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Le journal de Prima

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Prima Il y a 3 semaines et 13 heures
[Ces textes sont tirés du journal de la concernée, dont elle a accepté qu'on en conserve une copie pour la postérité.]

HRP: Tous les textes ne sont pas à prendre en compte lors du rp dès leur entrée. Je les place ici au fur et à mesure afin de ne pas accumuler la charge d'écriture.


ENTRÉE 1


Je me suis dit que tenir un journal aiderait à se remémorer quelques détails. Encore faut-il penser à les inscrire sur ce papier. Je mentirais si je disais que je fais ce voyage uniquement pour la découverte. Il est temps de voir si mes recherches paieront, ou si elles ne sont que le fruit d'un rêve stupide.

Le voyage a commencé. On peut dire que le début n'a pas été celui auquel on s'est attendu. Nous étions en route pour Thavnair. Quila, Ri'leyh, Wendy, Liann, Adi'ra, Ulysse, Évangeline et moi même étions présentes. L'ambiance était bonne. Tout le monde discutait, riait, faisait connaissance, pour certains, comme Ulysse et Ri'leyh qui ne se connaissaient visiblement pas. Tout ça était bercé par le vrombissement de la machinerie du Nomade, qui parcourait le ciel à la lueur de la Lune. Wendy avait même préparé du "punch". Il était particulièrement sucré. Tout ce que j'aime. On sentait à peine l'alcool qui était censé se trouver dedans. Enfin, je m'égare.

Notre joyeuse troupe a été interpelée par Liann, qui a demandé si quelqu'un connaissait une créature céleste capable de faire de la lumière. Nous avons cherché à savoir ce qu'elle avait vu. J'ai moi même regardé par un hublot, mais rien. Du moins, jusqu'à ce que les premiers tirs se montrent. Il ne s'agissait pas de monstres, mais d'humains aux commandes de petits aéronefs. Sûrement ces pirates des cieux dont on m'a parlé plus d'une fois depuis que je suis petite.

J'aurais dû me douter qu'un trouble arriverait. Ou plutôt que si il arrivait, que des humains le provoqueraient. Je ne suis pourtant plus surprise lorsque ça se produit, mais ça fait toujours aussi mal. Faut-il vraiment toujours en venir aux armes ? Ces pirates semblaient le penser, ou ne pas s'en soucier. Évangéline a tenté de les intimider en imitant une créature du Néant. Leur chef riait. Il a dû parvenir à déceler la supercherie. Ou bien, il était trop sûr de lui. Toujours est-il que le combat était inévitable. Tandis que les autres protégeaient le Nomade depuis le pont, Liann manœuvrait comme elle le pouvait pour nous sortir de là. Quant à Ulysse et moi, nous avons sauté dans un aéronef plus maniable. Je voulais leur parler. Je voulais mettre fin à cette bataille inutile, avant que la mort n'arrive. J'ai été bête de penser

Je n'ai pas suivi le combat sur le pont. Des projections entraient dans mon champ de vision, mais je n'y prêtait pas attention. Tout était si chaotique, si désorganisé; je ne savais pas par où commencer. J'espérais qu'Ulysse parvienne à voler à côté de l'un d'eux et que l'un et l'autre me laissent le temps d'engager la conversation. Finalement, nous avons eu droit à des tirs de leur part. Deux ont bien failli nous atteindre. Par chance, nous sommes  toujours aussi réactifs. Mon erreur a été de réessayer. Ils ne souhaitaient pas se laisser aborder. Alors, j'ai sauté. Je ne remercierai jamais assez Akayane de m'avoir offert ce gantelet. J'espère qu'elle va bien, elle et les autres, là où ils sont. Il m'a permis de me maintenir sur l'appareil que j'ai atteint. Je leur ai demandé gentiment de nous laisser tranquilles. Lui... A été plus vindicatif, ou plus colérique, comme à son habitude; si bien que le pilote de l'appareil s'est évanoui. J'ai dû bondir sur le siège pour l'empêcher de tomber de l'aéronef. Je ne sais pas piloter. Je n'ai pas su piloter. Ils devraient voler sur des chocobos, et arrêter de s'en prendre aux gens. Je voyais peu à peu les distances changer. Les autres s'éloignaient, les nuages m'entouraient par moment, jusqu'à laisser place à la vue des terres Gyr Abaniennes, et ce sol menaçant qui approchait.

C'est à ce moment que je voulais vraiment savoir piloter. Tant pour moi que pour celui qui était à mes pieds. Je suis encore en vie pour coucher ces pensées. Lui, n'en aura jamais l'occasion. Ulysse m'a extraite de l'appareil, pendant ma chute. Je n'ai pas eu le temps d'emporter le pilote avec moi. Nous sommes rentrés. Liann est parvenue à nous faire fuir. Les efforts combinés des autres ont mis en déroute l'armement des pirates ces cieux. Adi'ra avait été blessée. Wendy et Quila aussi. Tout le monde était épuisé. Je n'ai pas pu y prêter attention. Je m'était évertuée à ne prendre aucune vie humaine, à les protéger d'un côté comme de l'autre. Dans cette situation, je n'ai ni allié, ni ennemi. Je ne vois que des gens qui cherchent à s'entretuer, et moi au milieu de tout ça qui veut les en empêcher. Mais comment faire lorsque l'on tue nous même ? Comment faire lorsque l'on a aucun contrôle ? J'ai regardé le pilote et son appareil tomber peu à peu, impuissante. Je n'ai pas eu la force, ni les compétences nécessaires pour préserver sa vie. J'ai échoué. Pire encore, c'est moi qui l'ai prise, qu'on le veuille ou non. Je n'ai pas porté le coup de grâce, je n'ai pas même frappé. Je Nous n'avons fait qu'effrayer. Et ça a suffit à le mener à sa perte. La peur. C'est elle qui mène au conflit. Je le sais, pourtant. Mais nous avons pourtant voulu l'utiliser. J'ignore comment gérer ça. Un pilier a cédé. J'espère pouvoir conserver les autres.

