Lerith
Il y a 3 semaines et 17 heures
Péril sur Volgoma
Cher père,
Revoir le lac Volgoma aurait dû éveiller ma joie après deux années passées loin de Davokar. Hélas, je savais bien avant de revoir ses rives argentées baignées de soleil qu'un funeste péril s'était abattu sur notre foyer. Déjà au matin de notre dernier jour à Karvosti, la rumeur montait que la Mara était en chemin. J'ai mit du temps à me souvenir de ce nom que vous avez pourtant maintes fois prononcée lorsque, enfant, vous me racontiez ces histoires sur les puissantes entités qui peuplent la forêt. Notre départ en fut précipité. Croiser cette sorcière et sa cour des ombres n'a jamais été perçu comme un bon présage et nous nous sommes mis en route promptement. Cela n'a pas empêché le destin de nous y attendre. Car elle s'y trouvait, père. Elle était là. Et après avoir lu dans nos âmes d'un seul regard et en quelques mots, elle s'en est allée dans la brume vers l'ouest. Vers le lac Volgoma. Car là-bas, disait-elle, se jouait déjà le prochain acte d'un grand malheur.
Alors je savais. Et j'ai eu si peur, sans savoir ce que je devais craindre. Mordragulfansa est encore loin au nord est, et les trolls que nous avons rencontrés au sud se rendaient vers le lac pour rassembler nos forces contre les incursions ambriennes. Alors de quoi devais-je avoir si peur au point que la Mara elle-même se montrait ?
Les heures me sont apparues bien longues jusqu'au lac. Et pourtant je ne l'ai pas atteint sur mes deux jambes. En chemin, un scrofar nous a presque foncé dessus mais quand nous nous sommes écartés il ne nous a pas attaqué. Un animal aussi territorial soudain en fuite ? L'angoisse est vite montée. Ce n'est pas lui qui m'a blessée mais une libellule géante un peu plus loin. J'ai bien failli y rester mais les autres m'ont protégé avec bravoure. Il est plus que temps, je crois, que je mette en pratique le sort que je travaille depuis longtemps.
Nous avons campé à couvert près de la berge, mais déjà les colonnes de fumée s'élevant au-dessus des arbres partout autour du lac jusqu'à l'horizon laissaient présager de ce qui se passait. Et je ne comprenais toujours pas comment, ni pourquoi. Un seul de ces villages autonomes se trouvait entre nous et le bosquet elfe de la rive ouest. En le traversant nous n'avons vu que cendres et cadavres, mais aucun ennemi vivant ou mort. Il n'y avait que des ambriens et d'autres créatures, de ceux qui vivent en paix loin de la reine. Lothar a ramassé un masque rouge de Saar-Kahn. Mais qu'est ce que les Saar-Kahn viennent faire si loin au sud de leur territoire ? Leur violence ne me surprend pas, mais ils n'ont pas de raison de descendre si proche de Volgoma à moins qu'il se soit passé quelque chose.
Vu la situation, j'ai pris le risque d'amener tout le monde au bosquet. Le lac n'est plus du tout sûr, et je n'ai pas oublié vos ordres. Je dois assurer sa sécurité quoi qu'il m'en coûte. L'accueil fut glacial mais on m'a reconnu. J'esperais vous retrouver, que vous sauriez quoi faire, mais l'on m'a dit que vous étiez partit depuis déjà deux semaines. C'est dame Leiana et ma chère Tara'kel qui m'ont informée de la situation. Gralusur et son groupe eux non plus n'ont pas été vus depuis que les attaques ont commencé. Et les attaques se multiplient. Trois fronts, comment est-ce possible. Ambria au sud, les Saar-Kahn, et à l'est la forêt qui se réveille et se défend, s'en prenant aussi bien aux intrus qu'à nous sans distinction. Comment le pacte pourra t-il tenir face à tous ces assauts ?
Et dans tout ce tumulte, Pépin devient de plus en plus agaçant. Oh, je sais qu'il veut bien faire, il a l'âme d'un héros en devenir. L'espoir d'Ambria n'est ce pas ? Mais il ne comprend pas, il ne réfléchit pas. Il agit comme s'il avait le pouvoir d'influer sur le cours des évènements et même sur le conflit entre le Pacte et Ambria. Il pose des questions sur notre organisation, il s'improvise médiateur et diplomate en demandant à nos anciens s'ils seraient prêts à faire la paix. Mais bon sang si c'était aussi simple, il y a longtemps que le seigneur Elori aurait obtenu quelque chose depuis Yndaros ! Tout ce qu'il va gagner c'est de se faire écorcher vif à force de forcer le contact et de jouer les moralisateurs devant les elfes d'été déjà prompts à le transformer en hérisson sans user du moindre sortilège. Je fais tout ce que je peux pour le garder en vie mais je peine déjà à me protéger moi-même...
Tara'kel se montre amicale au moins, mais on ne pourra pas rester ici. Dame Leiana et les autres disent que le bosquet n'est plus un endroit sûr. A notre arrivée, j'ai vu des corps alignés le long du sentier. Je n'en avais jamais vu çà l'intérieur même du village. Et quand j'ai demandé pour les Mushröhms... on m'a montré les corps. Je ne l'ai pas dit à Stenlay, pas encore. Je ne pourrais pas lui cacher éternellement que ses parents, s'ils ont pu fuir, n'ont pas atteint le bosquet en vie. Il faudra que je le fasse, avant de partir. Mais pour l'heure, nous avons besoin de repos.
Je les ai amené à la maison en votre absence, puissiez-vous me pardonner cet écart. C'est un peu petit pour cinq mais c'est l'affaire de quelques jours tout au plus. Le temps d'avancer sur notre mission. Je n'ai pas dormi dans mon lit depuis si longtemps. Comme vous pouvez me manquer, père.
Votre Iris
Cher père,
Je ne pensais pas vous écrire si vite après ma dernière lettre. Mais J'ai croisé Eral tout à l'heure, il se rendra bientôt vers le nord avec les autres et je veux croire qu'il vous trouvera avant moi. Il vous confieras toutes les lettres que je n'ai pu vous faire parvenir ces dernières semaines, et celle-ci. Dame Leiana dit qu'une réunion des anciens va se tenir, elle est restée vague mais cela se comprend. Pépin pose beaucoup de questions sur le Pacte et sa hiérarchie. Je n'ai rien dit à propos du grand prince Eneàno, je préfère le laisser dans l'ignorance tant qu'il demeure une légende pour les ambriens, tout comme les villes elfiques du nord que je n'ai jamais vu de mes yeux mais que j'espère de tout cœur en sécurité, et vous aussi. Je me suis doutée que si réunion des anciens il y a, c'est que le grand commandant du pacte va tenir conseil et vous a rappelé avec les autres elfes d'automne.
Vous m'avez jadis trouvé bien impatiente lorsque je réclamais des histoires sur ce monde qui m'est encore interdit. Aujourd'hui, je prie pour que l'on ne m'y envoie jamais vous y retrouver car j'ai peur de ce que j'y verrais.
Lors de notre excursion de deux jours sur le lac, dans le refuge des hommes-crapaud j'ai reçu la vision d'un avenir où je vous voyais gisant entre les arbres, nos frères comme des silhouettes dans la brume. Si c'est là un futur possible pour moi, tant que je demeure loin de vous je ne pourrais vous voir mourir. Cette pensée me torture, car hier encore j'avais hâte de vous revoir. J'implore les esprits de porter ces lettres vers vous avec les informations qu'elles contiennent, ou que dame Leiana, Eral ou quiconque ayant connaissance des indices que nous avons semés se frayera un chemin jusqu'à vous. Le conseil saura quoi faire n'est ce pas ? Le Pacte a tenu bien plus longtemps que le royaume d'Ambria et celui d'Albérétor avant lui, il ne peut disparaitre face à tel péril.
Je poursuivrais ma mission tant qu'il sera nécessaire, puisque vous n'êtes pas en mesure de nous retrouver. Nous quitteront bientôt le bosquet pour la pyramide de Serand où se serait rendu l'homme crapaud susceptible de détenir l'une des pierres que nous cherchons à récupérer. Ce n'est pas si loin, mais si la forêt se réveille je redoute ce que nous allons y retrouver. Il faut terminer cette mission et ramener le groupe en Ambria, en sécurité. Si l'on m'avait dit qu'un jour je trouverais ce royaume plus sûr que mon foyer, je ne l'aurais pas cru. Quitter Volgoma si tôt, après une si longue absence, me brise le cœur. Mais vous m'avez confié une tâche dont je compte m'acquitter avec soin jusqu'à ce que tout péril soit écarté. Le reste n'a pas d'importance.
Pour vous, pour le Pacte. Jamais vraiment des vôtres mais pour toujours à vos côtés.
Votre Iris
[quote]Lerith
[h2]Péril sur Volgoma [/h2]
Cher père,
Revoir le lac Volgoma aurait dû éveiller ma joie après deux années passées loin de Davokar. Hélas, je savais bien avant de revoir ses rives argentées baignées de soleil qu'un funeste péril s'était abattu sur notre foyer. Déjà au matin de notre dernier jour à Karvosti, la rumeur montait que la Mara était en chemin. J'ai mit du temps à me souvenir de ce nom que vous avez pourtant maintes fois prononcée lorsque, enfant, vous me racontiez ces histoires sur les puissantes entités qui peuplent la forêt. Notre départ en fut précipité. Croiser cette sorcière et sa cour des ombres n'a jamais été perçu comme un bon présage et nous nous sommes mis en route promptement. Cela n'a pas empêché le destin de nous y attendre. Car elle s'y trouvait, père. Elle était là. Et après avoir lu dans nos âmes d'un seul regard et en quelques mots, elle s'en est allée dans la brume vers l'ouest. Vers le lac Volgoma. Car là-bas, disait-elle, se jouait déjà le prochain acte d'un grand malheur.
