une avancée significative. Qui aurait cru qu'après des lunes de fouilles dans la jungle, le début de réponse vienne finalement des hautes montagnes ? Jadis, l'empire Yok Huy dominait tout le sud du continent. Leur connaissance du passé dépassait de loin la capacité de leurs contemporains, encore bercés dans une tradition de transmission orale qui avait perdu beaucoup d'éléments au cours de l'Histoire.
Gurfurlur nous raconta ce que son peuple savait du légendaire Quetzalcóatl, jadis mortel -dont le nom fut oublié au profit de la légende- qui tenta de protéger son village face à l'invasion des armées Yok Huy. Une résistance farouche mais qui ne dura qu'un temps. La brume pouvait camoufler ses guerriers et ralentir l'ennemi, mais pas les stopper totalement. Il fit alors le sacrifice de son humanité et devint Quetzalcóatl grâce au pouvoir du totem d'Ulekele.

Ulekele signifie "Fidèles (d'un maître) Azur".

La canopée et tous ses habitants furent noyés dans une brume si épaisse que nul n'en ressortit jamais, ni Quetzalcóatl, ni ses fidèles, ni les Yok Huy qui tentèrent de les rattraper. Ce brouillard surnaturel ne se leva jamais et les Yok Huy cessèrent d'avancer, se contentant de passer à côté poursuivant leurs conquêtes. Cela fait bien longtemps que ces évènements ont eu lieu, que l'empire Yok Huy s'est éteint et qu'aucun de ses descendants n'a mit les pieds en bas de la montagne, bien que le règne de la nouvelle Aurarque tend à changer cela.

En guise de support, Gurfurlur nous remit une de leurs tablettes en pierre racontant de manière picturale l'avènement de Quetzalcóatl. A première vue, cette tablette ne nous apportera rien de plus mais on sait bien que les gravures turaliennes recèlent bien souvent des messages cachés.

Ulysse Pastreviel
Ivanhault Il y a 3 mois et 2 semaines

La Mangrove Silencieuse

Je tiens d'abord à dire que cette tablette était une perte de temps.

En longeant la côte Turalienne depuis Tulliyolal en direction du sud, nous avons méthodiquement inspecté les embouchures de nombreuses rivières qui se jettent dans la mer. Il y a eu nombre de cours d'eau et de mangroves, dont aucun ne correspondait entièrement à la description supposée de notre destination révélée par l'enquête préliminaire de Pastreviel. C'est en début de soirée, après une longue journée ensoleillée, qu'une épaisse région embrumée au-dessus des arbres dans les terres a attiré notre attention.

Il a été possible d'engager l'Eternal dans une enfilade de cénotes particulièrement serrés, sur un bras de rivière remontant à l'intérieur des terres évoquant notre navigation de jadis à la recherche d'Esthar-Westhar, à Golmorre. Dans une brume de plus en plus opaque, Nazah a piloté l'Eternal en veillant à ne pas l'ensabler jusqu'à un débarcadère sis au pied d'une haute cascade. L'endroit est, encore une fois, familier, bien que la comparaison fasse bouder Meleth.

Groupe des éclaireurs : Quila, Eva, Adi'ra, Meleth, Ivanhault.
Le reste des personnes embarquées à bord s'est occupé de mettre l'Eternal en panne et de monter un campement sur la bordure, sous la supervision du capitaine Kohi.

Il existe à partir du débarcadère un petit chemin qui s'enfonce dans la forêt embrumée. Qu'il existe encore en dépit des siècles, suggère qu'il a dû être jadis très emprunté, et qu'il est encore possiblement entretenu de nos jours. Sur l'unique voie qui nous a menés dans la forêt était tendue une bannière à l'emblème des enfants de l'eau, nous confirmant que nous étions sur la bonne voie. Il a fallu nos expertises combinées, et surtout les bons yeux d'Adi'ra, pour suivre correctement le chemin qui se perdait parfois sous des racines ou de grandes rocailles. Il nous a conduits jusqu'à un village en ruines, abandonné depuis fort longtemps. Les maisons que nous avons fouillées n'y présentent aucun intérêt, tout ce qui pouvait s'emporter l'a été jadis. Le seul point d'intérêt du village est un ancien totem assez haut pour surplomber les toits, figurant quatre étages de gravures stylisées Turaliennes, mêlant inscriptions et dessins.
. Le premier niveau du totem, le plus bas, représente les tonawawta faisant face à des Yok Huy, sans doute référent à la guerre de colonisation de l'époque.
. Le second niveau représente un sorcier invoquant la brume entre les deux armées. Il a les pieds dans l'eau, les mains levées vers le ciel.
. Le troisième niveau représente le même personnage sorcier qui se transforme en serpent ailé au-dessus d'un nuage qui trace un mur symbolique entre les deux camps.
. Le dernier niveau enfin, représente ce qui semble un exode fait de tonawawta mais également de Yok Huy partant tous dans la même direction, vers ce qui ressemble à une étoile, le serpent ailé volant au-dessus d'eux.

Nous nous sommes relayés comme des imbéciles sur la tablette rapportée par Pastreviel. Je l'ai bazardé dès les premiers instants, mais elle évoquait quelque chose à Adi'ra qui a insisté et essayé de réfléchir ; les symboles inutiles gravés dessus, lui évoquaient quelque chose. Pris d'impatience devant la perte de temps, je suis allé fouiller le reste du village, sans trouvaille intéressante, jusqu'à ce que Quila vienne me chercher pour m'informer qu'Eva avait enfin réussi à faire sens de l'objet.

Figurez vous qu'il s'agit d'un plan de la forêt.
Je suis outré.

Il figure un tracé à suivre et plusieurs points d'intérêt à cocher sur la route afin de ne pas se perdre. En grimpant sur le totem, Adi'ra a pu voir le plus évident : un arbre immense qui domine au-dessus de la canopée. Ce sera notre destination de demain avec le reste de l'équipage. Pour l'heure, nous rentrons au camp.

Iv. T.

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