Si mes recherches s'avèrent fructueuses, alors atteindre mon objectif sera au moins une étape franchie. Je ne peux plus me permettre d'attendre. Les autres sont curieux. Il y a des choses que je ne veux pas leur cacher. Que je ne veux plus leur cacher. Reste à voir si je peux leur faire confiance.
Prima Il y a 2 semaines et 3 jours

ENTRÉE 2


Nous sommes arrivés à Radz-at-Han. Je suis sortie plus tard du Nomade, après les autres, pour réfléchir à la suite des évènements. Nous n'en avons pas tiré grand chose, alors j'ai rejoint le groupe. Ceux qui ont pu faire le trajet avant nous, par téléportation j'imagine, étaient déjà là. Quand j'y pense, il n'est pas si surprenant que beaucoup aient décidé d'adopter la mode locale. Enfin, c'est ce que je croyais. Silius, d'après Ivanhault, revêtait des atours corvosiens. Ils m'ont en tout cas parus adaptés au Thavnair.

La soirée a été courte, légère même. Enfin, la partie de la soirée qui nous a vus réunis. Nous nous sommes tous rendus au Meyah Mehay Menaya Meyhane de Mehride. Je dirais que c'est une sorte de restaurant ? Ou un bar ? Les deux, certainement. Meleth était déjà là, à danser sur scène aux côtés d'autres personnes. La discussion a été plus intrigante que prévu. Alors que Silius s'était éclipsé discrètement -sans que je ne me demande pourquoi-, nous avons fini par en apprendre un peu plus sur Wendy. Je comprends mieux d'où lui vient cet air si. citadin. J'espère qu'elle saura réaliser que c'est à elle de vivre selon ses principes, et pas à son entourage d'imposer les siens. Essayer de changer pour quelqu'un n'apporte pas que des bonnes choses. Mieux vaut ne pas le faire, sans quoi j'aurais moi même assassiné Mirai. Ou je m'en serais rendue complice. J'aurais aimé pouvoir faire plus. Je n'ai plus qu'à porter son leg et ses rêves avec moi.

Albynn nous a rejoint peu de temps après le retour de Silius qui nous avait rapporté des brochettes. Une partie de sa tenue était couverte de sans. J'ai été soulagée d'apprendre que sa blessure a été rapidement soignée après son combat lors d'un tournoi. Un autre tournoi. J'ai toujours du mal à cerner Silius. C'est certainement le cas de la plupart des membres de la guilde, après tout. Je ne vais pas lui reprocher d'être réservé. Je le suis, à ma manière. Je me demande si nous voyons les choses de la même façon. Nous partageons le même héritage, quelque part. Je suis au moins heureuse qu'il en porte les valeurs. Il les a porté plus longtemps que moi, c'est certain.

Je suis partie plus tôt que les autres. J'avais envie de voir le reste de la cité que je n'ai pas pu explorer à mon premier passage. Tout est si coloré ici, si vivant, même la nuit. Je ne peux pas m'empêcher de penser au Tural en la voyant. Radz-at-Han est similaire à Tuliyollal, et pourtant, elles sont si différentes. Ces terres me manquent. J'aimerais savoir comment tous ceux que j'ai pu rencontrer se portent, en particulier Azool Ja. A-t-il formé d'autres rôdeurs vipères ? Il s'est peut-être contenté de chasser.

Me voilà assise, éclairée par la Lune qui me parait bien différente, maintenant que j'en ai arpenté la surface. Je ne dormirai pas beaucoup, cette nuit. J'ai hâte de savoir ce que demain me réserve.
Prima Il y a 2 semaines et 2 jours

ENTRÉE 3


Cette journée était très particulière. Quila nous a donné rendez-vous dans un village nommé Svarna au sein duquel vit une multitude d'arkasodaras. Ils sont plutôt amusants. Impressionnants, même. Le tout est de ne pas faire trop attention à ceux qui sont nus. Quila nous a proposé une activité qui n'a rien à envier à d'autres. Nous devions livrer ce que les thavnairois appellent "gulal". C'est une sorte de poudre colorée dont la teinte est censée revêtir un sens profond. Notre départ ne s'est pas fait immédiatement. Avant ça, il a fallu harnacher un hippopotame à un char. Je m'en suis chargée en ayant l'air ridicule avec brio. A vrai dire, l'idée de la pastèque destinée à attirer l'animal hors de son eau a fonctionné. Elle a fonctionné un peu trop bien. Je me suis retrouvée chargée par cette grosse bête, mise à terre et couverte de sa bave pendant que sa salive me couvrait. Au moins, je me suis fait un nouvel ami. Cet instant m'a rappelé les premiers temps avec Sath'eelo. Cette tête de mule ne voulait jamais me suivre. Je devais toujours utiliser des légumes pour l'inciter à sortir de son enclos. Cette époque me manque, mais lorsque je vous notre complicité, je me dit que c'est encore mieux ainsi.