Alors je savais. Et j'ai eu si peur, sans savoir ce que je devais craindre. Mordragulfansa est encore loin au nord est, et les trolls que nous avons rencontrés au sud se rendaient vers le lac pour rassembler nos forces contre les incursions ambriennes. Alors de quoi devais-je avoir si peur au point que la Mara elle-même se montrait ?
Les heures me sont apparues bien longues jusqu'au lac. Et pourtant je ne l'ai pas atteint sur mes deux jambes. En chemin, un scrofar nous a presque foncé dessus mais quand nous nous sommes écartés il ne nous a pas attaqué. Un animal aussi territorial soudain en fuite ? L'angoisse est vite montée. Ce n'est pas lui qui m'a blessée mais une libellule géante un peu plus loin. J'ai bien failli y rester mais les autres m'ont protégé avec bravoure. Il est plus que temps, je crois, que je mette en pratique le sort que je travaille depuis longtemps.
Nous avons campé à couvert près de la berge, mais déjà les colonnes de fumée s'élevant au-dessus des arbres partout autour du lac jusqu'à l'horizon laissaient présager de ce qui se passait. Et je ne comprenais toujours pas comment, ni pourquoi. Un seul de ces villages autonomes se trouvait entre nous et le bosquet elfe de la rive ouest. En le traversant nous n'avons vu que cendres et cadavres, mais aucun ennemi vivant ou mort. Il n'y avait que des ambriens et d'autres créatures, de ceux qui vivent en paix loin de la reine. Lothar a ramassé un masque rouge de Saar-Kahn. Mais qu'est ce que les Saar-Kahn viennent faire si loin au sud de leur territoire ? Leur violence ne me surprend pas, mais ils n'ont pas de raison de descendre si proche de Volgoma à moins qu'il se soit passé quelque chose.
Vu la situation, j'ai pris le risque d'amener tout le monde au bosquet. Le lac n'est plus du tout sûr, et je n'ai pas oublié vos ordres. Je dois assurer sa sécurité quoi qu'il m'en coûte. L'accueil fut glacial mais on m'a reconnu. J'esperais vous retrouver, que vous sauriez quoi faire, mais l'on m'a dit que vous étiez partit depuis déjà deux semaines. C'est dame Leiana et ma chère Tara'kel qui m'ont informée de la situation. Gralusur et son groupe eux non plus n'ont pas été vus depuis que les attaques ont commencé. Et les attaques se multiplient. Trois fronts, comment est-ce possible. Ambria au sud, les Saar-Kahn, et à l'est la forêt qui se réveille et se défend, s'en prenant aussi bien aux intrus qu'à nous sans distinction. Comment le pacte pourra t-il tenir face à tous ces assauts ?
Et dans tout ce tumulte, Pépin devient de plus en plus agaçant. Oh, je sais qu'il veut bien faire, il a l'âme d'un héros en devenir. L'espoir d'Ambria n'est ce pas ? Mais il ne comprend pas, il ne réfléchit pas. Il agit comme s'il avait le pouvoir d'influer sur le cours des évènements et même sur le conflit entre le Pacte et Ambria. Il pose des questions sur notre organisation, il s'improvise médiateur et diplomate en demandant à nos anciens s'ils seraient prêts à faire la paix. Mais bon sang si c'était aussi simple, il y a longtemps que le seigneur Elori aurait obtenu quelque chose depuis Yndaros ! Tout ce qu'il va gagner c'est de se faire écorcher vif à force de forcer le contact et de jouer les moralisateurs devant les elfes d'été déjà prompts à le transformer en hérisson sans user du moindre sortilège. Je fais tout ce que je peux pour le garder en vie mais je peine déjà à me protéger moi-même...
Tara'kel se montre amicale au moins, mais on ne pourra pas rester ici. Dame Leiana et les autres disent que le bosquet n'est plus un endroit sûr. A notre arrivée, j'ai vu des corps alignés le long du sentier. Je n'en avais jamais vu çà l'intérieur même du village. Et quand j'ai demandé pour les Mushröhms... on m'a montré les corps. Je ne l'ai pas dit à Stenlay, pas encore. Je ne pourrais pas lui cacher éternellement que ses parents, s'ils ont pu fuir, n'ont pas atteint le bosquet en vie. Il faudra que je le fasse, avant de partir. Mais pour l'heure, nous avons besoin de repos.
Je les ai amené à la maison en votre absence, puissiez-vous me pardonner cet écart. C'est un peu petit pour cinq mais c'est l'affaire de quelques jours tout au plus. Le temps d'avancer sur notre mission. Je n'ai pas dormi dans mon lit depuis si longtemps. Comme vous pouvez me manquer, père.
[right][i][b]Votre Iris[/b][/i][/right]
[center][img]https://i.postimg.cc/bY6x3Sjk/separateur.png[/img][/center]
Cher père,
Je ne pensais pas vous écrire si vite après ma dernière lettre. Mais J'ai croisé Eral tout à l'heure, il se rendra bientôt vers le nord avec les autres et je veux croire qu'il vous trouvera avant moi. Il vous confieras toutes les lettres que je n'ai pu vous faire parvenir ces dernières semaines, et celle-ci. Dame Leiana dit qu'une réunion des anciens va se tenir, elle est restée vague mais cela se comprend. Pépin pose beaucoup de questions sur le Pacte et sa hiérarchie. Je n'ai rien dit à propos du grand prince Eneàno, je préfère le laisser dans l'ignorance tant qu'il demeure une légende pour les ambriens, tout comme les villes elfiques du nord que je n'ai jamais vu de mes yeux mais que j'espère de tout cœur en sécurité, et vous aussi. Je me suis doutée que si réunion des anciens il y a, c'est que le grand commandant du pacte va tenir conseil et vous a rappelé avec les autres elfes d'automne.
Vous m'avez jadis trouvé bien impatiente lorsque je réclamais des histoires sur ce monde qui m'est encore interdit. Aujourd'hui, je prie pour que l'on ne m'y envoie jamais vous y retrouver car j'ai peur de ce que j'y verrais.
Lors de notre excursion de deux jours sur le lac, dans le refuge des hommes-crapaud j'ai reçu la vision d'un avenir où je vous voyais gisant entre les arbres, nos frères comme des silhouettes dans la brume. Si c'est là un futur possible pour moi, tant que je demeure loin de vous je ne pourrais vous voir mourir. Cette pensée me torture, car hier encore j'avais hâte de vous revoir. J'implore les esprits de porter ces lettres vers vous avec les informations qu'elles contiennent, ou que dame Leiana, Eral ou quiconque ayant connaissance des indices que nous avons semés se frayera un chemin jusqu'à vous. Le conseil saura quoi faire n'est ce pas ? Le Pacte a tenu bien plus longtemps que le royaume d'Ambria et celui d'Albérétor avant lui, il ne peut disparaitre face à tel péril.
Je poursuivrais ma mission tant qu'il sera nécessaire, puisque vous n'êtes pas en mesure de nous retrouver. Nous quitteront bientôt le bosquet pour la pyramide de Serand où se serait rendu l'homme crapaud susceptible de détenir l'une des pierres que nous cherchons à récupérer. Ce n'est pas si loin, mais si la forêt se réveille je redoute ce que nous allons y retrouver. Il faut terminer cette mission et ramener le groupe en Ambria, en sécurité. Si l'on m'avait dit qu'un jour je trouverais ce royaume plus sûr que mon foyer, je ne l'aurais pas cru. Quitter Volgoma si tôt, après une si longue absence, me brise le cœur. Mais vous m'avez confié une tâche dont je compte m'acquitter avec soin jusqu'à ce que tout péril soit écarté. Le reste n'a pas d'importance.
Pour vous, pour le Pacte. Jamais vraiment des vôtres mais pour toujours à vos côtés.
[right][b]Votre Iris[/b][/right][/quote]
Lerith
Il y a 1 semaine et 6 jours
Positivement inconscients !
Assise devant la tente, pendant son tour de garde, Iris gardait un œil plus distrait sur les alentours sachant que le golem de pierre à ses côtés surveillait les environs sans craindre le sommeil ou la moindre distraction. "Croissant" de son petit nom, fort serviable pour un être fait de pierres. A bien des égards il leur serait utile, ne serait-ce que pour porter Gretta qui l'avait conçu pour cela en plus de sa force au combat. Ce soir, il était utile : Iris pouvait écrire en paix.
"25 du mois d'Ynedar, jour de la Forêt selon le calendrier Ambrien,
Je n'ai plus de lettres à écrire depuis que j'ai quitté le bosquet dans la plus grande incertitude, mes mots ne seront plus désormais destinés qu'à moi-même jusqu'à ce que le brouillard qui obscurcit ma vision se dissipe. Je pensais avoir achevé ma mission. Je l'ai protégé jusque là et je les ai conduit au bosquet, sans qu'un ne se doute de quoi que ce soit comme demandé. Je pensais que cela cesserait, mais je me retrouve à devoir quitter mon foyer à nouveau. Pendant ce temps, les Frères Jurés vont se battre, défendre nos terres sacrées et tous les peuples anciens et moi ? Moi je dois poursuivre ma mission tant que nécessaire. Je ne peux permettre qu'il lui arrive malheur, c'est ce que père souhaite. Il a confiance en moi, je ne peux pas le décevoir.