Une fois notre tireur de char installé, c'est Vanish qui a été désignée pour piloter sans qu'elle ne puisse dire grand chose à ce sujet. Quila et moi avons vite suivi la petite farce de Ri'leyh. Après un peu de route, nous sommes arrivés à Yedlihmad. On ne s'y est pas attardé pour visiter, mais ça aura au moins eu une meilleure saveur que la première fois. Et au moins, je n'ai pas simplement vomi la totalité du contenu de mon estomac en y mettant les pieds. Maudite téléportation. Nous y avons vu une femme enceinte qui avait l'air troublée et avons décidé de l'interroger à ce sujet. Il s'avère qu'elle était angoissée à l'idée d'accoucher en l'absence de son mari parti en mer. Je l'ai vite comprise. Nous l'avons tous les deux vite comprise. Un père qui s'absente a tôt fait de rentrer pour découvrir qu'un malheur est arrivé. S'en suit une longue période de remord. Et que dire de son épouse ? Que dire de sa fille ? Quoi qu'il en soit, nous sommes parvenus à la rassurer. Si son compagnon est parti, c'est pour pouvoir apporter à sa famille ce dont elle a besoin. Il n'y a pas de raison pour que ça se passe mal. Vanish lui a jeté un paquet aux pieds. Ce "gulal" que nous devions dispenser. Celui-ci était bleu. La poudre coloré a rapidement mis à bas ses doutes et ses angoisses. Apaisée, elle nous a remercié et nous sommes partis.

Je ne me lasserai jamais de ce sentiment. Celui que j'ai à chaque retour de chasse. Les sourires radieux qui nous sont offerts, le plaisir d'avoir aidé une personne dans le besoin. Qu'importe la méthode, cette satisfaction est toujours la même.

Notre prochaine destination était le Grand Œuvre. L'arrivée était mouvementée. Roploplo, le nom donné par Vanish a notre nouvel ami tireur de char, a décidé de ne pas arrêter celui-ci une fois sur place, et est allé grignoter un buisson. Qui eut cru que ces bêtes mangeaient aussi de ça ? J'ai fait alors une erreur qui m'a coûté cher. Au bord d'une petite hauteur qui donnait sur la mer, j'ai tenté de repoussé Roploplo loin de son goûter. C'est lui, hélas, qui m'a repoussé. Je suis tombée à l'eau et ai à peine eu le temps de réaliser ce qu'il se passait. Je n'ai jamais appris à nager. L'eau ne me fait pas peur, mais je mentirais en disant que je pourrais me débrouiller. Cet incident en a été la preuve. L'endroit n'était pas très profond, mais il l'était assez pour que je coule tout simplement. Cette sensation était étrange. Je ne m'inquiétais pas vraiment. Je savais parfaitement qu'il allait me repêcher comme il l'a déjà fait. Pourtant, le danger était bien présent. Tout s'est passé si vite que je n'ai pas eu le temps de réellement comprendre le déroulement des évènements. J'ai vu une ombre me couvrir; quelque chose approcher. Il s'agissait du postérieur d'un arkasodara venu m'aider à sortir de l'eau. Ce qu'il fit. Il avait l'air surpris que je ne sache pas nager, et plus encore que j'ai "décidé de plonger" malgré ça.

Ce moment était embarrassant, mais j'ai réalisé que cette gêne était le cadet de mes soucis. Mon carnet de notes était sur moi, trempé, gorgé d'eau, inutilisable. Floerswys me l'avait offert. Il contenait les souvenirs d'aventures passées mais également mes recherches les plus récentes. Les pages étaient collées. Impossible de les rattraper. J'ai perdu la totalité de mes notes sur le zuiju et les légendes qui le concernent. J'espère pouvoir me souvenir de tout une fois sur place. Je ne veux pas que tout tombe à l'eau cette histoire se termine avant d'avoir commencé pour une simple chute.

Fatiguée. Besoin de dormir. Écrirai la suite demain.
Prima Il y a 1 semaine et 4 jours

ENTRÉE 4


La livraison suivante surement été la plus plaisante. Du moins, son résultat. Un homme travaillait avec acharnement à la mine de Fiel-de-Géant. Quila nous a dit que ces pierres colorés étaient saturées d'éther. Ce travailleur avait l'air épuisé; ses mains étaient abimées par le labeur. Néanmoins, il continuait et n'avait pas l'air triste, ou dérangé par sa situation lorsque nous sommes allées le saluer. Il était plutôt courtois. Nous avons vite compris pourquoi il travaillait avec tant d'ardeur. Il s'agissait là de son gagne-pain, et il ne pensait pas seulement à lui, mais à sa compagne, également. Comment le blâmer ? Nous sommes tout de même parvenues à lui faire lâcher sa pioche. Ri'leyh a lancé un paquet de gulal rouge à ses pieds. La poudre lui a rappelé l'importance de la santé, et de sa préservation. A notre grand soulagement, il a décidé de prendre un peu de repos pour rejoindre son épouse.

"Pourquoi cette livraison était si importante dans ce cas ?" Pourrait-on penser. Nos actes, nos paroles, nos décisions, ne concernent pas que nous. Les conséquences s'étendent, se diffusent et touchent même ceux que nous ne connaissons pas. La guerre ne met pas seulement en péril la vie de ceux qui se battent. Elle sépare des familles, alimente les tensions et façonne la haine et la peur de l'autre. Cette haine; cette peur sont inéluctablement dirigées vers celles et ceux qui ignorent parfois tout de ce qui a conduit à les ressentir. J'en sais quelque chose, hélas.

Néanmoins, le soutiens que la bienveillance a un effet similaire. Nos actes de bonté et nos paroles rassurantes ont le pouvoir d'en enivrer plus d'un. Nous n'avons pas uniquement aidé cet homme. Nous avons apporté du réconfort à sa compagne, rassuré ses proches. Un jour, ce sera à son tour de dire à quelqu'un de lever le pied. Voilà ce que je souhaite voir. Un monde dans lequel tous vivent dans la bienveillance; dans lequel ses habitants pourraient s'épanouir comme il l'entendent. Le travail sera long, mais le temps m'a fait comprendre que tout est possible.

La soirée s'est terminée en douceur. Notre dernière livraison a été joyeuse. Notre route nous a menées à l'Écoute des Palaka. Une fête y avait lieu. Les gens riaient, dansaient, partageaient un repas. Pourtant, une maison était encore éclairée, et son occupante ne s'était pas jointe aux autres. Nous avons pensé qu'elle aurait besoin d'aide. Il n'en était rien. Il s'agissait d'une femme âgée aussi accueillante que souriante. Elle était simplement "trop vieille" -selon ses dires- pour supporter physiquement ces festivités, mais était en paix avec elle même. Est-ce que c'est ça, une vie bien remplie ? L'achèvement d'une existence dont on finit par accepter les regrets ? J'ignore si j'en serais capable. La mort ne me fait pas peur. Mais je crains de devoir laisser derrière moi bien des choses, un jour. Si c'est le cas, il me sera sans doute difficile d'avancer, quelque soit la destination finale. Le dernier paquet lui a été donné. Ce tourbillon de couleur lui a fait plaisir, ça ne fait aucun doute. Elle nous a lors souhaité du courage pour la suite, -en particulier pour les courses de char dont elle fut une championne, parait-il-, et est simplement rentrée chez elle sans perdre son sourire.

J'ai pu en apprendre plus sur la culture thavnairoise. Mon âme d'aventurière a été comblée. Mais il reste bien des choses à découvrir. Je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin.
Prima Il y a 1 semaine et 4 jours

ENTRÉE 5


C'est Mahruvvet que nous avons accompagnée, aujourd'hui. Elle nous a confié être en proie au doute, et a ressenti le besoin de s'entretenir avec ses dieux. Je l'ai vite comprise. Nous nous perdons souvent notre chemin, et avons besoin d'un guide pour ne pas se perdre définitivement. Je n'allais pas passer à côté d'une occasion de tendre la main. Après une excursion plus ou moins longue dans la jungle que tous n'ont pas apprécié de la même manière, en témoignent les complaintes de Wendy, nous sommes arrivés au Temple du Purusa. L'endroit était une ruine, aux premiers abords. Il l'était toujours de près. Pourtant, la quantité d'offrandes présentes montraient bien que ce lieu de pèlerinage restait important en dépit de son état. Chaque don était différent et, l'a-t-on deviné, en rapport avec la divinité tutélaire. J'ai rarement un tel amalgame d'objets offerts par des pieux. Peut-être est-ce parce-qu'il y a peu de temples dédiés à chacun des Douze en Éorzéa ? Moi même, je ne fais que prier lorsque j'en ressens le besoin, mais je n'ai jamais fait qu'allumer une bougie à Ishgard. Les bien matériels ne me paraissent pas importants. Que feraient les dieux d'un pot ?

Mahruvvet a commencé son rituel. Elle est effondrée rapidement, à notre surprise. A peine avons-nous eu le temps de venir s'enquérir de son état, qu'une entité étrange s'est manifestée au dessus d'elle. Elle n'avait pas de forme fixe, et avait déjà l'air de tout savoir sur nous. Je pense que nous avons tous vu une personne d'importance dans nos vies. J'étais loin d'imaginer qu'elle représenterait une image de "son" esprit au lieu du mien. J'avais peu de doutes quant à l'identité de cette femme à la chevelure rousse. Je suis encore assez lucide pour reconnaitre des traits similaires aux miens. Cette vague de chagrin qui est survenue immédiatement n'a fait que confirmer mes pensées. Quel bonheur ont-ils bien pu connaitre pour que sa perte ait été si douloureuse ? Je n'aurai de cesse de le dire. Tout ça n'apporte au final, jamais rien de bon. Je m'égare.