Ainsi soit-il, nous poursuivons cette quête à la poursuite des pierres élémentaires perdues en direction de la Pyramide de Serand. Sommes-nous inconscients ? Probablement. Ce site est le théâtre le plus actif de la soi-disant exploration ambrienne : quelques érudits et beaucoup de pillards qui profanent ces salles sacrées dans le seul but de s'enrichir. Là-bas, toutes les factions sont à couteaux tirés. Bien sur, les ambriens surveillent leurs campements et le Pacte surveille les ambriens. Il suffirait d'une étincelle pour allumer le brasier alors si en plus Davokar se réveille à cause des évènements récents nous allons tous au devant de graves dangers. Nous sommes totalement et positivement inconscients."
Iris soupire et rejette la tête en arrière, fermant les yeux quelques instants. Ses oreilles écoutent, son esprit ressent. Le chant du monde, tel que le lui a enseigné Gralusur, est si lointain. C'est comme si le monde tournait au ralenti.
"Avant de quitter le bosquet, Gretta a parlé à Stenlay. C'est encore un enfant mais nous ne pouvons le laisser dans l'ignorance. Il a demandé à voir les corps, pour être sûr. Ce ne fut pas une épreuve facile mais au moins nous savons maintenant que ces malheureux mushröms ne venaient pas de son village. Il m'a demandé plus tard s'il est possible que sa famille se soit réfugiée dans le monde souterrain. S'il a connaissance de ce monde, ses parents aussi, alors peut-être. Ce qui est sûr, c'est que je connais quelqu'un qui en a arpenté les sentiers cachés. Maître Gralusur, j'espère de tout cœur que vous vous êtes vous aussi réfugié là-bas. Parce qu'ici, la nature semble perdre la raison.
Eral m'avait averti que les vouivres sortent une à une de leur profond sommeil. Nous en avons rencontré une dans un marécage aujourd'hui, repue et non hostile heureusement. Je n'en avais jamais contemplé qu'en livres, elles sont d'une si grande intelligence que nous avons conversé, et même combattu sans désir de tuer. Elle voulait tester notre capacité à survivre plus au nord. Pépin a été incroyable. Soit il est extrêmement chanceux, soit je dois bien admettre qu'il a toutes les qualités d'un futur templier. L'espoir d'Ambria, hein... Bah ! Il va être invivable après ses prouesses je le sens !"
Elle émit un petit rire en écrivant ces mots. Son regard glissa sur la tente des garçons ont elle entendait leurs respirations fatiguées. La journée a été longue pour tout le monde. Des heures et des heures de marche, avant et après cette extraordinaire rencontre. Mais il y en avait eu une autre ce jour-là, bien plus inquiétante...
"J'aimerais que ce soit notre seul péril, mais il semble que d'autres entités aient posé leur regard sur nous. Cette ombre qui se meut à travers les arbres, qui ne ressemble à rien que je connais mais qui parle et ricanne comme un être humain doté d'intelligence, elle me terrifie. Sans nom et sans visage, il est apparu peu de temps après que nous ayons repris la route. Nous nous sentions observés, oppressés... et nous l'avons vu se dessiner dans le bois comme si les branches pliaient à sa volonté pour lui donner corps. Il a dit qu'il nous épiait depuis le temple souterrain où Mordargulfansa était enfermé. Il veut nous observer, il veut le pouvoir, il veut... je ne sais pas ce qu'il attend de nous mais il est assez puissant et sûr de lui pour s'être révélé à nos yeux avant de disparaitre dans une explosion d'énergie qui a résonné dans la forêt.
Cette chose... elle me terrifie. On m'a appris à toujours savoir ce que les autres veulent de moi, d'en jouer pour obtenir à mon tour ce que je désire. Là, je ne sais rien et je ne peux rien."
Iris prit une profonde inspiration, sa main trembla un instant. Elle se reprit et se rappela la sagesse pragmatique des elfes : si celui qui tire les ficelles est hors de portée, fais en sorte qu'il te fasse venir à lui. Il a dit ce qu'il désire, alors un jour, il voudra qu'on le lui apporte. Il suffit simplement d'être patient.
Le calme revint. A nouveau, la mine de plomb glisse sur le papier.
"Demain, nous devrions arriver à la Pyramide de Serand en fin de journée si nous marchons d'un bon pas. Nous n'avons pas la moindre piste pour retrouver l'homme crapaud ou le bâton perdu, alors je suppose que nous allons installer notre campement près du site et aviser une fois sur place. Il y a au moins un avantage à faire cela : nous profiterons de la relative sécurité des lieux. Quand je dis relative, c'est que je me doute que ces explorateurs passent plus de temps à se surveiller les uns les autres qu'à surveiller la forêt. Je ne m'étonne plus que les elfes de printemps s'amusent avec eux dès qu'ils le peuvent. Je le verrais de mes yeux.
Je vais finir mon tour de garde et réveiller Pépin pour la relève. J'ai besoin de sommeil moi aussi, et je sens que demain on va l'entendre parler toute la journée de ses exploits. Il m'a même demandé d'en écrire une chanson, non mais je rêve ! Je lui ai dit que j'y réfléchirais. Tâchons de ne pas être mesquine, il s'est bien battu. J'écrirais quelques lignes à ce sujet dans la composition que je prépare.
Ô esprits, ma bonté me perdra je le sens !"
Iris referma doucement son carnet. Le hululement du hibou brun et vert qui les suit lui arracha son premier bâillement. La nuit avance vite, aussi vite que leurs problèmes.
[quote]Lerith
[h2]Positivement inconscients ! [/h2]
Assise devant la tente, pendant son tour de garde, Iris gardait un œil plus distrait sur les alentours sachant que le golem de pierre à ses côtés surveillait les environs sans craindre le sommeil ou la moindre distraction. "Croissant" de son petit nom, fort serviable pour un être fait de pierres. A bien des égards il leur serait utile, ne serait-ce que pour porter Gretta qui l'avait conçu pour cela en plus de sa force au combat. Ce soir, il était utile : Iris pouvait écrire en paix.
[quote]"25 du mois d'Ynedar, jour de la Forêt selon le calendrier Ambrien,
Je n'ai plus de lettres à écrire depuis que j'ai quitté le bosquet dans la plus grande incertitude, mes mots ne seront plus désormais destinés qu'à moi-même jusqu'à ce que le brouillard qui obscurcit ma vision se dissipe. Je pensais avoir achevé ma mission. Je l'ai protégé jusque là et je les ai conduit au bosquet, sans qu'un ne se doute de quoi que ce soit comme demandé. Je pensais que cela cesserait, mais je me retrouve à devoir quitter mon foyer à nouveau. Pendant ce temps, les Frères Jurés vont se battre, défendre nos terres sacrées et tous les peuples anciens et moi ? Moi je dois poursuivre ma mission tant que nécessaire. Je ne peux permettre qu'il lui arrive malheur, c'est ce que père souhaite. Il a confiance en moi, je ne peux pas le décevoir.
Ainsi soit-il, nous poursuivons cette quête à la poursuite des pierres élémentaires perdues en direction de la Pyramide de Serand. Sommes-nous inconscients ? Probablement. Ce site est le théâtre le plus actif de la soi-disant exploration ambrienne : quelques érudits et beaucoup de pillards qui profanent ces salles sacrées dans le seul but de s'enrichir. Là-bas, toutes les factions sont à couteaux tirés. Bien sur, les ambriens surveillent leurs campements et le Pacte surveille les ambriens. Il suffirait d'une étincelle pour allumer le brasier alors si en plus Davokar se réveille à cause des évènements récents nous allons tous au devant de graves dangers. Nous sommes totalement et positivement inconscients."[/quote]
Iris soupire et rejette la tête en arrière, fermant les yeux quelques instants. Ses oreilles écoutent, son esprit ressent. Le chant du monde, tel que le lui a enseigné Gralusur, est si lointain. C'est comme si le monde tournait au ralenti.
[quote]"Avant de quitter le bosquet, Gretta a parlé à Stenlay. C'est encore un enfant mais nous ne pouvons le laisser dans l'ignorance. Il a demandé à voir les corps, pour être sûr. Ce ne fut pas une épreuve facile mais au moins nous savons maintenant que ces malheureux mushröms ne venaient pas de son village. Il m'a demandé plus tard s'il est possible que sa famille se soit réfugiée dans le monde souterrain. S'il a connaissance de ce monde, ses parents aussi, alors peut-être. Ce qui est sûr, c'est que je connais quelqu'un qui en a arpenté les sentiers cachés. Maître Gralusur, j'espère de tout cœur que vous vous êtes vous aussi réfugié là-bas. Parce qu'ici, la nature semble perdre la raison.
Eral m'avait averti que les vouivres sortent une à une de leur profond sommeil. Nous en avons rencontré une dans un marécage aujourd'hui, repue et non hostile heureusement. Je n'en avais jamais contemplé qu'en livres, elles sont d'une si grande intelligence que nous avons conversé, et même combattu sans désir de tuer. Elle voulait tester notre capacité à survivre plus au nord. Pépin a été incroyable. Soit il est extrêmement chanceux, soit je dois bien admettre qu'il a toutes les qualités d'un futur templier. L'espoir d'Ambria, hein... Bah ! Il va être invivable après ses prouesses je le sens !" [/quote]
Elle émit un petit rire en écrivant ces mots. Son regard glissa sur la tente des garçons ont elle entendait leurs respirations fatiguées. La journée a été longue pour tout le monde. Des heures et des heures de marche, avant et après cette extraordinaire rencontre. Mais il y en avait eu une autre ce jour-là, bien plus inquiétante...