Une multitude de masques sont apparus autour de nous, comme des lanternes flottantes au cœur de la nuit. L'entité, que j'imagine être la déesse à laquelle Mahruvvet souhaitait s'adresser, en a placé un sur son visage absent. Une sorte de prison illusoire s'est montrée à nous. Un homme était présent, apeuré et désespéré. La scène était horrifiante. Il s'est changé en monstre devant nous, sans que nous puissions y faire quoi que ce soit. Un second l'a rejoint dans le même temps. J'ai compris plus tard qu'il s'agissait des bêtes de l'Apocalypse qui ont assailli la région, puis le monde. Je n'ai pas eu l'occasion de les voir. Nous étions en sécurité, loin de ces histoires. Tuer est la dernière chose que je souhaite faire. Mais abattre une bête, un monstre; qu'importe comment on la nomme, est une nécessité qui ôte tout doute chez moi. J'ai beau ne plus porter d'épées, je conserve mon serment de rôdeuse-vipère près de mon cœur. Ainsi, nous avons attaqué. Tout paraissait chaotique et pourtant, j'avais cette sensation que le danger n'était pas réellement présent. Quoi de plus normal pour une illusion ? Tout s'est enchainé rapidement. Un nouveau masque a été porté. Une raenne ressemblant à Mahruvvet est apparue. Une image d'elle adolescente, ça nous pouvions tous le voir. Un couteau en main, elle tenté de s'en prendre à Wendy. Eizen l'a repoussée avec force. J'ignore pourquoi, mais je n'ai pas pu me résoudre à penser une seule seconde à l'attaquer. Je n'ai pu que quitter mon combat, et stopper la course que lui a imposé Eizen. De manière surprenante, mon malaise lors des contacts physiques n'a pas pris place. J'ai agit par réflexe en l'étreignant. Si cette adolescente s'attaque à quelqu'un, c'est par peur. C'est toujours la peur. Alors, j'ai voulu la rassurer, lui dire que tout allait bien, qu'elle n'avait pas besoin de faire ça. Après un regard confus, elle s'est volatilisée. J'imagine que j'avais raison.

Il n'était plus question de nous battre, mais de savoir ce que cette entité sans visage souhaitait. Je voulait comprendre. C'était peut-être stupide de ma part, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'aller jusqu'à l'imprudence. Je suis parvenue à subtiliser un masque de ses mains alors que les autres se battaient avec vaillance. Nous avions tous notre manière de faire. J'ai placé le masque sur mon visage, ou plutôt, l'entité l'a fait pour moi. La suite m'a rendue muette. J'ai cru un instant avoir fait un bond dans le passé. J'y ai vu la vie d'une exploratrice. Les splendides régions du Tural, les hauteurs vertigineuses de Solution Neuf, l'Eternal dans dans toute sa splendeur, et tant d'autres choses. Finalement, nous sommes tous pareil. Nous avons voyagé, vécu, souffert et partagé de bons moments avec les personnes qui ont croisé notre route. Ces évènements nous façonnent eux aussi. Je me suis surprise à sourire involontairement à cette vision. J'ai compris.

Lorsque j'ai ôté mon masque, celui-ci a disparu, au même titre que le reste de cette étrange entité et de ses masques qui partirent avec elle, en emportant le mien et celui d'Eizen qui avait suivi mon exemple. Aujourd'hui, nous avons pu en apprendre un peu plus sur Mahruvvet. Nous ne nous sommes pas beaucoup parlé. Je ne la connaissais pas tant que ça. Je suis heureuse d'avoir pu l'aider. Ma récompense a été cette incroyable expérience. La suite a été bien calme. Alors que les autres sont rentrés avec Mahruvvet encore inconsciente, Wendy, Eizen et moi même sommes restés un peu pour discuter, après quoi nous sommes partis à notre tour. Je suis convaincue d'avoir oublié une multitude de choses, et d'en avoir manqué plus encore. Mais je reste satisfaite. Communier avec une divinité. Parfois, j'aimerais pouvoir le faire.
Prima Il y a 1 semaine et 5 heures

ENTRÉE 6


Cette journée a laissé un goût amer. Deux personnes ont perdu la vie. Nous aurions pu éviter ça. Wendy nous a convié pour un mandat destiné à lever des fonds pour le Nomade; au moins une partie. L'objectif était simple nous devions pénétrer dans un temple dédié à Varkadesh, dont je n'ai pas tout à fait réussir à cerner les attributs, et récupérer des reliques pour les remettre à un prêtre qui, j'imagine, comptait les rendre au pays. Il a vraisemblablement mentionné un "Masque de Varkadesh", qui a attiré la méfiance du groupe. J'ignore ce que les thavnairois ont avec les masques, mais on dirait bien que leurs divinités les apprécient.

Il m'est arrivé d'explorer des ruines, mais jamais elles n'ont été si sombres, si fermées. Les lieux ont été ensevelis lors de l'Apocalypse; un indice concernant les ravages qu'elle a causé ici. Cette fois-ci, pas de Lune pour éclairer notre chemin, pas de plante luminescente pour nous guider. Rien que le noir à perte de vue. De fait, je n'ai pas pensé à emporter de lanterne avec moi, en conséquence. Par chance, Madame Kurusu en avait une avec elle. Adi'ra de son côté, avait son œil. En faire autant nous aurait trop coûté en éther, et je pense que Wendy aurait de toute manière paniqué. Ri'leyh aussi, peut-être.

Le temple contenait tout ce à quoi l'on peut s'attendre dans ce genre d'endroit. Des sarcophages, dont les écritures gravées sur l'un d'eux a laissé Madame Kurusu penser que Varkadesh était une déité nécromantique, des pièges dont les victimes étaient encore là, témoins du sort qu'ils réservent à ceux qui ne font pas preuve de prudence, et des gravas partout, dont certains ont ensevelis un membre de l'Ost Rayonnant, venu se cacher. C'est sans aucune surprise qu'Adi'ra a fait les frais d'une avancée un peu trop assurée. Un autre piège a été déclenché. Une sorte de fléchette l'a atteint et lui a injecté une sorte de poison. Madame Kurusu s'est chargé de sa guérison pendant que j'avançais avec Ri'leyh en direction des voix que nous avons entendues juste avant. D'autres visiteurs qui finalement, se sont avérés être des pillards. Ils convoitaient la même chose que nous. De manière assez évidente, eux, ne comptaient pas remettre leurs trouvailles.

J'ai pensé que les gravas déjà tombés auraient déclenché les potentiels pièges présents. J'ai donc tenté de les utiliser pour avancer sans risque. J'avais tort. A peine ai-je eu le temps de poser un pied devant une immense statue que deux barrières se sont fermées, et nous ont séparé des pillards, en plus de les alerter. Il n'y avait aucun passage en hauteur, aucun espace dans lequel s'insérer. J'aurais aimé l'envoyer pour qu'il les intercepte ou à défaut, les suive, mais je ne voulais pas les effrayer. Ils l'étaient déjà assez. Leurs voix les trahissaient, nous le sentions tous les deux. Finalement, nous -et à vrai dire, pas moi- sommes parvenus à ôter ces grilles.

Nous les avons alors poursuivi. Il n'a pas fallu longtemps pour les retrouver. Ils étaient là, au bout d'un tunnel qui ne menait sur rien. Nous les entendions parler. J'avais le sentiment que tout ça allait mal finir. J'aimerais avoir tort lorsque cette pensée me vient. Madame Kurusu nous a demandé de tenir le passage, et leur a proposé de partir librement en abandonnant leur butin. Pour ma part, je voulais aller à leur rencontre, et discuter. Pour que l'on puisse trouver un terrain d'entente, il faut d'abord que l'un cesse de voir l'autre comme un danger immédiat. Or, nous l'étions pour eux. Le fait que Wendy ait retrouvé son petit a collègue de l'époque n'a pas changé grand chose. C'est le chef de leur bande, qui les a tous condamnés. Un masque dans les mains, il a fait appel à Varkadesh pour qu'elle lui prête sa force. J'ignore encore si elle la lui a accordée, ou non.

Je n'ai jamais été d'accord avec les raisons qui ont poussé les garlemaldais à envahir le reste d'Hydaelyn. Je dois néanmoins leur accorder une chose. Si les humains se tendaient un peu plus la main, nous n'aurions pas besoin de nous en remettre aux dieux et de sacrifier jusqu'à nous vies pour régler nos problèmes. Une fois encore, le schéma a été copié, et la machine lancée. La peur nous pousse au pire. Même moi, je prie. C'est ce qui a poussé cet homme à placer ce masque sur son visage.

Il ne lui a pas fallu longtemps pour se changer en monstre. Dès lors, nous avons tous pensé qu'il était perdu. Il l'était peut-être. Je ne parviens pas à ôter mon esprit l'idée de le sauver en lui retirant ce maudit masque. J'aurais dû aller le lui prendre des mains avant même qu'il agisse. J'aurai dû agir. Nous les avons simplement aculés. Le monstre a rapidement montré l'étendue de sa rage en s'en prenant à l'un des siens. Sa poigne a suffit à le briser, et à lui ôter la vie. Il ne restait plus que Shahin, l'ami de Wendy, et leur camarade restée en arrière, coincée dans cet endroit instable. J'ignore pourquoi, mais je n'ai pas pu me décider à bouger. Pourtant, tout était clair dans ma tête. Je l'ai déjà fait. J'avais juste à recommencer. Il fallait sauver les autres.

Eizen a été plus vif que moi et est passé derrière la bête en dépit du danger. C'est étrange. Il y a encore peu de temps, je pensais ne plus être capable d'accorder ma confiance à quelqu'un. Ceux qui l'ont ne sont pas légion et sont pour la plupart absents, d'une manière ou d'une autre. Il y a toujours ce sentiment étrange qui me sépare des autres; qui m'empêche de me sentir complètement à l'aise. Avec le temps, Eizen a fini par me donner tort. Nos façons de penser, certains idéaux et nos actes convergent, dans un sens. Nous verrons si j'ai bien raison en Othard. Peut-être que je pourrais lui en parler ? Je l'ignore.

Le monstre a été terrassé avec les efforts conjoints de tous. Le masque a été ôté ou détruit, je ne sais pas. Je ne m'en suis pas préoccupée. Pourtant, ce n'était pas une victoire. Certes, nous avons accompli notre mission et avons récupéré les reliques que nous cherchions, mais à quel prix ? Aucune richesse ne pourra jamais compenser une perte humaine.

Je prierai pour que leurs âmes soient en paix, en sachant que je ne le serai pas moi même. Ce voyage pose sur moi un fardeau de plus en plus lourd. Il ne faut pas que j'échoue, ou tout ça n'aura servi à rien.
Prima Il y a 3 jours et 22 heures

ENTRÉE 7


Pendant une seconde, j'ai pensé avoir trouvé une personne comme elle.

Des fruits à l'odeur immonde que Wendy a pris avec elle sur le Nomade se sont fendus, et le Nomade a été envahi par ces effluves. Nous nous sommes posés sur une île que nous avons trouvé en chemin, non loin d'Othard. Autant dire qu'une île perdue près de l'Orient n'est pas un lieu dans lequel j'espérais me trouver à nouveau. Au moins, ce n'était pas la même. Il s'y passait des choses étranges. D'abord un cristal posé sur un dispositif dont j'ignore la provenance autour duquel se trouvaient des karakuls pour le moins étranges, au corps changé. Ils avaient l'air attirés par cette construction, comme des insectes vers une lumière dans la nuit. Les autres se sentaient mal à mesure que l'on approchait du cristal. Pas moi. Nazah a pensé que le fait d'être garlemaldaise me protégeait, à tort. C'est lui, qui m'en préservait. Après une rapide inspection, nous avons suivi comme un chant jusqu'à une grotte.