[quote]"J'aimerais que ce soit notre seul péril, mais il semble que d'autres entités aient posé leur regard sur nous. Cette ombre qui se meut à travers les arbres, qui ne ressemble à rien que je connais mais qui parle et ricanne comme un être humain doté d'intelligence, elle me terrifie. Sans nom et sans visage, il est apparu peu de temps après que nous ayons repris la route. Nous nous sentions observés, oppressés... et nous l'avons vu se dessiner dans le bois comme si les branches pliaient à sa volonté pour lui donner corps. Il a dit qu'il nous épiait depuis le temple souterrain où Mordargulfansa était enfermé. Il veut nous observer, il veut le pouvoir, il veut... je ne sais pas ce qu'il attend de nous mais il est assez puissant et sûr de lui pour s'être révélé à nos yeux avant de disparaitre dans une explosion d'énergie qui a résonné dans la forêt.
Cette chose... elle me terrifie. On m'a appris à toujours savoir ce que les autres veulent de moi, d'en jouer pour obtenir à mon tour ce que je désire. Là, je ne sais rien et je ne peux rien."[/quote]
Iris prit une profonde inspiration, sa main trembla un instant. Elle se reprit et se rappela la sagesse pragmatique des elfes : si celui qui tire les ficelles est hors de portée, fais en sorte qu'il te fasse venir à lui. Il a dit ce qu'il désire, alors un jour, il voudra qu'on le lui apporte. Il suffit simplement d'être patient.
Le calme revint. A nouveau, la mine de plomb glisse sur le papier.
[quote]"Demain, nous devrions arriver à la Pyramide de Serand en fin de journée si nous marchons d'un bon pas. Nous n'avons pas la moindre piste pour retrouver l'homme crapaud ou le bâton perdu, alors je suppose que nous allons installer notre campement près du site et aviser une fois sur place. Il y a au moins un avantage à faire cela : nous profiterons de la relative sécurité des lieux. Quand je dis relative, c'est que je me doute que ces explorateurs passent plus de temps à se surveiller les uns les autres qu'à surveiller la forêt. Je ne m'étonne plus que les elfes de printemps s'amusent avec eux dès qu'ils le peuvent. Je le verrais de mes yeux.
Je vais finir mon tour de garde et réveiller Pépin pour la relève. J'ai besoin de sommeil moi aussi, et je sens que demain on va l'entendre parler toute la journée de ses exploits. Il m'a même demandé d'en écrire une chanson, non mais je rêve ! Je lui ai dit que j'y réfléchirais. Tâchons de ne pas être mesquine, il s'est bien battu. J'écrirais quelques lignes à ce sujet dans la composition que je prépare.
Ô esprits, ma bonté me perdra je le sens !" [/quote]
Iris referma doucement son carnet. Le hululement du hibou brun et vert qui les suit lui arracha son premier bâillement. La nuit avance vite, aussi vite que leurs problèmes.[/quote]
Lerith
Il y a 1 semaine et 6 jours
La Pyramide de Serand
Il faisait encore nuit noire au-dessus de la Pyramide, la lune déclinait progressivement et l'aube ne pointerait pas derrière les arbres avant au moins deux heures. Iris prenait toujours le troisième quart, juste avant celui de Pépin toujours le premier debout. Et comme toujours elle profitait de ce temps pour écrire à la lueur des braises mourantes.
Nous sommes arrivés en fin de journée d'hier, aux abords de la pyramide. Ainsi que je le supposais, plusieurs campements occupent le terrain surveillé par un nombre insuffisant d'éclaireurs de la reine. Si un monstre attaquait, tous ces gens seraient probablement condamnés. Je suppose que les miens surveillent, je ne les ai pas cherché. Ils me trouveront facilement vu le boucan que font certains...
Tâchons de faire le point. Nous avons compté quatre campements en plus du nôtre :
Tout d'abord, un campement d'érudits de l'Ordo Magica. Assez grand et bien équipé. Eux ne semblent s'intéresser qu'à la connaissance et non à la richesse. J'aurais tendance à leur faire davantage confiance mais avec une certaine mesure. La quête de savoir est noble, mais ils n'en sont pas moins des intrus ici.
Leur mener semble être un certain Professeur Alaric. Pépin est allé lui parler à propos des hommes-crapaud puisque c'est ce que nous cherchons. D'après lui, le professeur n'a pas rechigné à le renseigner bien au contraire. Demain matin, il aura peut être quelques informations à nous donner si l'on croit que l'Ordo Magica en saurait plus que les elfes à propos des peuples anciens. Haha, amusant. Je salue l'effort. D'autant que je doute que notre individu se soit révélé à des ambriens sous sa véritable forme, pour peu qu'il se soit montré.
En second, nous avons un groupe d'excavateurs, chasseurs de trésors de condition modeste. Eux, ils sont là pour l'argent. Ils creusent à l'extérieur de la pyramide persuadés d'y trouver des objets précieux enfouis. Donc, ils ont conscience des risques et de la concurrence, ils veulent en tirer un maximum de gain sans avoir à trop se battre, y compris contre leurs rivaux. Ils se sentent clairement en compétition avec les autres. Pépin a fini la soirée avec eux d'ailleurs, complètement torché. Les hommes, je vous jure... Il dit qu'il a passé un accord avec eux, qu'ils lui diront tout ce qui se passe dans le camp à condition qu'on empêche les autres de venir fouiner dans leur coin. Merveilleux... Bon, qu'il se débrouille avec ses soûlards. J'ai d'autres félispectres à fouetter.
Tiens d'ailleurs, en parlant de sale bête...
Iris renifla d'un air méprisant en levant les yeux vers l'un des campements voisins. Pas le plus grand, mais la plus grande tente s'y trouve.
Notre troisième voisin est un noble ambrien et sa suite, si j'ose dire. Karlio de Vearra, un cousin de la fameuse Alisabetha de Vearra la commandante des templiers. Il s'agit du premier individu que Pépin a voulu approcher, débitant aussitôt nos recherches d'homme crapaud devant ce bellâtre enfariné qui ne croirait pas que la lune est ronde même lorsqu'elle est pleine. J'ai volé à son secours bien sûr avant qu'il passe pour un benêt devant une personne ayant lien avec la cheffe des templiers qu'il rêve de rejoindre. Ah, ma bonté me perdra vraiment !
Alors, oui je savais ce que je faisais évidemment et dans quoi je m'embarquais dès l'instant où je lui ai saisi le bras d'un air doux et innocent, avec cette voix de péronnelle si bien travaillée durant mon séjour à Yndaros. Dès qu'il m'a vue battre des cils, ce sale vicelard en a presque oublié Pépin et j'ai détourné son attention pour que notre bon capitaine poursuive son enquête auprès des autres campements sans être scruté par un rupin qui se sentirait offensé. Et les esprits savent ô combien il est facile pour eux de se sentir offensés. Résultat du plan ? J'ai accepté de dîner avec lui, je me suis même habillée pour lui, j'ai chanté pour lui, Gretta a même essayé de faire du pain mais je crois que ce n'était pas sa journée... Foutreciel que ces heures ont semblé longues j'ai manqué toute la soirée à jouer à un dîner aux chandelles et prétendre être impressionnée par chacun de ses mots. Sérieusement, ce type se promène dans Davokar avec plus de bagues dans son coffre qu'il n'a de doigts aux deux mains ! Enfin.
J'aurais bien mangé au moins parce que monsieur s'est fait suivre un cuisinier. Des informations que j'ai pu glaner, il n'y a pas grand chose à en retirer si ce n'est qu'il ne s'entend pas vraiment avec sa cousine templière et donc la carrière de notre espoir d'Ambria est sauvé. Merci moi. Et Lothar est resté avec moi, enfin dehors car MONSEIGNEUR de Vearra ne voulait pas de lui dans sa tente bien sûr. Il ne voulait que moi, avec un verre d'alcool et sans doute assez de poudre dedans pour me droguer. Qui sait ce qu'il aurait fait de moi si j'avais bu, et si je n'avais pas eu monde "garde du corps barbare" juste dehors.
Cependant, et bien que cela me répugne, lui jeter mon verre à la figure et partir de m'apporterait rien. J'ai donc feint de boire, et feint d'avoir un vertige comme si son plan avait réussi. Ainsi, il me croit encore innocente et naïve. Je me suis esquivée au prétexte de me rappeler les recommandations de "grand-mère". Il croit donc avoir manqué son coup de peu sans nourrir de grief envers moi ; père serait fier de moi je pense. Sait-on jamais que ce nigaud lubrique soit utile un jour.
Elle eut un rire, son regard se tournant vers la tente entrouverte d'où dépassait son sac et un bout de tissus de sa robe bleue. Une arme redoutable n'est ce pas, que le charme d'une jeune femme ? Fleur d'Iris, au parfum délicat. Sur ce terrain, elle savait frôler l'excellence.
Bon, cependant il y a notre quatrième voisin. Le plus intriguant. Je n'en ai appris sur lui qu'à ma sortie du camp de Vearra, Lothar m'a mit au parfum des évènements de la soirée. Cette andouille, triple andouille, de Pépin avait rendu visite à l'occupant de l'unique tente plantée près des arbres. Un homme seul, venu ici on ne sait comment et semblant suivre ses propres intérêts ? Oui bien sur c'est louche, mais de là à aller lui demander de but-en-blanc s'il est un homme crapaud et lui demander de faire "kroa" juste pour voir ? Combien de pinte il a bu sérieusement ? On aura de la chance s'il accepte de parler maintenant. Ce sont les gardes, même, qui ont dû éloigner Pépin de ce jeune homme. Henry, m'a t-on dit qu'il se nomme.
Iris leva sa mine de plomb du papier, rien qu'une seconde, pour se remémorer cette dernière rencontre du soir précédent.