Je ne m'attendais pas à grand chose, ou bien à presque tout, mais certainement à un troll enfantin qui parle. Nous avons sorti nos armes jusqu'à réaliser qu'il était particulièrement amical. Le pauvre était seul et vivait parmi des coblyns qu'il ne pouvait pas voir. Une petite coupe ne lui aurait pas fait de mal. Il n'avait pas l'air tout à fait malheureux pourtant, si l'on met de côté la disparition de son "père". Nous avons encore un peu fouillé, avec sa permission. Que dire ? Je n'y connais pas grand chose en éther. Encore moins en technologie et pas plus en ce qui concerne Sharlayan. Je me suis sentie relativement inutile. Au moins, Ulysse était là. Ce que nous avons trouvé, ces installations, ces dessins sur les murs, ces écrits, tout avait l'air de correspondre à la description d'expériences menées par un sharlayanais. Expériences mis en déroute par cette même nation. Je ne savais pas vraiment qu'en penser. Quelque part, ils aurait pu vouloir les renforcer, les aider à vivre sans craindre ceux qui pourraient leur vouloir du mal. Mirai l'a fait, elle. Pourtant, elle a attisé la haine de certains. Il fallait que j'en apprenne plus. D'autres avaient déjà tiré des conclusions.

Finalement, nous avons suivi un autre dessin qui nous a menés jusqu'à une porte verrouillée. Aucune serrure, aucune poignée. Rien que Shahin ou qui que ce soit aurait été capable d'ouvrir. Il n'y avait qu'une sorte de dispositif étrange qui fonctionnait, à priori, en présentant le bon doigt. Eizen aurait pu essayer avec sa nouvelle collection. Shahin a néanmoins eu l'idée de chercher une emprunte sur le carnet que nous avons trouvé. A ma grande surprise, ça a fonctionné. Nous sommes donc entrés.

Il y avait tout ce que je n'aime pas. Une installation faire de métal avec une machinerie dont je ne comprenais rien, des animaux en cage, et des pantins qui leur apportaient de quoi se nourrir. Au moins, ils n'étaient pas maltraité. Certaines cages était emmenées à la surface pour libérer leurs occupants. Cependant, même s'il y a une différence notable entre la base d'un chercheur sharlayanais et le petit camp d'une mage mhachoise, rien ne disait que leurs intensions n'étaient pas les mêmes. C'est Ri'leyh, ou plutôt un mémoquartz trouvé sur un bureau qui nous a apporté la réponse. Elle est parvenu à l'utiliser et à en lire le contenu avec son appareil. Finalement, tout ceci n'avait rien à voir avec ce que j'ai pu défendre. Il s'agissait bien de les faire évoluer, certes, mais la finalité aurait été de s'en nourrir avec plus d'efficacité. Ce chercheur souhaitait assurer la survie de ceux qui devaient fuir l'Apocalypse, sans doute. Au moins ses intensions étaient bienveillante à l'égard de l'humanité. Quoi qu'il en soit, nous avons décidé de ne toucher à rien. Nous étions tous d'accord pour dire que purger l'île ou la détruire était impensable. Sharlayan, après avoir été avertie par Ulysse, s'en chargera. J'espère que ces animaux n'auront rien.

La note positive s'il en est, est la découverte de nouveaux compagnons pour ceux qui en ont voulu. Des cors sertis de glyphes étaient là, prêt à être utilisés. Il a été deviné qu'il s'agissait de cors similaires à ceux qui appellent des montures. Nazah a été la première à souffler dans l'un d'eux, et qui est arrivé ? Bô. Au moins, notre nouvel ami n'aura plus à être seul. Nazah l'emmènera sur son île, où il pourra vivre avec les autres. Finalement, tout le monde ou presque a obtenu son nouveau compagnon. Wendy et moi avons refusé. Peut-être qu'elle changera d'avis d'ici là. Pour ma part, j'ai déjà Sath'eelo et son sale caractère.

Finalement, nous sommes rentrés. La puanteur insupportable avait disparue, à peu de chose près; nous sommes donc repartis. Il est temps de nous rendre à Kugane. Ensuite, le vrai travail pourra commencer.
Prima Il y a 3 jours et 19 heures

ENTRÉE 8


Cette soirée a été une série de rebondissements dans mon esprit. Elle a même agréablement surprenante. Vraiment plaisante, même. En arrivant à Kugane, je m'attendais à ce que la ville me rappelle cette maudite île. Finalement, je n'y ai pas pensé une seule seconde. La présence de tout le monde et le jeu de lumières au sein de la ville ont occupé mes pensées dès lors que nous sommes sortis de l'aérodrome. Je pensais ne pas vraiment pouvoir profiter de cette découverte comme j'ai pu le faire par le passé. Au contraire, j'ai eu envie d'en apprendre plus. Par chance, nous avons commencé par ce que j'aime le plus au monde pour ce qui est de découvrir une culture, à savoir: la nourriture !

Madame Kurusu nous a emmenés au Shikoate Shiozake Sho Shiokaze, une sorte de restaurant. Puisse-que c'est notre gérante qui s'est proposée pour payer ce premier repas, il va sans dire que personne ne s'est privé pour goûter à tout. La découverte la plus surprenante a été le wazabi. J'ai développé un goût particulier pour la nourriture épicée au Tural, mais cet aliment est tout de même différent. On dirait une sorte de pâte verte inoffensive. Mes yeux en pleurs et mon nez complètement dégagé m'ont prouvé qu'il ne l'est pas. Cependant, une fois cette épreuve passée, c'est plutôt agréable. Je comprends pourquoi on en met un peu dans dans d'autres plats, et seulement un peu. Shahin a l'ai d'avoir apprécié, lui aussi. Je suis heureuse de ne pas avoir été la seule à en avoir ingurgité une boule entière. Nous avons par la suite poursuivi le repas jusqu'à notre départ. Madame Kurusu a voulu nous faire connaitre un lieu où sont confectionnés des kimonos de qualité. J'aurais dû me douter qu'il y avait quelque chose à voir avec son mari, mais dans un sens, j'aurais peut-être fait pareil. Si j'avais eu un mari. Ou un ami dans ce cas là.

J'ai eu du mal à prendre ma décision. D'un côté, je n'ai pas besoin d'une tenue supplémentaire. Celle que je porte habituellement a tout ce qu'il y a de pratique et j'y tiens. Il n'a déjà pas été simple de retirer la couche de poussière accumulée au fil du temps dans ce village, et de raccommoder ce qui devait l'être. D'un autre côté, ça me permet d'être plus discrète ou bien de me mettre aux couleurs locales. Je l'ai bien fait au Tural, mais je ne porte pas la même affection à l'Orient. Le plus important était déjà de trouver quelque chose pour dissimuler mon troisième œil. Quila a eu beau me dire qu'il ne poserait pas de problème ici, le fait est que ce n'est pas pour ça que j'ai souhaité le faire. Ça l'est rarement. J'ai finalement réussi à trouver une sorte de bijoux qui se porte sur le front. Il avait la taille parfaite. J'ai aussi trouvé un kuyata yukata. Il fera l'affaire pour notre séjour à Kugane. Si par hasard vous lisez un jour ceci, Madame Kurusu, pardonnez moi. En revenant, Silius discutait avec Quila. J'ai cru comprendre qu'il parlait justement des raisons qui le poussent à dissimuler son troisième oeil, lui aussi. J'aurais voulu assister à la discussion pour les connaitre. Ce sera pour une autre fois. J'ai donné les miennes à Quila. Je ne le cache pas pour ne pas m'attirer d'ennuis. Je le cache pour espérer l'oublier moi même et ne pas avoir à l'observer dès que je me regarde dans un miroir. C'est aussi pour les autres. Impossible d'ignorer les souffrances subis par bien des peuples à cause de l'Empire. Même si n'a plus d'emprise sur les régions annexées, la douleur reste et quoi qu'on fasse, elle restera enfouie quelque part. Je ne serai pas celle qui l'éveillera et causera du tort à ces gens qui n'ont rien demandé.

J'ignore comment expliquer la suite de cette soirée. J'ai décidé de suivre mon instinct et d'exposer à Eizen la raison de ma présence ici. La vraie. Le hasard a voulu que parce-que certains n'ont pas jugé bon d'indiquer qu'il n'y avait pas que des bains publiques ici, il me révèle que des bassins plus privés se trouvent ailleurs. Lui non plus n'aime pas se révéler aux autres de cette manière. Je pense pouvoir dire que je suis la mieux placée pour le comprendre à ce sujet. Nous nous sommes donc rendus là-bas. Il n'y avait personne. Rien d'étonnant compte tenu de l'emplacement de ces bassins, pour peu que l'on puisse les appeler comme ça. C'est plus ou moins à ce moment que je me suis sentie réellement agacée pour la première fois. Eizen avait déjà plongé dans son eau et je m'apprêtais à en faire de même. Dans la mienne. Par chance, une visite inattendue est survenue avant ça. Altun et Yulia ont eu la même idée que nous et ont surgie de nulle part. Le pauvre Eizen s'est jeté hors de l'eau pour attraper ses vêtements et n'a pas eu le temps de se sécher avant de s'habiller. Ça n'avait aucune importance puisse-qu'il s'est mis à pleuvoir, mais je n'aurais pas aimé être à sa place. Autant dire qu'avec quelqu'un à proximité, ce bain et la discussions sont tombés à l'eau.

Je m'en veux un peu, mais je leu ai malgré moi fait comprendre qu'elles gênaient un peu. Beaucoup. Vraiment beaucoup. Elles sont finalement parties après que Yulia ait manqué de faire une mauvaise chute. L'eau a rendu le t sol glissant. Heureusement, elle n'avait rien. Au moins, nous avons pu reprendre ce que nous faisions. Je savais que nous partagions une manière de penser; cette conviction selon laquelle toute vie doit être préservée dès que possible quitte à risquer la notre, mais je ne m'attendais pas à ce soit à ce point. Nous avons tous nos démons. Le défunt maitre d'Eizen aussi. Lui qui a décidé de voyager pour défendre cette idée a laissé derrière lui un élève qui suit ses enseignements à la lèpre. Je n'ai eu aucun mal à partager mes projets, à révéler mes craintes, mes doutes. Il y a encore beaucoup de choses que je n'ose pas révéler, mais cet instant m'a ôté un poids énorme. Une partie de moi est plus légère à présent. Il reste néanmoins beaucoup à faire. J'ignore si je pourrai compter sur les autres le moment venu, mais je n'ai aucun doute en ce qui concerne Eizen.

En attendant, j'espère que ce yukata sera sec d'ici demain matin. Les vêtements froids après un bain chaud sont tout sauf agréables et je n'ai pas envie de revivre ça en me levant.

Fatiguée me coucher

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