J'ai envoyé Lothar chercher Pépin chez les pillards ivrognes, il était retourné les voir et a fini la soirée complètement bourré. J'ai hésité à m'approcher de la tente solitaire, sachant que Lothar déjà s'y était rendu avant lui même de façon plus aimable. Trois fois, c'était peut être un peu trop. Mais il fallait tenter, au moins. J'y suis allée comme ça, en robe. Je devais avoir l'air bien ridicule vêtue comme une princesse en plein milieu des bois. Qu'importe, je voulais simplement m'excuser.
Je l'ai trouvé charmant, en réalité, c'est inattendu. A en croire Pépin c'était un rustre méfiant et dissimulateur qui aurait des informations sur Edogai qu'il a nié connaître. Il était très calme. Nous n'avons que peu parlé je ne coulais pas le brusquer. Il a dit qu'il appréciait cette rencontre, plus agréable que les précédentes, y compris pour les yeux. C'était gentil, je me suis sentie jolie de bien meilleure façon qu'à la table de l'autre empaffé... Je l'ai invité à se joindre à nous pour le petit déjeuner mais j'ignore s'il
Du mouvement sur sa droite, assez loin, la fit lever les yeux de son carnet. Elle se mit debout et aperçut du mouvement près des arbres. Après avoir jeté un œil à Croissant qui montait la garde près d'elle, elle se risqua à quitter le camp pour marcher en direction du bruit. Après une centaine de mètres, elle trouva le campement ou plutôt le vide là où se trouvait les affaires d'Henry quelques heures plus tôt. Il venait de partir, l'instant.
Un doute la traversa. Devait-elle l'appeler ? Faire du bruit pourrait alerter les gardes déjà que l’esclandre de la veille avec Pépin avait éveillé leur méfiance. Elle ne voulait pas lui attirer plus d'ennuis même si cela lui coûtait des réponses.
Alors, après un bref moment d'hésitation, elle fit quelques pas dans le sous-bois et appela d'une voix presque basse :
"Henry, attendez !"
Des craquements non loin se stoppèrent net, et une silhouette apparut dans la pénombre. Il n'était vraiment pas loin.
"Vous m'avez entendu" lâcha t-il comme un constat.
"J'aurais dû partir avant"
Elle secoua la tête, sans chercher à le rejoindre.
"Je ne compte pas donner l'alerte, nous vous avons attiré déjà suffisamment de problèmes. Faut-il vraiment que vous partiez ainsi ?
- Ma présence soulevait déjà pas mal de soupçons, le coup d'éclat de votre ami me force à accélérer mon départ."
Elle lui sourit, l'air sincèrement navrée.
"Je comprends. Soyez prudent tout de même, la forêt est plus dangereuse de nuit."
Ce à quoi il répondit, confiant :
"Ne vous en faites pas pour moi, je suis venu jusqu'ici. Je saurais m'en sortir."
En entendant ces mots, Iris sentit une dernière questions lui brûler les lèvres. Elle osa alors le retenir quelques secondes de plus.
"Êtes-vous... vraiment ambrien ?"
Elle le vit se tourner lentement vers elle une dernière fois, et un sourire se dessiner sur ses lèvres. Il ne répondit rien, mais leurs regards s'accrochèrent quelques instants avant qu'il ne se détourne et s'efface pour de bon dans l'obscurité. Iris cligna des yeux, troublée. Qui était ce jeune homme ? Plusieurs possibilités trottaient dans son esprit alors qu'elle s'en retournait au camp reprendre sa place, et son carnet. Croissant ne bougea pas d'un pouce.
Elle posa sa mine de plomb sur le papier, immobile quelques secondes, puis reprit son écriture.
En fait, je pense que nous ne le reverrons pas de si tôt. Ce mystère reste entier, mais est-ce forcément une mauvaise chose ? Pendant un instant j'ai eu le sentiment que nous nous étions compris mutuellement, et que nous ne voyions un ennemi ni en l'un ni en l'autre. Quels que soient ses secrets, ils lui appartiennent autant que son beau sourire.
Cette fois, Iris referma le carnet d'un coup sec à peine après avoir relu sa propre phrase. Elle se frotta les joues nerveusement, prise d'un tic nerveux.
Aaaaaaaah...! Mais à quoi je pense ?!
Après s'être calmée, son regard glissa sur les tentes de ses camarades, dont elle devait assurer la protection de l'un d'eux quoi qu'il en coûte et jusqu'à nouvel ordre. Puis, son regard se tourna vers le sud, où cette présence si chère à son cœur mais toujours inconnue avait peut être des ennuis. Et son père, Ilo'arakys courrait peut être un grave danger. Pas le temps pour les mystérieux inconnus de passage.
Tara'kel commence à dépeindre sur moi...
[quote]Lerith
[h2]La Pyramide de Serand [/h2]
Il faisait encore nuit noire au-dessus de la Pyramide, la lune déclinait progressivement et l'aube ne pointerait pas derrière les arbres avant au moins deux heures. Iris prenait toujours le troisième quart, juste avant celui de Pépin toujours le premier debout. Et comme toujours elle profitait de ce temps pour écrire à la lueur des braises mourantes.
[quote]Nous sommes arrivés en fin de journée d'hier, aux abords de la pyramide. Ainsi que je le supposais, plusieurs campements occupent le terrain surveillé par un nombre insuffisant d'éclaireurs de la reine. Si un monstre attaquait, tous ces gens seraient probablement condamnés. Je suppose que les miens surveillent, je ne les ai pas cherché. Ils me trouveront facilement vu le boucan que font certains...
Tâchons de faire le point. Nous avons compté quatre campements en plus du nôtre :
Tout d'abord, un campement d'érudits de l'Ordo Magica. Assez grand et bien équipé. Eux ne semblent s'intéresser qu'à la connaissance et non à la richesse. J'aurais tendance à leur faire davantage confiance mais avec une certaine mesure. La quête de savoir est noble, mais ils n'en sont pas moins des intrus ici.
Leur mener semble être un certain Professeur Alaric. Pépin est allé lui parler à propos des hommes-crapaud puisque c'est ce que nous cherchons. D'après lui, le professeur n'a pas rechigné à le renseigner bien au contraire. Demain matin, il aura peut être quelques informations à nous donner si l'on croit que l'Ordo Magica en saurait plus que les elfes à propos des peuples anciens. Haha, amusant. Je salue l'effort. D'autant que je doute que notre individu se soit révélé à des ambriens sous sa véritable forme, pour peu qu'il se soit montré.
En second, nous avons un groupe d'excavateurs, chasseurs de trésors de condition modeste. Eux, ils sont là pour l'argent. Ils creusent à l'extérieur de la pyramide persuadés d'y trouver des objets précieux enfouis. Donc, ils ont conscience des risques et de la concurrence, ils veulent en tirer un maximum de gain sans avoir à trop se battre, y compris contre leurs rivaux. Ils se sentent clairement en compétition avec les autres. Pépin a fini la soirée avec eux d'ailleurs, complètement torché. Les hommes, je vous jure... Il dit qu'il a passé un accord avec eux, qu'ils lui diront tout ce qui se passe dans le camp à condition qu'on empêche les autres de venir fouiner dans leur coin. Merveilleux... Bon, qu'il se débrouille avec ses soûlards. J'ai d'autres félispectres à fouetter.
Tiens d'ailleurs, en parlant de sale bête... [/quote]
Iris renifla d'un air méprisant en levant les yeux vers l'un des campements voisins. Pas le plus grand, mais la plus grande tente s'y trouve.
[quote]Notre troisième voisin est un noble ambrien et sa suite, si j'ose dire. Karlio de Vearra, un cousin de la fameuse Alisabetha de Vearra la commandante des templiers. Il s'agit du premier individu que Pépin a voulu approcher, débitant aussitôt nos recherches d'homme crapaud devant ce bellâtre enfariné qui ne croirait pas que la lune est ronde même lorsqu'elle est pleine. J'ai volé à son secours bien sûr avant qu'il passe pour un benêt devant une personne ayant lien avec la cheffe des templiers qu'il rêve de rejoindre. Ah, ma bonté me perdra vraiment !
Alors, oui je savais ce que je faisais évidemment et dans quoi je m'embarquais dès l'instant où je lui ai saisi le bras d'un air doux et innocent, avec cette voix de péronnelle si bien travaillée durant mon séjour à Yndaros. Dès qu'il m'a vue battre des cils, ce sale vicelard en a presque oublié Pépin et j'ai détourné son attention pour que notre bon capitaine poursuive son enquête auprès des autres campements sans être scruté par un rupin qui se sentirait offensé. Et les esprits savent ô combien il est facile pour eux de se sentir offensés. Résultat du plan ? J'ai accepté de dîner avec lui, je me suis même habillée pour lui, j'ai chanté pour lui, Gretta a même essayé de faire du pain mais je crois que ce n'était pas sa journée... Foutreciel que ces heures ont semblé longues j'ai manqué toute la soirée à jouer à un dîner aux chandelles et prétendre être impressionnée par chacun de ses mots. Sérieusement, ce type se promène dans Davokar avec plus de bagues dans son coffre qu'il n'a de doigts aux deux mains ! Enfin.
J'aurais bien mangé au moins parce que monsieur s'est fait suivre un cuisinier. Des informations que j'ai pu glaner, il n'y a pas grand chose à en retirer si ce n'est qu'il ne s'entend pas vraiment avec sa cousine templière et donc la carrière de notre espoir d'Ambria est sauvé. Merci moi. Et Lothar est resté avec moi, enfin dehors car MONSEIGNEUR de Vearra ne voulait pas de lui dans sa tente bien sûr. Il ne voulait que moi, avec un verre d'alcool et sans doute assez de poudre dedans pour me droguer. Qui sait ce qu'il aurait fait de moi si j'avais bu, et si je n'avais pas eu monde "garde du corps barbare" juste dehors.
Cependant, et bien que cela me répugne, lui jeter mon verre à la figure et partir de m'apporterait rien. J'ai donc feint de boire, et feint d'avoir un vertige comme si son plan avait réussi. Ainsi, il me croit encore innocente et naïve. Je me suis esquivée au prétexte de me rappeler les recommandations de "grand-mère". Il croit donc avoir manqué son coup de peu sans nourrir de grief envers moi ; père serait fier de moi je pense. Sait-on jamais que ce nigaud lubrique soit utile un jour. [/quote]
Elle eut un rire, son regard se tournant vers la tente entrouverte d'où dépassait son sac et un bout de tissus de sa robe bleue. Une arme redoutable n'est ce pas, que le charme d'une jeune femme ? Fleur d'Iris, au parfum délicat. Sur ce terrain, elle savait frôler l'excellence.
[quote]Bon, cependant il y a notre quatrième voisin. Le plus intriguant. Je n'en ai appris sur lui qu'à ma sortie du camp de Vearra, Lothar m'a mit au parfum des évènements de la soirée. Cette andouille, triple andouille, de Pépin avait rendu visite à l'occupant de l'unique tente plantée près des arbres. Un homme seul, venu ici on ne sait comment et semblant suivre ses propres intérêts ? Oui bien sur c'est louche, mais de là à aller lui demander de but-en-blanc s'il est un homme crapaud et lui demander de faire "kroa" juste pour voir ? Combien de pinte il a bu sérieusement ? On aura de la chance s'il accepte de parler maintenant. Ce sont les gardes, même, qui ont dû éloigner Pépin de ce jeune homme. Henry, m'a t-on dit qu'il se nomme.[/quote]
Iris leva sa mine de plomb du papier, rien qu'une seconde, pour se remémorer cette dernière rencontre du soir précédent.
[quote]J'ai envoyé Lothar chercher Pépin chez les pillards ivrognes, il était retourné les voir et a fini la soirée complètement bourré. J'ai hésité à m'approcher de la tente solitaire, sachant que Lothar déjà s'y était rendu avant lui même de façon plus aimable. Trois fois, c'était peut être un peu trop. Mais il fallait tenter, au moins. J'y suis allée comme ça, en robe. Je devais avoir l'air bien ridicule vêtue comme une princesse en plein milieu des bois. Qu'importe, je voulais simplement m'excuser.
Je l'ai trouvé charmant, en réalité, c'est inattendu. A en croire Pépin c'était un rustre méfiant et dissimulateur qui aurait des informations sur Edogai qu'il a nié connaître. Il était très calme. Nous n'avons que peu parlé je ne coulais pas le brusquer. Il a dit qu'il appréciait cette rencontre, plus agréable que les précédentes, y compris pour les yeux. C'était gentil, je me suis sentie jolie de bien meilleure façon qu'à la table de l'autre empaffé... Je l'ai invité à se joindre à nous pour le petit déjeuner mais j'ignore s'il [/quote]
Du mouvement sur sa droite, assez loin, la fit lever les yeux de son carnet. Elle se mit debout et aperçut du mouvement près des arbres. Après avoir jeté un œil à Croissant qui montait la garde près d'elle, elle se risqua à quitter le camp pour marcher en direction du bruit. Après une centaine de mètres, elle trouva le campement ou plutôt le vide là où se trouvait les affaires d'Henry quelques heures plus tôt. Il venait de partir, l'instant.
Un doute la traversa. Devait-elle l'appeler ? Faire du bruit pourrait alerter les gardes déjà que l’esclandre de la veille avec Pépin avait éveillé leur méfiance. Elle ne voulait pas lui attirer plus d'ennuis même si cela lui coûtait des réponses.
Alors, après un bref moment d'hésitation, elle fit quelques pas dans le sous-bois et appela d'une voix presque basse :
[i]"Henry, attendez !"[/i]
Des craquements non loin se stoppèrent net, et une silhouette apparut dans la pénombre. Il n'était vraiment pas loin.
[i]"Vous m'avez entendu" [/i]lâcha t-il comme un constat. [i]"J'aurais dû partir avant"[/i]
Elle secoua la tête, sans chercher à le rejoindre.
[i]"Je ne compte pas donner l'alerte, nous vous avons attiré déjà suffisamment de problèmes. Faut-il vraiment que vous partiez ainsi ?
- Ma présence soulevait déjà pas mal de soupçons, le coup d'éclat de votre ami me force à accélérer mon départ."[/i]
Elle lui sourit, l'air sincèrement navrée.
[i]"Je comprends. Soyez prudent tout de même, la forêt est plus dangereuse de nuit."[/i]
Ce à quoi il répondit, confiant :
[i]"Ne vous en faites pas pour moi, je suis venu jusqu'ici. Je saurais m'en sortir."[/i]
En entendant ces mots, Iris sentit une dernière questions lui brûler les lèvres. Elle osa alors le retenir quelques secondes de plus.
[i]"Êtes-vous... vraiment ambrien ?"[/i]
Elle le vit se tourner lentement vers elle une dernière fois, et un sourire se dessiner sur ses lèvres. Il ne répondit rien, mais leurs regards s'accrochèrent quelques instants avant qu'il ne se détourne et s'efface pour de bon dans l'obscurité. Iris cligna des yeux, troublée. Qui était ce jeune homme ? Plusieurs possibilités trottaient dans son esprit alors qu'elle s'en retournait au camp reprendre sa place, et son carnet. Croissant ne bougea pas d'un pouce.
Elle posa sa mine de plomb sur le papier, immobile quelques secondes, puis reprit son écriture.
[quote]En fait, je pense que nous ne le reverrons pas de si tôt. Ce mystère reste entier, mais est-ce forcément une mauvaise chose ? Pendant un instant j'ai eu le sentiment que nous nous étions compris mutuellement, et que nous ne voyions un ennemi ni en l'un ni en l'autre. Quels que soient ses secrets, ils lui appartiennent autant que son beau sourire.[/quote]
Cette fois, Iris referma le carnet d'un coup sec à peine après avoir relu sa propre phrase. Elle se frotta les joues nerveusement, prise d'un tic nerveux.
[i]Aaaaaaaah...! Mais à quoi je pense ?![/i]
Après s'être calmée, son regard glissa sur les tentes de ses camarades, dont elle devait assurer la protection de l'un d'eux quoi qu'il en coûte et jusqu'à nouvel ordre. Puis, son regard se tourna vers le sud, où cette présence si chère à son cœur mais toujours inconnue avait peut être des ennuis. Et son père, Ilo'arakys courrait peut être un grave danger. Pas le temps pour les mystérieux inconnus de passage.
[right][i][b]Tara'kel commence à dépeindre sur moi... [/b][/i][/right][/quote]
Lerith
Il y a 1 jour et 22 heures
Roi Crapaud et Crapaud Roi
Après avoir porté de quoi manger aux derniers encore debout -Pépin et Henry- toujours en train d'enterrer les corps non loin des arbres, Iris se glissa dans sa tente et ouvrit son carnet. Elle se disait, à cet instant, qu'au moins les évènements récents les avaient quelque peu rapprochés. Elle se mit à écrire, l'oreille tendue vers les conversations au dehors.
Quelle journée éprouvante. Et bien que la façon dont elle se termine soit la plus terrible elle est ironiquement celle qui me surprend le moins. Je le savais, je le leur avais dit quand nous avons quitté le bosquet. Je les avais prévenu qu'ici nos deux camps sont à couteaux tirés aux alentours de la pyramide. Ce n'était qu'une question de temps. Nous arions eu de la chance d'y échapper durant nos recherches.
Cette journée a pourtant commencé sur une note positive. Après que Pépin nous ai présenté au professeur Alaric, nous avons entamé nos recherches des hommes crapaud. D'abord plus au sud vers la cascade et ensuite vers le nord où la végétation est tellement dense qu'on y circule mal. La frontière entre le Davokar clair et le Davokar sombre n'est pas si loin et nous avons redoublé de prudence.
L'entrée du repaire se trouvait en sous-sol, dissimulé par un tapis de verdure semblable à une prairie au beau milieu de la forêt ; en réalité le toit d'un dédale de branches et de vignes jusqu'à la porte de pierre jusque sous la forêt. Ce n'est pas encore le royaume souterrain mais je crois que ce royaume-ci s'en trouve peut-être sur les premières marches. Car c'est bien un royaume et non un ermite solitaire que nous avons trouvé. Celui que ses fidèles nomment le grand Schroak est un collectionneur de trésors peu enclin à en céder la moindre pièce. Nous avons tenté de négocier, en vain. J'espérais, par le dialogue, pouvoir le convaincre qu'il pourrait désirer quelque chose plus ardemment que la pierre élémentaire en sa possession. Je n'ai rien trouvé, Pépin si. Sa confiance en moi m'étonne. Je n'aurais jamais pensé qu'une simple chanson suffirait. Il en a réclamé une deuxième, une troisième... Jusqu'à me considérer à mon tour comme un trésor à s'approprier. Je ne sais pas si je dois me sentir flattée ou dégoutée mais cela aura servi à débloquer la situation. Il nous a proposé une sorte de pari, des épreuves qui détermineraient qui garde le tout -moi compris- et qui se retrouve bredouille.
J'ai accepté de me mettre en jeu. C'était stupide, c'était malaisant, mais c'était nécessaire. Je passe sur les différentes épreuves allant de la force à la précision en passant par la magie, l'adresse et l'intelligence. Il s'en est fallu de peu que je me retrouve à mon tour exposée parmi les trésors du roi des crapauds. Mais nous avons gagné. Gagné le droit de nous faire piéger par un mauvais perdant.
Elle eut un profond soupir et son regard glissa vers le sac de Magdalena posé dans un coin de la tente, près de la couchette de Gretta.
Il nous a enfermé dans sa salle du trésor, avec tous ses biens, la pierre élémentaire, et un crapaud-roi de Davokar. Ces créatures gigantesques et dangereuses qui vous gobent un homme tout entier. Il a gobé Lothard d'ailleurs, pendant deux minutes nous avons eu une belle frayeur. Nous nous en sommes sortit.
Une fois la bête achevée, nous avons embarqué tout ce que nous pouvions du trésor sans le moindre scrupule, dont quatre armes d'apparat, ainsi que la pierre élémentaire avant de prendre la fuite par les tunnels. Nos poursuivants ne se sont pas acharnés compte tenu du résultat de l'affrontement avec leur bête de guerre. Ils nous ont laissé filer assez facilement mais je doute que l'on nous accueille à bras ouverts la prochaine fois.
Nous nous pensions tirés d'affaire et rentrions vers le camp au coucher du soleil relativement satisfaits. Même Pépin souriait, je crois qu'il a apprécié ma nouvelle chanson au-delà de son succès chez le grand Schroak. C'était mérité, mais nous n'avons guère eu le temps de nous en réjouir. Des flammes s'élevaient au sud de la Pyramide.
Iris poussa un long soupir avant qu'un frisson ne remonte le long de son échine à ce souvenir encore frais, quelques heures à peine. Elle se tassa un peu plus contre son sac en guise d'oreiller, son oreille captant des bribes de discussions dehors au sujet de l'attaque. Elle expira lentement avant de reprendre son récit.
Nous avons vu les campements en flammes, deux des trois gardes gisant au sol et le troisième gravement blessé aux côtés de Henry, revenu je ne sais comment, au pied de la pyramide. Les autres s'étaient tous cachés soit à l'intérieur, soit dans les buissons près de l'édifice. Face à eux, je discernais deux groupes d'elfes d'été armés d'arcs et de lances, leurs silhouettes élancées sortant lentement du feuillage. Deux visibles, et sans doute une autre -voir davantage- à couvert.
C'est la guerre, c'est ainsi. Les ambriens pillent un site sacré pour en exploiter la richesse et l'histoire à des fins de gloire et de fortune, sauf pour le professeur et ses hommes peut être. Les soldats morts ici savaient ce qu'ils risquaient, je ne devrais pas les plaindre. Et pourtant en voyant ce garçon aux portes de la mort j'ai... Et Pépin, cet idiot qui se rue sur le premier lancier elfe à sa portée sans réfléchir, prêt à entraîner cette bande d'ivrognes avec lui vers une mort certaine. Et Henry était revenu, je ne sais comment ni pourquoi mais il défendait qui il pouvait avec courage. Et il y avait Lothar, et Gretta. Ils voulaient le sauver, ce jeune garde. Je ne pouvais pas me contenter de regarder quand bien même suis-je profondément en accord avec cette attaque. J'ai dû prendre une décision très vite, avant que ce ne soit irréversible. J'ai pris un risque, un très, très gros risque en criant aux elfes de ne pas les tuer. Je l'ai crié en elfique. Plusieurs m'ont entendu et l'attaque s'est arrêtée de justesse.
Je suis allée leur parler, laissant croire que je négociait pour notre survie. J'ai dit aux ambriens que puisque je connais l'elfique j'ai tenté ma chance et que de toute façon c'était cela ou mourir. Je pense qu'ils m'ont cru, enfin j'espère. Je suis surtout contente d'avoir pu convaincre les elfes d'été de ne pas poursuivre la tuerie. Ils étaient là pour ça, ils n'auraient pas fait de prisonniers chez les hommes armés et auraient laissé les survivants à la merci de la forêt, forcés de quitter les lieux sur le champ avec peu d'espoir de survie jusqu'à Karvosti. Je les ai convaincu de nous laisser jusqu'à l'aube pour lever le camp. Que les civils puissent rassembler leurs affaires, enterrer les morts et préparer des vivres pour le voyage de retour.
Leur colère est grande, et leurs ordres clairs : plus d'ambriens ici. Je ne l'ai pas encore dit aux autres cela risque de fortement contrarier Pépin de savoir qu'à partir de maintenant tout étranger qui s'aventurera jusqu'ici sera abattu sans sommation. La guerre va s'intensifier. Sa reine n'en restera pas là, elle enverra plus de soldats. Le Pacte enverra plus d'archers. Il n'y a rien que nous puissions faire pour l'instant.
Iris ferma les yeux tristement pendant quelques secondes. Le jeune garde s'en sortira. Karlio de Véarra aussi, bien que ce dernier n'aurait pas été une grosse perte. Lui et son escorte, ainsi que cette bande d'ivrognes avides de trésors enfouis, eurent tôt fait de quitter les lieux en ne laissant sur place que les chercheurs de l'Ordo Magica. Non pas qu'ils soient moins pressés de partir, mais ils ne partiraient pas sans leurs travaux et leur matériel.
Henry est resté, lui aussi. Puisqu'il n'y a plus de garde armé, il prend sur lui d'escorder le professeur et ses associés jusqu'à Karvosti. Nous allons faire route avec eux, nous n'avons plus rien à faire ici et même si nous le pouvons -puisque les elfes me connaissent- rester susciterait bien trop de méfiance à mon égard. Je dois faire comme si j'étais l'une des leurs, moi aussi contrainte de m'en aller sous peine de mise à mort.
Ce qui m'interpelle, chez Henry une fois de plus, c'est son explication quant à son retour. Cela aussi je vais éviter d'en parler à Pépin. Ils ont l'air de s'entendre à présent je ne veux pas distiller à nouveau ses soupçons. Mais il m'a dit être revenu vers la Pyramide après avoir repéré plusieurs groupes d'elfes dans les bois se dirigeant le campement. Alors de deux choses l'une : soit il est vraiment très doué pour avoir non seulement repéré des elfes d'été en déplacement mais aussi échappé à leur vigilance, soit il ne nous dit pas tout. Je ne pense pas qu'il soit des nôtres ou alors peut être juste un sympathisant. Je ne sais qu'en penser, et je suis fatiguée. Et aussi... J'ai rencontré d'autres elfes ce soir, il y a moins d'une heure.
Elle s'enfonce un peu plus dans sa couverture et son regard se tourne instinctivement vers le nord.
En cherchant Stenlay, longtemps après la bataille, Lothar et moi l'avons retrouvé ligoté et entouré par trois elfes plus anciens. Je crois que c'étaient des elfes d'automne mais je ne suis pas sure, peut être simplement des elfes d'été en fin de cycle. Ils étaient si calmes, silencieux et observateurs. Ils ne faisaient pas partie du groupe venu attaquer le campement, ils sont là pour autre chose. Leurs habits étaient sombres, leurs yeux aussi. Viennent-ils du nord ? Je ne saurais le dire, du peu que nous avons parlé.
Ils savent pour Mordragulfansa, je leur ai tout dit sans hésiter. Ils sont inquiets. Ils me demandent d'aller à l'Est rencontrer Xanatha afin qu'elle m'en dise davantage. Pourquoi moi ? Il vaut mieux que je ne me pose pas trop de questions. Pardonnez-moi chers amis, je crains de ne pouvoir m'attarder en Ambria lorsque je vous aurais raccompagné en sécurité.
Mais pour ce soir, je dois dormir. Je n'en peux plus...
Iris referma son carnet et se glissa sous la couverture, le corps endolori et l'esprit tourmenté. Tant de mystère, et tant de périls. Elle n'y avait jamais été étrangère mais cette fois l'inconnu s'ajoutait à cette ombre. L'incertitude de la prochaine étape, le doute sur sa personne qu'elle devrait étouffer dans l’œuf en persuadant le professeur Alaric qu'elle avait juste eu de la chance face aux elfes, ce qu'elle devait protéger à tout prix sans savoir où ils seraient en sécurité, tout semblait lui échapper.
Ilo'arakys était loin, et au sud le silence dans son esprit. Elle ne sentait plus cette présence si rassurante dans ses rêves. Elle se sentait... seule. Bien trop seule.
[quote]Lerith
[h2] Roi Crapaud et Crapaud Roi [/h2]
Après avoir porté de quoi manger aux derniers encore debout -Pépin et Henry- toujours en train d'enterrer les corps non loin des arbres, Iris se glissa dans sa tente et ouvrit son carnet. Elle se disait, à cet instant, qu'au moins les évènements récents les avaient quelque peu rapprochés. Elle se mit à écrire, l'oreille tendue vers les conversations au dehors.
[quote]Quelle journée éprouvante. Et bien que la façon dont elle se termine soit la plus terrible elle est ironiquement celle qui me surprend le moins. Je le savais, je le leur avais dit quand nous avons quitté le bosquet. Je les avais prévenu qu'ici nos deux camps sont à couteaux tirés aux alentours de la pyramide. Ce n'était qu'une question de temps. Nous arions eu de la chance d'y échapper durant nos recherches.
Cette journée a pourtant commencé sur une note positive. Après que Pépin nous ai présenté au professeur Alaric, nous avons entamé nos recherches des hommes crapaud. D'abord plus au sud vers la cascade et ensuite vers le nord où la végétation est tellement dense qu'on y circule mal. La frontière entre le Davokar clair et le Davokar sombre n'est pas si loin et nous avons redoublé de prudence.
L'entrée du repaire se trouvait en sous-sol, dissimulé par un tapis de verdure semblable à une prairie au beau milieu de la forêt ; en réalité le toit d'un dédale de branches et de vignes jusqu'à la porte de pierre jusque sous la forêt. Ce n'est pas encore le royaume souterrain mais je crois que ce royaume-ci s'en trouve peut-être sur les premières marches. Car c'est bien un royaume et non un ermite solitaire que nous avons trouvé. Celui que ses fidèles nomment le grand Schroak est un collectionneur de trésors peu enclin à en céder la moindre pièce. Nous avons tenté de négocier, en vain. J'espérais, par le dialogue, pouvoir le convaincre qu'il pourrait désirer quelque chose plus ardemment que la pierre élémentaire en sa possession. Je n'ai rien trouvé, Pépin si. Sa confiance en moi m'étonne. Je n'aurais jamais pensé qu'une simple chanson suffirait. Il en a réclamé une deuxième, une troisième... Jusqu'à me considérer à mon tour comme un trésor à s'approprier. Je ne sais pas si je dois me sentir flattée ou dégoutée mais cela aura servi à débloquer la situation. Il nous a proposé une sorte de pari, des épreuves qui détermineraient qui garde le tout -moi compris- et qui se retrouve bredouille.
J'ai accepté de me mettre en jeu. C'était stupide, c'était malaisant, mais c'était nécessaire. Je passe sur les différentes épreuves allant de la force à la précision en passant par la magie, l'adresse et l'intelligence. Il s'en est fallu de peu que je me retrouve à mon tour exposée parmi les trésors du roi des crapauds. Mais nous avons gagné. Gagné le droit de nous faire piéger par un mauvais perdant. [/quote]
Elle eut un profond soupir et son regard glissa vers le sac de Magdalena posé dans un coin de la tente, près de la couchette de Gretta.
[quote]Il nous a enfermé dans sa salle du trésor, avec tous ses biens, la pierre élémentaire, et un crapaud-roi de Davokar. Ces créatures gigantesques et dangereuses qui vous gobent un homme tout entier. Il a gobé Lothard d'ailleurs, pendant deux minutes nous avons eu une belle frayeur. Nous nous en sommes sortit.
Une fois la bête achevée, nous avons embarqué tout ce que nous pouvions du trésor sans le moindre scrupule, dont quatre armes d'apparat, ainsi que la pierre élémentaire avant de prendre la fuite par les tunnels. Nos poursuivants ne se sont pas acharnés compte tenu du résultat de l'affrontement avec leur bête de guerre. Ils nous ont laissé filer assez facilement mais je doute que l'on nous accueille à bras ouverts la prochaine fois.
Nous nous pensions tirés d'affaire et rentrions vers le camp au coucher du soleil relativement satisfaits. Même Pépin souriait, je crois qu'il a apprécié ma nouvelle chanson au-delà de son succès chez le grand Schroak. C'était mérité, mais nous n'avons guère eu le temps de nous en réjouir. Des flammes s'élevaient au sud de la Pyramide.[/quote]
Iris poussa un long soupir avant qu'un frisson ne remonte le long de son échine à ce souvenir encore frais, quelques heures à peine. Elle se tassa un peu plus contre son sac en guise d'oreiller, son oreille captant des bribes de discussions dehors au sujet de l'attaque. Elle expira lentement avant de reprendre son récit.
[quote]Nous avons vu les campements en flammes, deux des trois gardes gisant au sol et le troisième gravement blessé aux côtés de Henry, revenu je ne sais comment, au pied de la pyramide. Les autres s'étaient tous cachés soit à l'intérieur, soit dans les buissons près de l'édifice. Face à eux, je discernais deux groupes d'elfes d'été armés d'arcs et de lances, leurs silhouettes élancées sortant lentement du feuillage. Deux visibles, et sans doute une autre -voir davantage- à couvert.
C'est la guerre, c'est ainsi. Les ambriens pillent un site sacré pour en exploiter la richesse et l'histoire à des fins de gloire et de fortune, sauf pour le professeur et ses hommes peut être. Les soldats morts ici savaient ce qu'ils risquaient, je ne devrais pas les plaindre. Et pourtant en voyant ce garçon aux portes de la mort j'ai... Et Pépin, cet idiot qui se rue sur le premier lancier elfe à sa portée sans réfléchir, prêt à entraîner cette bande d'ivrognes avec lui vers une mort certaine. Et Henry était revenu, je ne sais comment ni pourquoi mais il défendait qui il pouvait avec courage. Et il y avait Lothar, et Gretta. Ils voulaient le sauver, ce jeune garde. Je ne pouvais pas me contenter de regarder quand bien même suis-je profondément en accord avec cette attaque. J'ai dû prendre une décision très vite, avant que ce ne soit irréversible. J'ai pris un risque, un très, très gros risque en criant aux elfes de ne pas les tuer. Je l'ai crié en elfique. Plusieurs m'ont entendu et l'attaque s'est arrêtée de justesse.
Je suis allée leur parler, laissant croire que je négociait pour notre survie. J'ai dit aux ambriens que puisque je connais l'elfique j'ai tenté ma chance et que de toute façon c'était cela ou mourir. Je pense qu'ils m'ont cru, enfin j'espère. Je suis surtout contente d'avoir pu convaincre les elfes d'été de ne pas poursuivre la tuerie. Ils étaient là pour ça, ils n'auraient pas fait de prisonniers chez les hommes armés et auraient laissé les survivants à la merci de la forêt, forcés de quitter les lieux sur le champ avec peu d'espoir de survie jusqu'à Karvosti. Je les ai convaincu de nous laisser jusqu'à l'aube pour lever le camp. Que les civils puissent rassembler leurs affaires, enterrer les morts et préparer des vivres pour le voyage de retour.
Leur colère est grande, et leurs ordres clairs : plus d'ambriens ici. Je ne l'ai pas encore dit aux autres cela risque de fortement contrarier Pépin de savoir qu'à partir de maintenant tout étranger qui s'aventurera jusqu'ici sera abattu sans sommation. La guerre va s'intensifier. Sa reine n'en restera pas là, elle enverra plus de soldats. Le Pacte enverra plus d'archers. Il n'y a rien que nous puissions faire pour l'instant. [/quote]
Iris ferma les yeux tristement pendant quelques secondes. Le jeune garde s'en sortira. Karlio de Véarra aussi, bien que ce dernier n'aurait pas été une grosse perte. Lui et son escorte, ainsi que cette bande d'ivrognes avides de trésors enfouis, eurent tôt fait de quitter les lieux en ne laissant sur place que les chercheurs de l'Ordo Magica. Non pas qu'ils soient moins pressés de partir, mais ils ne partiraient pas sans leurs travaux et leur matériel.
[quote]Henry est resté, lui aussi. Puisqu'il n'y a plus de garde armé, il prend sur lui d'escorder le professeur et ses associés jusqu'à Karvosti. Nous allons faire route avec eux, nous n'avons plus rien à faire ici et même si nous le pouvons -puisque les elfes me connaissent- rester susciterait bien trop de méfiance à mon égard. Je dois faire comme si j'étais l'une des leurs, moi aussi contrainte de m'en aller sous peine de mise à mort.
Ce qui m'interpelle, chez Henry une fois de plus, c'est son explication quant à son retour. Cela aussi je vais éviter d'en parler à Pépin. Ils ont l'air de s'entendre à présent je ne veux pas distiller à nouveau ses soupçons. Mais il m'a dit être revenu vers la Pyramide après avoir repéré plusieurs groupes d'elfes dans les bois se dirigeant le campement. Alors de deux choses l'une : soit il est vraiment très doué pour avoir non seulement repéré des elfes d'été en déplacement mais aussi échappé à leur vigilance, soit il ne nous dit pas tout. Je ne pense pas qu'il soit des nôtres ou alors peut être juste un sympathisant. Je ne sais qu'en penser, et je suis fatiguée. Et aussi... J'ai rencontré d'autres elfes ce soir, il y a moins d'une heure. [/quote]
Elle s'enfonce un peu plus dans sa couverture et son regard se tourne instinctivement vers le nord.
[quote]En cherchant Stenlay, longtemps après la bataille, Lothar et moi l'avons retrouvé ligoté et entouré par trois elfes plus anciens. Je crois que c'étaient des elfes d'automne mais je ne suis pas sure, peut être simplement des elfes d'été en fin de cycle. Ils étaient si calmes, silencieux et observateurs. Ils ne faisaient pas partie du groupe venu attaquer le campement, ils sont là pour autre chose. Leurs habits étaient sombres, leurs yeux aussi. Viennent-ils du nord ? Je ne saurais le dire, du peu que nous avons parlé.
Ils savent pour Mordragulfansa, je leur ai tout dit sans hésiter. Ils sont inquiets. Ils me demandent d'aller à l'Est rencontrer Xanatha afin qu'elle m'en dise davantage. Pourquoi moi ? Il vaut mieux que je ne me pose pas trop de questions. Pardonnez-moi chers amis, je crains de ne pouvoir m'attarder en Ambria lorsque je vous aurais raccompagné en sécurité.
Mais pour ce soir, je dois dormir. Je n'en peux plus... [/quote]
Iris referma son carnet et se glissa sous la couverture, le corps endolori et l'esprit tourmenté. Tant de mystère, et tant de périls. Elle n'y avait jamais été étrangère mais cette fois l'inconnu s'ajoutait à cette ombre. L'incertitude de la prochaine étape, le doute sur sa personne qu'elle devrait étouffer dans l’œuf en persuadant le professeur Alaric qu'elle avait juste eu de la chance face aux elfes, ce qu'elle devait protéger à tout prix sans savoir où ils seraient en sécurité, tout semblait lui échapper.
Ilo'arakys était loin, et au sud le silence dans son esprit. Elle ne sentait plus cette présence si rassurante dans ses rêves. Elle se sentait... seule. Bien trop seule.[/quote]